Les premières courses en 1868 et 1869 – À l’Hippodrome

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Les premières courses en 1868 et 1869 – À l’Hippodrome


Paris 1869 – L’Hippodrome.
Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869 –  Gallica BNF
L’hippodrome – Gallica BNF

L’hippodrome, ce théâtre parisien en plein air, avait pour vocation de présenter des spectacles très différents : des courses de chars antiques ; des ascensions en ballons captifs ; des reconstitutions de scènes de guerre ; des luttes diverses, des exhibitions de toutes sortes, à cheval, sur un fil, etc.
La mode du vélocipède* battant son plein et il fut bien naturel à la direction de l’établissement, toujours à la recherche de nouveautés, de mettre au programme des courses de vélocipèdes.

* On disait alors aussi « la manie »

En 1868

La première course*, à l’Hippodrome se déroula le dimanche 27 septembre 1868.
Le prix de l’administration était de 300 francs.
30 concurrents s’étaient inscrits, 12 se sont présentés.
Les courses de vitesse ont été divisées en trois séries de quatre coureurs.
Les vainqueurs de chaque série, MM. Castéra**, Colvin et Naquet, ont ensuite concouru entre eux pour la finale. C’est M. Castéra qui l’a emportée.
Après la course de vitesse, la course de lenteur fut gagnée par M. Michaux.

* Les chroniqueurs, en ce qui concerne l’Hippodrome, utilisaient parfois le terme « concours ».
**André Castéra, sera second lors de la fameuse course Paris-Rouen en 1869, derrière James Moore.

Elles se continuèrent tous les dimanches à 15 h 00, jusqu’à la fin d’octobre mais avec trois prix mis en jeu. Selon la même procédure, les vainqueurs de chaque série concouraient ensemble mais le premier arrivé au but gagnait le grand prix, le deuxième, le second, et le troisième, le troisième prix.

En 1869

Les représentations reprirent le 1er mai 1869 et durèrent tout l’été. Bien sûr, des courses de vélocipèdes étaient au programme mais les organisateurs devaient innover pour étonner le public. Ils abandonnèrent les courses de vitesse et de lenteur par des hommes et ils firent courir des dames faisant partie de la troupe.
Elles étaient connues par leur prénom : Mmes Eugénie, Camille, Marie, Ernestine, Louise, Aline, Jenny.
Un chroniqueur écrivait : « Les rires de la masse sont pour « la course en Vélocipèdes » par des demoiselles court-vêtues, lesquelles offrent la parodie de ce mode d’amusement, déjà si peu gracieux lorsqu’il est exécuté par des « vélocipédistes » sans vigueur, tels qu’on en rencontre tant par la ville.

Le jeudi 10 juin, après la course de dames, sous prétexte d’un défi, deux gentlemen M. le comte de M… et M. de H…, « très habiles à manœuvrer le vélocipède et vainqueurs en plusieurs concours », coururent masqués et franchirent deux rivières et une banquette irlandaise avec leurs vélocipèdes. Cela attira une foule considérable et à « la demande de la direction * », ils réitèrent le dimanche suivant 13 juin.

* Subtilité de langage à des fins publicitaires.

Le dimanche 13 juin, les courses furent ouvertes aux dames amateurs et l’on offrit une médaille d’or à la vainqueure. Neuf jolies femmes concoururent. La foule s’y pressa et dit-on, il était impossible de trouver place dans l’Hippodrome.

Le jeudi 24 juin, une course de vélocipèdes par deux dames du monde* masquées fut organisée. Une de ces dames reconnue par une de ses amies laissa échapper « Oh! Amanda! ousqu’est mon fusil ? », locution plutôt employée dans les faubourgs et le chroniqueur de conclure « M. Arnault** devrait dire à ces nobles dames de mieux garder leur incognito. C’est fouler au pied son blason. ». Elles réitèrent leur prestation le jeudi suivant *** puis on les vit se produire en juillet et début août.

* Le programme annonçait « Défi entre deux Dames masquées, montées sur leurs vélocipèdes. »
** Le directeur du vélodrome.
*** Sur le programme « Défi entre Mme G. P. et Mme B. D., masquées. »
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Les premières courses en  1868 –  Enghien, le Bois de Vincennes

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Les premières courses en 1868 – Enghien, le Bois de Vincennes

Enghien

Enghien-les-Bains vers 1852* – Crédit Photo Gallica – Bnf
* en attendant mieux, en recherche de plan édité en 1868.

À 12 kilomètres de Paris, Enghien était à la fois un lieu de villégiature et une station thermale très fréquentée par l’aristocratie française et étrangère.

