Le quartier de Prézégat autour de 1926

À vos agendas :La conférence annuelle aura lieu le 17 février 2018 à la Médiathèque de Montoir. Elle est consacrée à M. Jean Cadayé, éminent chanteur de l’Opéra-Comique de Paris qui est venu à Saint-Nazaire, en 1922, pour exercer des talents de commerçant, de chef de musique, d’organisateur de festivités etc. Nous en profiterons pour écouter quelques extraits de tubes de l’époque.
Gratuit – réservation conseillée
Contact : mediatheque@montoirdebretagne.fr – tél : 02 40 70 11 51

Le quartier de Prézégat autour de 1926

Prézégat – Dessin Michel-C Mahé.

Prézégat était un hameau dépendant de Saint-Nazaire, à la limite de Trignac*, sur le chemin vicinal n° 20. On y parvenait par un mauvais chemin bordé de haies. Là, les maisons au toit de chaume sont nombreuses mais aussi quelques cabanes de bois**. Plus loin sur la butte, dominant le marais, un moulin ***.

* Trignac dépendit de Montoir-de-Bretagne, jusqu’au 1er janvier 1914, date où elle se constitua en commune.
** La crise du logement était endémique avant la Grande Guerre s’était considérablement aggravée après celle-ci. Beaucoup d’ouvriers ont résolu le problème. Avec leurs maigres économies, ils ont acheté un bout de terrain, des matériaux à la liquidation des stocks américains et construit eux-mêmes leurs maisons. On pouvait voir alors un peu partout mais principalement à la périphérie (rue de Pornichet, voisinage du Grand-Marais, routes de Guérande et de Saint-André, Prézégat, etc.) une quantité de maisonnettes en bois, de formes et dimensions variées. Quelques-unes étaient très coquettes et soignées.
*** En 1902, on connaît un M. David Auguste, meunier à Prézégat.
Prézégat de 1926 sur une vue actuelle – Photo Google Maps – Dessin Michel-C Mahé

Les habitants

Le hameau se composait alors de 137 personnes réparties dans 37 foyers comme suit :
Kergal (5) ; Mahé (1) ; Josse (1) ; Handebanle * (3) ; Morice (4) ; Dréan (7) ; Gourhand (2) ; Pilliani * (6) ; Huiban (4) ; Mignon (2) ; Noblet (4) ; Pierre (6) ; Dagorn (3) ; Colin (3) ; Chevalier (7) ; Rio (3) ; Berthe (1) ; Thoméré (2) ; Pierre (4) ; Heichette (7) ; Narvor (4) ; Rousseau (7) ; Couëdic (2) ; Briand (4) ; Le Coz (3) ; Layec (8) ; Rio (3) ; Couffin (2) ; Tassé (5) ; Pinczon (4) ; Morice (2) ; Briand (1) ; Cras (2) ; Moinard (2) ; Biveau (5) ; Lemarié (5) ; Texier (3).

* Orthographe à vérifier

Le commerce

Il y avait quelques commerçants :
1923 (liste non exhaustive) :
Guéno Louis, cabaretier ;
Paul Francis (Vve), marchande de beurre ;
Merlet Marie, mercerie.

1925 – 1927 (liste non exhaustive) :
Guéno Louis, Cabaretier ;
Paul Francis (Vve), marchande de beurre ; épicière
Tallourd, mercerie.

L’industrie

À quelques centaines de mètres du hameau, en Trignac, la Briqueterie du Prézégat et des Quatre-Vents*.

* Il en est fait état de 1905 à 1922 dans diverses publications. Elle était exploitée en 1922 par M. Sulzedo, domicilié à Paris, rue de Varennes.
Elle se composait d’importants bâtiments en briques, contenant deux fours, et de hangars en bois. Elle employait, en 1922, une vingtaine d’ouvriers. Elle subit, en 1921 et 1922, des graves incendies. La maison du propriétaire, M. Léon Tuleau, jouxtant le bâtiment fut épargnée.
M. Léon Julien Tuleau est né en 1853 et décédé en décembre 1926.
En 1921, sur le même site on fabriquait des allume-feux.

