Doux Jésus Marie Joseph ! Voilà 13 ans que ce blog existe et ce n’était jamais arrivé : mon article de ce mois n’est pas tout à fait prêt, une carte à finaliser, des données à contrôler. C’est la conséquence de modifications dans ma dernière conférence qui me semblaient mineures et qui m’ont pris un temps fou. Il m’a fallu choisir entre les deux. Mais j’ai fait le bon choix, car les auditeurs de Saint-Brevin étaient de qualité.
Merci à l’Association de généalogie brévinoise d’avoir organisé cet excellent moment.
Heureusement, je dispose dans mes cartons d’une série d’articles réalisée, il y a quelque temps, pour une association amie.
Je vous propose de découvrir un projet de navire propulsé par des roues à aubes… au IVe siècle après J.C.
Nous reprendrons le cours de notre étude sur l’impératrice Eugénie le mois prochain.
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Petite histoire de la propulsion motorisée des bateaux – La liburne zoolique

Petite histoire de la propulsion motorisée des bateaux
En termes savants, on dit que l’évolution des techniques est un processus cumulatif : chaque nouvelle découverte engendre une autre découverte et ainsi de suite. Dans notre cas, deux techniques vont évoluer chacune de leur côté puis se rencontrer :
– le développement de la propulsion avec la roue à aubes puis l’hélice.
– l’amplification de l’utilisation de la vapeur. Après son application pour le pompage de l’eau dans les mines, son utilisation dans l’industrie puis les véhicules terrestres, elle devait inévitablement s’appliquer aux bateaux.
Nous verrons que dans chacun de ces deux domaines beaucoup de contributeurs ont apporté leur pierre à l’édifice.
Dans cette nouvelle série d’articles, je vous propose de faire une rapide rétrospective de la propulsion des bateaux. Les différentes expériences réalisées furent nombreuses pour arriver à un réel succès de ce mode de transport. Nous ne pourrons pas toutes les étudier, je mettrai l’accent sur quelques-unes qui me semblent intéressantes ou déterminantes.
La toute première connue est une liburne automotrice zoolique imaginée par un illustre inconnu au IVe siècle après JC.

La liburne zoolique

(Oxford, Manuscrit C : Oxon. Canonicianus 378, XVe siècle)
Un traité anonyme du IVe siècle après Jésus-Christ, le « De rebus bellicis », « Des affaires militaires », décrit, parmi d’autres nouveautés en matière d’ingénierie militaire, une liburne automotrice.
La liburne est un navire de guerre léger et rapide utilisé par les Romains qui en avaient emprunté le modèle aux habitants de la Liburnie *. Ce navire est équipé de trois paires de roues à aubes, dont l’énergie motrice de chacune est fournie par un manège d’animaux.
*) Province de la Dalmatie, région littorale des Balkans, le long de la mer Adriatique, aujourd’hui partagée entre la Croatie, le Monténégro et l’Herzégovine.
Une étude a été menée par l’Université de Caen (Basse-Normandie) afin de vérifier si la machine aurait pu être construite et fonctionner. La conclusion laisse entendre que c’eût été possible avec les techniques de l’époque, mais sans affirmer qu’elle eût été vraiment construite.
Plus près de nous…
L’idée d’utiliser les animaux comme force motrice est une idée récurrente jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Plus près de nous, on citera P. A. Guilbaud, qui a établi, en novembre 1821, un service journalier sur l’Erdre entre Nantes et Nort, aller et retour, avec un bateau, dit zoolique, dont les chevaux agissaient sur un plancher incliné mobile. Il couvrait 3 500 m à 1,9 nœud (4 km/h) ; les chevaux fournissaient, presque sans repos, un travail effectif de huit heures par jour. Il pouvait contenir trente-six à quarante personnes avec leurs effets.
Le bateau comportait une seule roue à aubes qui se mouvait dans un espace en son centre. Elle était actionnée de chaque côté par un plancher incliné mobile. Un frein maintenait ces derniers à l’arrêt.
Sur le plancher, des chevaux étaient attachés de telle manière qu’ils restassent en place. Le frein desserré, le poids des chevaux mettait l’appareil en route. Sentant le plancher se dérober sous eux, instinctivement, ils piétinaient et imprimaient un mouvement qui continuait jusqu’à ce que le frein fût actionné.