Le jour de la fête patronale à Enghien, le dimanche 23 août 1868, outres l’ascension d’un ballon, des régates sur le lac, un concert instrumental, un grand bal et un feu d’artifice, des courses de vélocipèdes étaient au programme.
Un chroniqueur dans un article de presse relatant ces courses, nous apprend qu’il était de bon ton d’utiliser le terme « vélo » car selon lui « vélocipède est devenu extrêmement ganache ».
Elles se déroulèrent sur la route d’Enghien, en face du lac et en prix aux vainqueurs : des médailles d’argent, une médaille d’or, (offerte par M. le sénateur-surintendant des Beaux-Arts, comte de Nieuwerkerke), un vélocipède d’honneur (offert par la maison Michaux et Cie*)
Les inscriptions étaient prises chez les fabricants de vélocipèdes, à Paris ; et à Enghien, chez M. Prot, libraire, 57, Grande- Rue.

* Voir article « La mode du vélocipède vers 1869 »

Le programme
Cinq courses de vitesse disputées par une trentaine de vélos à deux ou trois roues ont concouru sur une distance de 1 500 mètres.
La dernière course était une course de lenteur pour les vélocipèdes à deux roues de toutes hauteurs. Distance à parcourir, 150 mètres.

Les résultats
Elles se sont déroulées sous la pluie, trois courses ont été courues.
Première course, une médaille d’argent a été gagnée par M. André Castéra *.
Deuxième course, une médaille d’argent grand module a été gagnée par M. Moret, sur un vélocipède de la fabrique Léger et Parmentier.**
Troisième course, une médaille en vermeil grand module a été gagnée par M. Triboust, sur un vélocipède de Léger et Parmentier.

*André Castera sera second lors de la fameuse course Paris-Rouen en 1869, derrière James Moore.
** Léger et Parmentier, fabrique de chevaux mécaniques et voitures d’enfants, voitures pour malades et vélocipèdes, 17 rue Bichat, Paris.

Les deux courses avec comme prix la médaille d’or, et le superbe vélocipède d’honneur, ont été reportées au dimanche 30 août.

Au bois de Vincennes

La ville de Charenton, le dimanche 6 septembre 1868, a organisé des courses dans les allées du bois de Vincennes.

Le programme
Deux courses de vitesse, une course de lenteur, une course d’adresse, sans le gouvernail *, et une course de longueur.

* Annoncée « en amazone » par le journal Le Temps. Sans gouvernail… que n’invente-t-on pas pour amuser le public ! Nous verrons dans les articles suivants que d’autres organisateurs iront plus loin encore.

Résultats
Soixante-cinq vélocipédistes s’étaient engagés.

Première course, vitesse, pour vélocipèdes de 90 cm.
Prix : une médaille d’or,
Distance à parcourir : 1800 m,
Meilleur temps : 5 min ; vitesse : 21,6 km/h.

Deuxième course, vitesse, pour vélocipèdes ne dépassant pas 1 m.
Prix : un objet d’art,
Distance : 1800 m,
Meilleur temps : 5 m 45 s ; vitesse : 18,8 km/h.

Troisième course, lenteur, pour vélocipèdes de toute hauteur.
Prix : un objet d’art,
Distance : 150 m,
Six vélocipédistes ont prix le départ, un seul à l’arrivée.

Quatrième course, adresse, sans le gouvernail, pour vélocipèdes de toute hauteur
Prix : coupe artistique,
Distance : 150 m,
Sept au départ, deux à l’arrivée.

5e course, longueur, pour vélocipèdes de 90 cm.
Inscription : 20 francs,
Grand prix de la poule : 300 francs,
Distance : 3600 m,
Meilleur temps : 9 m 10 s ; vitesse : 23,6 km/h

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Les premières courses en 1868 – Le Pré Catelan, Raincy, la Garenne-Saint-Denis, la Varenne-Saint-Hilaire

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Les premières courses en 1868 – Le Pré Catelan, Raincy, la Garenne-Saint-Denis, la Varenne-Saint-Hilaire

Paris 1869 – 1) Bois de Boulogne ; 2) Pré Catalan
Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869

L’engouement du public pour ces premières courses créa une émulation parmi les organisateurs de festivités à la recherche de nouveautés. Faisons un rapide état chronologique des manifestations qui suivirent les courses de Saint-Cloud en 1868.

Le Pré Catelan

Le Pré Catalan en 1860 – 1) Théâtre des Fleurs ; 2) Buffet ; 3) Brasserie ; 4) Photographie ; 5) Théâtre de Magie ; 6) Orchestre ; 7) Jeux divers ; 8) Aquarium ; 9) Cabinets d’aisances ; 10) Vacherie ; 11) Bureau de Tabac ;
12) Croix Catelan – Crédit Gallica BNF

Pour réaliser l’empierrement des routes du bois de Boulogne, une vaste carrière fut ouverte dans les terrains boisés, non loin d’un ancien carrefour du bois où s’élevait une petite pyramide connue sous le nom de Croix Catelan.
Lors de la transformation du bois, la municipalité avait projet de la combler, la niveler et de replanter l’endroit mais des investisseurs proposèrent de créer, à leurs frais, un jardin incluant des cafés-restaurants, des salles de concert, des théâtres, une laiterie, une brasserie pour y donner des fêtes de jour et de nuit, digne de l’élégant public qui fréquentait alors le bois de Boulogne. L’établissement du Pré Catelan ouvrit le 9 juin 1956. Son activité prit fin avec la guerre de 1970.