Les fêtes de Prézégat

Le Comité des fêtes du quartier de Prézégat organisa des fêtes à partir de 1921 puis en 1922, 1923.

Voici le programme de celle du dimanche 9 juillet 1922 :
13 heures – Courses de bicyclettes (12 km). Départ de Prézégat, La chaumière, Marsac, Trembly, Prézégat. Prix 40, 25, 15, 10 francs, une chambre à air ; engagement 2 francs ;
14 heures, – Course à pied (1500 m). Prix 10 et 8 francs, une paire de chaussures, 5 francs ;
14 h 30 – Course de bicyclettes (2 km), Droit d’engagement 1 fr 50, Prix 30, 20 et 10 francs ;
14 h 45 – Course de bicyclettes, consolation. Prix 15, 10 et 5 francs ;
15 h 15, – Exhibition de l’Ancêtre et du Moderne ;
16 heures, – Course en sac (chaque concurrent fournira son sac) ;
16 h 30, – Jeu de pots ;
17 heures, – Jeu de la poêle * ;
17 h 30, – Jeu des petits pains ;
17 h 45 – Course à la grenouille ** ;
18 heures, – Jeu du lait caillé.
Pour terminer la fête un grand bal champêtre fut organisé.
Pour les courses, les engagements étaient reçus chez MM. Tallourd et Couëdic, à Prézégat.

* Ce jeu consiste à prendre avec les dents une pièce de monnaie collée au fond d’une poêle enduit de noir de fumée. La figure des concurrents est rapidement toute maculée pour le plus grand plaisir des spectateurs.
** Les joueurs munis d’une brouette sans ridelles se plaçaient sur la ligne de départ.
Quelques secondes avant le départ, chaque joueur déposait sur le plateau le même nombre de grenouilles (trois ou cinq) puis au coup de sifflet courait vers l’arrivée sur une distance convenue.
Lorsqu’une grenouille s’échappait de la brouette, le concurrent devait s’arrêter pour la rattraper et la replacer avec les autres.
Le vainqueur était celui qui arrivait le premier avec tous ses batraciens.

 

 

 

L’électrification

L’électrification de Prézégat se fit vers 1930.

Le Vélo-Sport Prézégat

À partir de 1922, le hameau de Prézégat était omniprésent dans la presse grâce à son club cycliste le Vélo-Sport Prézégat.

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-Américaines – Le Vélo-Club Nazairien

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Le Vélo-Club Nazairien

Saint-Nazaire – A) Rue de Nantes* ; B) Établissement Hauton ; C) Cycles Peiny-Abraham, dépositaire Peugeot ;
D) Magasin Paris-Saint-Nazaire ; E) Quartier de Prézégat. Dessin Michel-C Mahé.
*La rue de Nantes devint en 1919 la rue du président Wilson puis en 1925 la rue Henri Gautier.

 

1926 – A) Vers place Marceau ; B) rue Henri Gautier (rue de Nantes , rue du président Wilson) ; C) Quai Chevreau, bassin de Saint-Nazaire ; D) Café du Ralliement ; E) Cycles Peiny-Abraham, dépositaire Peugeot ; F) Magasin Paris-Saint-Nazaire ; G) Magasin Belle-Jardinière. Collection Michel-C Mahé.
1926 – Bicyclette Peugeot Course Type Tour de France.
Cadre brasé raccords visibles ajourés taille 52 et 57 cm. – Roues de 70 cm, émail noir, bambou ou grenat au choix. – Pattes arrière renversées, papillons de blocage. — Moyeu arrière à 2 pignons dont un à roue libre. – Jantes acier demi-nickelées. — Pneus Dunlop. – Chaîne Lion Luxe. – Multiplication courante 44 x 18 x 16. – Guidon de course. – Freins Peugeot à câbles sur jantes avant et arrière. – Poignées longues caoutchouc. – Grosse pompe de cadre. – Sacoche avec outillage. – Selle spéciale de course. – Brochure Peugeot 1926.

 

Avant de parler de la course cycliste organisée lors des Fêtes franco-américaines, voyons ce qu’était le cyclisme à Saint-Nazaire en cette année 1926.
Deux sociétés se partageaient les sportifs et amateurs de cyclisme : le Vélo-Club Nazairien et Vélo-Sport Prézégat.

Le Vélo-Club Nazairien

La société Vélo-Club Nazairien a été fondée en ? .
Un avis de constitution paraît le 24 septembre 1909 dans le Journal officiel ; son siège était alors 87, rue de Nantes * à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Son but : développement du sport cycliste.
Elle était affiliée à l’Union Vélocipédique de France**
En 1910, son président était M. Coz ; son siège : 51, rue de Nantes***.
En 1925, son siège social est au Café Maritime, 11, rue Amiral-Courbet.

* Juin, cabaretier.
** L’Union Vélocipédique de France fut fondée le 6 février 1881 à Paris. Elle devint la Fédération française de cyclisme le 20 décembre 1940.
*** Péan Celestin, cabaretier.

Bureau constitué lors de l’Assemblée générale de janvier 1926 : Président M. Hauton Marcel *; vice-présidents : MM. Ordronneau, Périot ** ; secrétaire : M. Saleix ; secrétaire-adjoint : M. Quintin ; trésorier : M. Le Lannio Léon ; trésorier-adjoint : M. Bioret Louis ; commissaires : MM. Le Lannio, Quintin, Bastiste ; délégués des coureurs : MM. Poulain, Savina, Le Doucen.

 * M. Marcel Hauton, industriel, et président entre autres du V.C.N., possédait une manufacture de produits d’entretien, cires à parquets, fondée en 1873 par M. Arsène Hauton, son père. Elle se trouvait 9, 10, 11, rue Ville-Étable à Saint-Nazaire. Un des produits-phares de cette entreprise s’appelait le Brillant Oriental. M. Arsène Hauton avait mis dix ans de 1872 à 1882, pour le mettre au point.
** M. Pério tenait le café du Midi, avenue de Penhoët.

Quelques courses organisées par le Vélo-Club Nazairien en 1926 :

Dimanche 10 janvier : Cross cyclo-pédestre (club) * ;
Dimanche 14 février : Cross cyclo-pédestre (classement championnat départemental) ** ;
Lundi 7 mars : Course de 30 kilomètres (club) ;
Dimanche 4 avril : Prix « La Rafale » (Interrégionale) ***;
Lundi 5 avril : Brevet Militaire 50 kilomètres**** ;
Dimanche 11 avril : Le prix « Peiny-Abraham » ; *****
Vendredi 23 avril : Prix Peugeot (Nationale) ****** ;
Dimanche 16 mai : Brevet Militaire des 100 kilomètres **** ;
25 juillet 1926 : Grand prix « la Rafale » des jeunes. *******