Une course fut annoncée dans la presse pour le dimanche 24 mai 1868 avec plusieurs prix offerts par l’administration du Pré Catelan et par M. Eugène Paz, président des courses hippiques. Les dates et heures d’inscription furent annoncées, mais je ne dispose, à ce jour, d’aucune information sur son bon déroulement.
C’est à cette époque que fut fondé le Veloce-Club*. Son siège était au Pré Catelan et ses soixante membres, faisant partie bien entendu de la meilleure société , se mesuraient dans des courses très disputées.

* À titre de documentaire sur la constitution des sociétés, vous trouverez l’intégralité d’un article publié dans le Manuel du vélocipède / publié par le Grand Jacques – 1869 (Bnf.- Gallica), relatant la création d’une autre société, « La Société pratique du vélocipède » à Paris en 1868. Il est composé de deux parties un extrait de l’arrêté du préfet de police et un extrait des statuts de la société. On remarquera que les réunions étaient particulièrement encadrées par la préfecture.
Extrait de l’arrêté de M. le Préfet de Police, du 22 décembre 1868 :
Article premier. L’Association dite : Société pratique du Vélocipède, est autorisée.
Art. 2. Sont approuvés les statuts de cette Société tels qu’ils sont annexés au présent acte.
Art. 3. Les membres de l’Association devront se conformer strictement aux conditions ci-après, à savoir :
1° N’apporter, sans notre approbation préalable, aucune modification aux statuts, tels qu’ils sont ci-annexés ;
2° N’admettre aucun étranger dans les réunions partielles ou générales, et ne s’occuper dans ces mêmes réunions d’aucune matière étrangère à l’objet rigoureusement indiqué par le but de l’Association ;
3° Fournir, chaque année, une liste nominative des personnes faisant partie de la Société ;
4° Se conformer à toutes les autres conditions que l’administration croirait ultérieurement devoir prescrire, notamment dans l’intérêt de la sécurité publique;
5° Faire connaître à la préfecture de police, au moins cinq jours à l’avance, le local, le jour et l’heure des réunions.
Art. 4. Cette autorisation pourra être retirée immédiatement, en cas d’infraction aux dispositions qui précèdent et qui devront être insérées dans les statuts.
Le reste de l’arrêter contient des formules administratives.
Extrait des statuts de la Société pratique du Vélocipède
Article premier.
La Société a pour but :
§ 1er. D’établir des relations entre tous ceux qui s’occupent de Vélocipèdes.
§ 2. De rechercher quels sont les meilleurs systèmes inventés jusqu’à ce jour.
§ 3. De favoriser la construction de nouveaux modèles.
§ 4. De créer des courses et des expositions à l’occasion desquelles elle décernera des récompenses.
§ 5. De propager le goût du vélocipède et d’en faire ressortir l’utilité et l’agrément par tous les moyens en son pouvoir
§ 6. D’acheter pour le compte des sociétaires des vélocipèdes qu’elle leur revendra suivant les conditions arrêtées par le conseil d’administration.
§ 7. De louer des remises pour les vélocipèdes appartenant aux sociétaires,
Art. 2.
§ 1er. La Société se compose de membres titulaires, payant une cotisation annuelle de douze francs, et de membres à vie qui paieront en une seule fois une somme de cent cinquante francs.
§ 2. Les membres titulaires et les membres à vie auront droit d’entrée à toutes les courses et expositions, mais ce droit sera tout à fait personnel.
(L’art. 3. a rapport à l’organisation hiérarchique de la Société, aux mesures d’ordre et à son administration.)
Art. 4.
§ 1. La Société tient ses séances tous les quinze jours, mais les membres peuvent se réunir pour faire des essais et des comparaisons entre les divers systèmes ; néanmoins, il ne sera décerné des récompenses que quand ces réunions auront été constituées en commission par un vote de la Société.
§ 2. Les séances sont présidées par le président, en son absence par le vice-président, et en leur absence par le membre du conseil qui a eu le plus grand nombre de voix.
§ 3. Les membres des commissions chargées d’expérimenter les vélocipèdes devront inscrire, chacun séparément leur avis sur des cartes, et le secrétaire de la commission sera chargé de faire connaître le contenu de ces cartes dans la plus prochaine séance, sans nommer les membres.
La Société pratique du Vélocipède est dirigée par M. Émile Royer, rue de Buci, 40, à Paris.
Une course de vélocipèdes au Pré Catelan en 1868 – Collection Michel-C Mahé
Course de vélocipèdes au bois de Boulogne en 1868 – Dessin de Henri de Montaut
Collection Michel-C Mahé.

Au Raincy

Le dimanche 14 juin 1868, au Raincy, vingt vélocipédistes ont couru. Petit problème : « Le programme annonçait des courses d’amateurs, et on s’est aperçu qu’il y avait dix-sept marchands ou ouvriers de la partie. Naturellement ce sont ces experts qui ont gagné presque tous les prix. »

La Garenne-Saint-Denis

Lors de la fête de la Garenne-Saint-Denis, le dimanche 12 juillet 1868, le programme comportait une course de vélocipèdes. Quarante concurrents ont pris le départ pour se disputer les médailles d’or, d’argent et de bronze. La présence du maire et les pompiers fut remarquée et consacra ce nouveau sport.
Trois concurrents chutèrent et se blessèrent « plus ou moins grièvement » selon le chroniqueur. Deux furent transportés à leur domicile, un autre le regagna, clopin-clopant, par ses propres moyens.

La Varenne-Saint-Hilaire

Le dimanche 2 août c’était à La Varenne-Saint-Hilaire.
Trois médailles pour les vainqueurs : deux en argent grand module, et une en or, valeur 50 fr.
Résultats :
1er prix : médaille d’argent ; vélocipède grandeur 0,90 m ; vainqueur M. Jules Janin (?).
2e prix : médaille d’or ; vélocipède de toutes grandeurs ; vainqueur, M. James Moore *.
3e prix : médaille d’argent ; course de lenteur ; cinq concurrents ; Vainqueur, M. James Colvin.

* Vainqueur de la deuxième course de Saint-Cloud, voir article « Les premières courses ».
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Les premières courses de vélocipèdes 1867 – 1868

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Les premières courses de vélocipèdes 1867 – 1868

Paris 1869 – 1) Cours la Reine ; 2) Avenue des Champs Elysées ; 3) Porte Maillot ; 4) Bois de Boulogne ; 5) Pré Catalan ; 6) La Muette ; 7) Avenue d’Antin ; 8) le Panorama.
Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869

1867

Le journal le Vélocipède, annonça que le dimanche 8 décembre 1867, à dix heures du matin, des touristes vélocipédistes prendraient le départ pour parcourir plusieurs départements sur leur monture à deux roues.
On estimait, selon un chroniqueur, que le nombre des participants serait d’environ cent quatre-vingts à deux cents et, écrivait-il, « des personnes du meilleur monde, beaucoup d’artistes, quelques journalistes, – on les rencontre partout, – deux ou trois hommes politiques bien connus, et même, disons-le tout bas, un académicien ».
Une centaine de voyageurs partit, au jour et à l’heure prévus, de l’avenue d’Antin, aux Champs-Elysées, près du Panorama, pour Versailles la première étape et semble-t-il la dernière de leur périple qui n’offrit pas tous les agréments d’un voyage de plaisir surtout avec un hiver particulièrement rigoureux à cette période.

1868

Sur le Cours-la-Reine

Un petit entrefilet dans la Petit Journal fait référence à une course de vélocipèdes le 3 février 1868 sur le Cours-la-Reine, suivie par un grand nombre de curieux. Il est dit simplement que « Le coureur français a triomphé de son adversaire belge ».

À Saint-Cloud

Le dimanche 31 mai 1868, la mairie de Saint-Cloud organisa, dans le parc du même nom, une fête avec au programme outres la visite du Palais Impérial ; un concert par la musique des voltigeurs de la garde ; un feu d’artifice aux cascades ; une retraite aux flambeaux ; un bal de nuit dans le parc, elle inclut pour la première fois des courses de vélocipèdes*.

* Elles sont considérées comme les premières courses officielles de vélocipèdes. Une plaque fut apposée le 31 mai 1938 contre la grille du parc lors d’une cérémonie franco-anglaise organisée par le Touring-club de France pour commémorer cet événement. Elle porte la mention « Le 31 mai 1868, dans le parc de St-Cloud fut gagnée par James Moore la première course de vélocipèdes organisée en France. — Touring Club de France ».
M. James Moore gagna la première course «ville à ville», de Paris à Rouen, le 7 novembre 1869. Il parcourut les 123 km en 10 h 45 (11,4 km/h de moyenne).

Elles eurent lieu dans la grande allée du Parc, entre le bassin où se trouvait la tribune du jury jusqu’à la grille soit une distance d’environ 500 mètres. Les coureurs allant et revenant, ils parcoururent donc 1 000 mėtres *.

* On parle aussi de 1200 mètres sur d’autres documents.