* Cross cyclo-pédestre (club) ;
Le départ et l’arrivée se tenaient au stade du Plessis.
Le parcours était de 16 km environ, dont 7 km à travers champs.
7 coureurs prirent le départ.
1er Vaslin, en 48’ 45”, sur bicyclette Griffon, pneus Dunlop ; 2e Poulain, en 54′ 15”, sur bicyclette Roller’s, pneus Dunlop ; 3e Legal, à une longueur ; 4e Cavaro, en 56’30″ ; 5e Pézeron, en 56’ 55 » ; 6e Arnoult, en 1 h 02′.
** Cross cyclo-pédestre (classement championnat départemental) ;
Engagements reçus chez M. Périot, café du Midi, avenue de Penhoët.
Départ, à 10 h 30, café des Tilleuls, boulevard Gambetta.
Le parcours était de 18 km, dont 8 km environ à travers champs.
8 coureurs prirent le départ.
Arrivée, café des Chênes, boulevard de l’Océan.
Résultats techniques : 1 r Vaslin, en 49’, sur bicyclette Griffon ; 2e Poulain, en 51’ 32″ ; 3e Legal, en 53’ : 4e Pézeron, en 53’ 36’’ ; 5e Troffiguet ; 6e Arnoult ; 7e Lesage.
*** « La Rafale » Cette course était organisée par les Magasins « Paris-Saint-Nazaire », avec le concours du Vélo-Club Nazairien, et sous les règlements de l’Union Vélocipédique de France., Elle est ouverte à tous les coureurs licenciés, toutes catégories (sauf pour les professionnels).
Circuit de 120 km. Le parcours : Saint-Nazaire, Montoir, Donges, Savenay, Pontchâteau, La Roche-Bernard, Férel, Assérac, Saint-Molf, Guérande, Saillé, Le Pouliguen, La Baule, Pornichet, Saint-Nazaire.
L’arrivée était au café des Chênes, boulevard de l’Océan.
19 coureurs ont pris le départ.
1er Mainguy (Cholet), en 3 h 40. Moyenne horaire : 32,7 km/h, sur bicyclette Peugeot.
Circuit 120 km. – Dessin Michel-C Mahé.
**** Les brevets militaires étaient spécialement réservés aux jeunes gens n’ayant pas fait leur service militaire.
Brevet 50 km
Tout jeune homme qui faisait le parcours des 50 km en moins de 2 h. 30, avait droit à un brevet cycliste signé du ministre de la Guerre.
Engagements reçus chez M. Robinet, café d’Orléans, 6, rue de la Paix, Saint-Nazaire
Circuit 50 km ; 1 fois (boulevard Gambetta, route de Pornichet, Saint-Sébastien, les Quatre-Vents, route de Saint-André, Boulevard Gambetta) ; plus 2 fois (route de Guérande, Lęs Quatre-Vents, route de Saint-André, boulevard Gambetta).
12 coureurs ont pris le départ.
1er Aoustin J. (Vélo-Sport Prézégat) en 1 h 46 (28,3 km /h) ; 2e Poulnais (V.C.N.) ; Rolandeau (V.C.N.) ; 4e Mahé ; 5e Bouillard (V.C.N.) ; 6e Louet ; 7e Arnoult ; 8e Guillé.
Brevet 100 km
Circuit 50 km couvert deux fois.
7 coureurs – Course contre le montre
1er Poulnais Gaston, en 3 h 14’ Ι0’’ (moyenne, 30 90 km/h), sur bicyclette « Griffon », pneus Dunlop.
2e Bourigan, en 3 h 14’ 30’’ ; 3e Delatre, en 3 h 19’ 05 » ; 4e Anézo, en 3 h 38″ ; 5e Lerock, en 3 һ 50′.
Circuit de 50 km : 1 fois le rouge plus 2 fois le bleu – Dessin Michel-C Mahé.
Ces brevets avaient été créés pour encourager les jeunes gens à travailler à leur éducation militaire avec l’assurance que l’autorité militaire en tiendrait compte. Cette dernière avait passé des accords avec l’Union Vélocipédiste de France (U.V.F.) et l’Union des Sociétés de Tir de France pour son organisation.
Ce qui suit est extrait du règlement l’Union Vélocipédiste de France de 1909. Il a suivi des évolutions par la suite.
Les représentants de l’U.V.F. de chaque département sous le contrôle sportif de l’Union devaient organiser au moins une épreuve par an pour l’obtention des brevets militaires de 50, 100, 150 kilomètres.
Le brevet de vélocipédiste était délivré « à tout unioniste ayant couvert 100 kilomètres sur route, sans entraîneurs ni soigneurs, ni suiveurs d’aucune sorte, et avec machine plombée, dans un délai maximum de 5 heures. ».