L’organisation était calquée sur les courses de chevaux ; on vit même un des coureurs habillé complètement en jockey : toque et manches vertes, casaque jaune. La seule différence était que les coureurs se tenaient debout derrière leurs machines.
Au signal ils sautèrent en selle ce qui faisait dire à un chroniqueur « Heureux si du même coup leurs mains saisissaient le gouvernail, si leurs pieds rencontraient les points d’appui des appareils rotatoires. »

Parc de saint-Cloud vers 1850 – En rouge, localisation de la course.
1) Le Palais Impérial ; 2) Bassin des cascades ; 3) Grille – Crédit Photo BNF – Gallica
Le départ de la course de vélocipèdes à Saint-Cloud le 31 mai 1868 – Crédit Photo BNF – Gallica

Pour les prix, la ville de Saint-Cloud offrit une médaille pour chacune des quatre courses, une en or d’une valeur de 100 francs, deux en vermeil et une en argent.
Elles portaient sur l’avers l’image de l’Empereur, et le revers une inscription médiane, avec la mention de la course, et le nom du vainqueur, et tout autour : « Ville de Saint-Cloud, 1res courses de vélocipèdes, 31 mai 1868 ».

Les principaux constructeurs de Paris, MM. Michaux, Druault, Jacquet, étaient présents et bon nombre des coureurs faisaient partie de leur personnel.

Ce fut un succès mais on convint qu’une barrière pour empêcher le public de déborder sur la piste serait indispensable à l’avenir.

Résultats selon Le Petit Journal :
Vélocipèdes au-dessus d’un mètre * (médaille d’argent) : 1er M. Charles Bon** en 2 minutes 40 (22.5 km/h).
– Vélocipèdes d’un mètre (médaille de vermeil) ; cinq coureurs ont participé. 1er M. James Moore, en 2 minutes 35 (23,2 km/h).
– Courses de lenteur (50 mètres de piste); six concurrents. Le but était d’arriver dernier sans s’arrêter. Tous sont tombés à l’exception de M. Jules Durruthy ***, élève du Grand-Gymnase ****.
– Grande course. – (médaille d’or). – Trois coureurs ont participé. 1er M. Georges Polinini, en 2 minutes 33 (23,5 km/h).

* Diamètre de la roue avant supérieur à un mètre.
** Note de l’auteur : Ne serait-ce pas M. Charles Bon le gagnant de la première course de vélocipèdes en France ?
*** Corrigé et vérifié, Darenty dans l’article
**** Grand Gymnase, 34, rue des Martyrs à Paris, créé par M. Eugène Paz en 1865.
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Le vélocipède maîtrisé – Les premiers paris – 1868

Info : Tout l’été nous pouvons nous rencontrer au Musée de la Marine de Saint-Brevin.
Le thème : « La traversée de la Loire »,
les mercredis 1er août, 15 août, 22 août, 2 séances, 15 h 00 à 16 h 00 et 16 h 00 à 17 h 00 – Musée de la Marine à Saint-Brevin-les-Pins.
Seulement 18 participants à chaque séance donc bien sûr les échanges, à tout moment, entre le locuteur et les participants sont fortement recommandés.

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Le vélocipède maîtrisé – Les premiers paris – 1868

Paris 1869 – 1) Cours la Reine ; 2) Avenue des Champs Elysées ; 3) Porte Maillot ; 4) Bois de Boulogne ; 5) Pré Catalan ; 6) La Muette. – Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869

L’appareil maîtrisé voilà le temps des confrontations entre les velocemen. Chacun voulant montrer son adresse, sa parfaite maîtrise de l’engin.

La plupart des jeunes hommes habitant près du bois de Boulogne possédaient leur vélocipède. On les rencontrait sur l’avenue Wagram, dans les allées du bois, autour de la Muette et dans les parcs riverains.
Dans le bois, fin juin 1868, l’administration a interdit la circulation des vélocipèdes dans l’après-midi sur les parties les plus fréquentées, soient : les allées des fortifications, de Longchamp, et celles qui font le tour des lacs. Les autres parties du bois restaient accessibles aux vélocipèdes à toute heure.
« C’est la crainte de voir écraser par les voitures les amateurs du vélocipède, ou ces derniers blesser les piétons pour lesquels la course rapide et la difficulté d’arrêt instantané de ce genre de véhicule crée un véritable danger » qui lui fit prendre ces mesures.

Sur le Cours-la-Reine et dans les avenues les moins fréquentées des Champs Élysées, des jeunes gens s’adonnaient à des numéros d’adresse suivis par de nombreux promeneurs et curieux.
Après avoir lancé leur véhicule à pleine vitesse, ils montaient debout dessus, se croisant les bras, se tenant sur un seul pied, prenant des poses à la manière des écuyers dans les cirques debout sur les chevaux.

Les premières expériences sur route – 1868

M. de Vésin *, qualifié de « roi des vélocipédistes », entreprit de faire le trajet d’Angers à Paris en vélocipède. Il alla jusqu’à Tours — 86 kilomètres – où son véhicule se brisa.
* M. de Vésin était coutumier des paris. On sait qu’il a été question d’une confrontation entre le prince Achille Murat à cheval et M. de Vésin en vélocipède.
Au bois de Boulogne, à cheval, M. de Vesin avait parié de franchir tous les obstacles de la piste, haies, fossés, barrière fixe, banquette irlandaise, etc., sans toucher à la bride. Il a gagné son pari.

Le Vélocipède par Nathaniel Currier and James M. Ives, 1869.
Crédit photo – Museum of the City of New York/Corbis

Deux membres du cercle Castrais ont engagé le pari de parcourir les 72 kilomètres qui séparent Castres à Toulouse. On dit que l’enjeu était considérable.
L’un, M. Carrère avec une voiture attelée d’un de ses chevaux, l’autre M. Carcanade, sur un vélocipède.
Partis tous les deux le lundi 6 juillet 1868 de Castres à Midi, M. Carrère arriva à 18 heures (12 km/h) et M. Carcane à 18 h25 (11,2 km/h).
Une diligence bien menée mettait à peu près le même temps, mais en relayant quatre fois.

Le lundi 21 septembre 1868, neuf jeunes gens ont quitté Rouen pour rallier Paris sur leurs vélocipèdes soit 176 kilomètres. Partis à 7 heures ils entrèrent à Paris à 21 heures soit 14 heures. Déduction faites des 3 heures de repos leur vitesse fut de 16 km/h.

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La mode du vélocipède vers 1869 – Son apprentissage – Le décorum

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L’apprentissage du vélocipède

Le Prytanée des Vélocipèdes — Vue prise de la porte Maillot. 1869 – Crédit photo BNF – Gallica

L’acquisition du vélocipède étant faite… encore faut-il pouvoir pratiquer. Lors de l’achat du vélocipède certains fabricants fournissaient une notice explicative pour apprendre à s’en servir en quelques heures, telles celles éditées par :
– M. Eugène Benon, du passage Jouffroy, à Paris. Elle fut quelque peu moquée par un chroniqueur car elle comportait quelques phrases un peu naïves du genre : « On arrive avant quelqu’un parce qu’on est allé plus vite » ou « L’appareil est en même temps une puissance et un frein. »
– M. A. Favre, fabricant à Voiron (Isère) : « Le vélocipède, sa structure, ses accessoires indispensables, le moyen d’apprendre à s’en servir en une heure » – 1868.

D’autres fabricants proposaient des cours gratuits. La maison Michaux et Cie offraient cinq heures aux acquéreurs de ses vélocipèdes. Pour cela elle ouvrit « un gymnase » 27 rue Jean-Goujon, « le plus grand, le plus vaste, le seul approprié de Paris pour l’étude du vélocipède » selon ses dires. Les cours commencèrent le jeudi 15 octobre 1868.
Elle avait fait paraître des encarts dans la presse, le premier était libellé « La Maison Michaux et Cie, désireuse de démontrer au public combien les vélocipèdes sont d’un maniement facile… ». Une erreur ayant été commise sur la date d’ouverture elle fit paraître un erratum « Messieurs les amateurs de vélocipèdes sont informés… », démontrant la cible privilégiée de cette publicité.

Il existait des cours pour en apprendre le maniement au Grand Gymnase Paz *.

* M. Eugène Paz. Né à Bordeaux en 1835, il vint à Paris où il débuta dans le journalisme sous la direction de M. Albert Millaud, le fondateur du Petit Journal. Il collabora par la suite à plusieurs journaux ; au Figaro, au Temps, au XIX’ Siècle, à La Liberté.
Pendant ses instants de loisir, épris d’exercices physiques, il fréquenta le gymnase Triat, situé avenue Montaigne. En 1858, il fonda avec quelques amis la société Les amis de la gymnastique. En 1865, il créa le Grand Gymnase au 34 de la rue des Martyrs.
Il écrivit une série d’ouvrages sur l’éducation physique : L’Hydro-gymnastique ; La Santé par la gymnastique ; La Gymnastique obligatoire ; La Gymnastique raisonnée ; L’Histoire de la Gymnastique.
En 1868, il fut chargé par M. Duruy, le ministre de l’Instruction publique, de réaliser une enquête sur l’enseignement de la gymnastique en Allemagne et en Autriche. Il conçut, à la suite de cette mission, l’idée de grouper en une fédération les sociétés de gymnastique de France. La guerre survint, le projet fut mis en sommeil.
Après la guerre, il fonda avec M. Ducret le Moniteur de la Gymnastique. Ce même M. Ducret créa en 1873, le journal Le Gymnaste et provoqua une réunion de délégués de neuf sociétés françaises au gymnase Paz. Ils posèrent les bases d’une fédération qui prit le nom d’Union des Sociétés de gymnastique de France. M. Paz fut nommé président de l’Union.
Il mourut en janvier 1901 à Paris, après avoir vu ses efforts en faveur de l’éducation physique couronnés de succès.

On vit aussi fleurir des livrets tel le « Manuel du vélocipède / publié par le Grand Jacques » en 1869.

Le costume

Pour les hommes

Le vélocipède était un plaisir comme le canotage et il comportait une tenue spéciale qui, selon le code de l’époque, n’était pas « habillée ». Ce qui faisait dire à un chroniqueur : « Si vous êtes ainsi vêtu et que vous descendiez de votre monture, où aller dans cet accoutrement ? ».
Voici quelques conseils préconisés à cette époque :

Le chapeau tuyau de poêle est à proscrire car une branche d’arbre, une secousse, la résistance de l’air peuvent avoir raison du couvre-chef. On se contentera d’une casquette ou d’un chapeau rond retenu par un ruban.
On portera des vêtements simples, justes, libérant la cuisse : le veston, le pantalon gris fer contre la poussière, avec un fond résistant, sera enfermé dans des bottes collantes ou demi-bottes.

Pour les femmes

Costumes de velocewomen et de ville. Manuel du vélocipède –
Illustration Emile Bénassit – Crédit Photo BNF – Gallica

 

Le Gamin                                                                                        La Fantaisie
Histoire générale de la vélocipédie / L. Baudry de Saunier – Crédit Photo BNF – Gallica

Comme pour les hommes il fallait une tenue spéciale. Autant les choses étaient faciles pour ces derniers, autant pour les femmes c’était compliqué. L’image montrant deux femmes en costume de ville regardant les deux velocewomen est très explicite et nous montre toute l’ambiguïté du problème : les jambes doivent-elles être montrées ? Alors des tailleurs ont réfléchi à la question et fait des propositions.

Le Gamin : blouse courte, casquette à visière basse, ceinture ; pantalon renfermé dans des demi-bottes.

Le Gandin : le costume porté par les hommes.

La Fantaisie : pour la tête et le buste : une toque russe à plumet droit, un justaucorps fourré ou passementé ; en bas, un maillot collant. Le créateur à terminer son exposé par cette proposition : « Quelques dames qui le préféreraient pourraient passer sur le maillot un pantalon de dentelle tombant sur le genou et dégageant la jambe, car la jambe doit se montrer quand elle est bien faite. »

Les moralistes, les religieux s’emparèrent de la question qui fut très longtemps âprement discutée.

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La mode du vélocipède vers 1869

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Les débuts du cyclisme à Nantes et Saint-Nazaire

Avant tout, je vous invite à prendre connaissance de quelques termes vélocipédiques en usage en 1869 et tirés de l’Histoire générale de la vélocipédie… (4e éd.) / L. Baudry de Saunier – Gallica – BNF. Ils nous seront utiles pour la compréhension de cet article et les prochains.

Véloce – Abréviation du mot vélocipède
Vélo. – Abréviation du mot vélocipède. Ne se dit guère que du bicycle ou de la bicyclette.
Veloceman, féminin Velocewoman. – Mot anglais-français, fait « velocemen » au pluriel. Celui ou celle qui va en véloce. Le terme cavalier est aussi employé.
Bicycle. – Vélocipède à deux roues dont la première est motrice et directrice à la fois.
Bicyclette. – Vélocipède à deux roues dont la première est directrice, la seconde motrice.
Tricycle. – Vélocipède à trois roues.
Sociable. – Nom donné aux machines que l’on peut monter à deux de front.
Tandem. – Nom donné aux machines montées par deux velocemen, placés l’un derrière l’autre.
Vélousel. – Carrousel ou défilé vélocipédique.

La mode du vélocipède vers 1869

À Paris

En 1869, à Paris, la mode du vélocipède battait son plein, l’industrie parisienne y trouvait son compte. On y faisait des jeux d’enfants vélocipèdes, des bijoux vélocipèdes, des décors sur les mouchoirs, des bonbons vélocipédistes etc.
Le vélocipède a conquis toutes les villes de France ; les rues, les promenades, les parcs en sont encombrés.
Tous les carrossiers se sont mis à produire ce petit véhicule pour l’exportation et bientôt il envahit l’Angleterre, l’Allemagne, la Hollande, la Russie, l’Italie et l’Amérique. Entre 1868 à 1869, la part des exportations françaises des vélocipèdes totalisait un million de francs.

Un jouet de 1869 vendu pour trente sous sur les boulevards. Équilibré par deux poids, un vélocipédiste se promène le long d’une corde. Crédit photo BNF – Gallica.

 

Vélocipède Michaux – 1869 – Crédit photo Gallica – BNF

Les fabricants* étaient nombreux et j’ai choisi pour illustrer cet article ce qu’était le vélocipède à cette époque le plus renommé sur la place de Paris, celui de M. Michaux**, inventeur breveté du vélocipède à pédales***. La maison Michaux et Cie était établie rue Jean-Goujon (Champs-Elysées), Paris.

* Autres fabricants connus 1868/1869 :
M. Lallement, avenue de Wagram, Paris
Georges, 87, avenue de la Grande-Armée, Paris ; fabrique, 7, rue du débarcadère.
Lagrange Fils, à Autun (Saône-et-Loire).
Vincent, 39, rue du Château-d’Eau, Paris. (Spécialité de voitures d’enfants et chevaux mécaniques).
** En 1855 un client apporta sa draisienne à réparer à Pierre Michaux, serrurier en voiture de son état et établi avenue Montaigne. L’idée lui vint d’adapter des manivelles sur la roue avant. Créant ainsi les pédales et le concept moderne du vélocipède.
***La manivelle était connue dès le XVe siècle et utilisée dans l’industrie.

Le cadre était en fer forgé *. Le poids variait de 20 à 30 kilogrammes, sans bagage et sans lanterne.
Le rapport entre les diamètres des roues, en bois avec la jante cerclée de fer, était ordinairement 80 cm/65 cm ; 85/70 ; 90/75 ; 95/80 ; 100/80 selon la stature du cavalier. Pour un rapport de roues 90/75, ce dernier parcourait à chaque tour de pédales environ 2,80 m.
Certains modèles possédaient des manivelles à coulisse permettant de modifier l’écartement entre les pédales.
Le frein, une plaque de fer s’appuyant sur la roue arrière, était manœuvré par une courroie.
Vitesse : 12 à 14 km/h pour le quidam ordinaire ; 22 à 24 km/h, sur 1000 m, pour des coureurs entraînés.
La transformation en tricycle pour ce modèle se faisait en ajoutant un essieu et une roue à l’arrière.

* Il existait un modèle de luxe avec un cadre en bronze d’aluminium.

Quelques modèles et prix en 1869 :
– Vélocipède fer fin, peint*, pédales fer, frottements de bronze, frein, selle cuir verni, 270 francs**.
– Vélocipède fer fin, peint*, frottements bronze, manivelles à coulisses, gouvernail à coussinets, pédales bronze, selle peau de truie, 300 francs.
– Vélocipède ferrures polies, roues peintes, pédales-patent et godets graisseurs, 400 francs.
– Vélocipède de courses
– Vélocipède de luxe, bronze d’aluminium, roues en bois exotique, jantes de roues en caoutchouc, ombrelles, etc. ***
– Vélocipèdes de plus petits diamètres pour enfants depuis six ans, 100 francs.

* On pouvait demander la peinture que l’on désirait.
** À titre de comparaison le pain blanc valait à cette époque 40 centimes le kilo.
*** Et cela dès 1868.

À Nantes

À la même époque, les vélocipèdes envahirent les cours Saint-Pierre et Saint-André au grand dam des promeneurs qui ne voyaient dans cette nouvelle pratique que grands dangers pour eux-mêmes et les enfants.

À Saint-Nazaire

À Saint-Nazaire, les vélocipèdes ont dû eux aussi envahir les promenades mais je n’ai pas, à l’heure où j’écris, de documents affirmant le fait.

Les premières sociétés à Nantes et Saint-Nazaire

À Nantes, la première société, dont j’ai connaissance, fut le Véloce-Sport Nantais constituée en 1883. Elle a voté sa dissolution en novembre 1885.
Elle fut suivie par Le Club des Cyclistes de Nantes constitué en mai 1888 puis le Véloce-Sport Nantais s’est reconstitué en août 1892.

À Saint-Nazaire le Véloce-Sport Nazairien se fonde en décembre 1889 puis La Pédale Nazairienne autour de 1898.

Les courses

On en vint rapidement à se mesurer dans des courses de vélocipèdes effrénées. On en trouve trace en Loire-Inférieure à partir de 1889, telles celles, organisées par le Véloce-Club-Nantais, le jeudi 16 juin 1889, dans la cour de l’ancienne caserne de la Visitation, à Nantes ou entre 1889 et 1892, les courses internationales vélocipédiques organisées par le Club des cyclistes de Nantes (U.C.C.).sur le cours Saint-Pierre.
À Saint-Nazaire, dès 1889, des courses étaient organisées par le Véloce-Sport Nazairien place Marceau.

Nantes peu avant 1880 – A) Ancienne caserne de la Visitation ; B) Cours Saint-André ; Cours Saint-Pierre – Dessin Michel-C Mahé.
Une course en 1869, d’après le Vélocipède Illustré – Crédit photo Gallica – BNF

Modifications : 18-05-2018 – Mise à jour.

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