Le petit brevet devait être couru sur 50 kilomètres en moins de 2 h. dans les mêmes règlements et conditions que les épreuves du brevet de vélocipédiste de 100 kilomètres.
Le brevet routier devait être disputé sur la distance de 150 kilomètres. Ces derniers devaient être parcourus en moins de 10 heures sans entraîneurs sous les mêmes règlements et conditions que les brevets précédents.
En accord avec l’Union des Sociétés de Tir de France, l’U.V.F. organisait aussi un brevet militaire d’estafette cycliste. L’épreuve comportait un parcours cycliste de 60 kilomètres à effectuer en moins de 5 heures, avec des machines plombées, un examen de topographie et un concours de tir comprenant :
1° Un tir au fusil Lebel à 200 mètres ;
2° Un tir au revolver d’ordonnance à 20 mètres.
L’itinéraire était connu au dernier moment et n’était pas le même pour tous les concurrents.
Ils devaient passer, une petite épreuve de montage et démontage de certaines pièces de leur machine.
***** Le prix «Peiny-Abraham ». de la maison de cycles du même nom. Organisation de l’épreuve : Vélo-Club Nazairien.
Circuit de 21.5 km : boulevard Gambetta ; boulevard de Lesseps ; route de Pornichet ; Saint-Sébastien ; les Quatre-Vents ; route de Saint-André ; boulevard Gambetta ; couvert six fois, ce qui fait une distance de 129 kilomètres.
17 coureurs prirent le départ.
1er Halgand, en 3 h 51 mn (moy. 33, 5 km/h) sur bicyclette Peugeot.
****** « Prix Peugeot ». Course ouverte aux coureurs aspirants, indépendants et débutants du département de la Loire-Inférieure.
Circuit de 21 km 5, couvert six fois, ce qui fait une distance de 129 kilomètres.
Départ café Setten, à l’angle du boulevard Gambetta et rue Ville ès-Martin, boulevard de Lesseps, route de Pornichet, Saint-Sébastien, les Quatre-Vents, route de Saint-André, boulevard Gambetta.
24 coureurs prirent le départ
1er Chauvet en 3 h 55 (32,94 km/h), sur bicyclette Peugeot.
Circuit de 21,5 km – Dessin Michel-C Mahé.
******* « Le Grand prix « La Rafale des jeunes».
Cette course était organisée par les Magasins « Paris-Saint-Nazaire », avec le concours du Vélo-Club Nazairien,
Elle était ouverte qu’aux débutants et coureurs non licenciés.
Engagements reçus aux Magasins Paris-Saint-Nazaire.
Deux catégories : 1re coureurs sur bicyclettes à boyaux ; 2e coureurs sur bicyclettes à pneus démontables sur jantes acier.
Course sans entraîneurs, ni suiveurs, ni soigneurs, sans aide d’aucune sorte.
Circuit de 14 km à couvrir 4 fois, soit 56 kilomètres. Départ, café Seeten : arrivée, boulevard de Lesseps.
Parcours : Route de Guérande, Les Quatre-Vents ; La Ville-Robert ; Route de Saint-André ; boulevard Gambetta.
Résultats :
Coureurs sur pneus : 1er Delettre ; 2e Renould ; 2e Perruche ; 4e Olivier ; 5e Guénec; 6e Geffredo ; 7e Priou ; 8e Cornet. Coureurs sur boyaux : 1er Cornet ; 2e Bioret ; 3e Trigodet : 4e Corbé ; 5e Bretier ; 6e Le Guyader ; 7e Robin ; 8e Crusson ; 9e Pageot ; 10e Bernard.
Circuit de 14 km – Dessin Michel-C Mahé.

 

Championnat départemental de fond de la Loire-Inférieure

Le dimanche 18 juillet 1926, lors du championnat départemental de fond les coureurs du Vélo-Club Nazairien furent en bonne place. Louis Martin devenant le meilleur routier régional.
Circuit de 100 km, Nantes (Beauséjour) – Pontchâteau (Calvaire) et retour.
Cette épreuve, contre la montre, machines plombées, étaient réservée à 12 coureurs indépendants, débutants ou amateurs sélectionnés par les soins de la commission des courses.
Tirage au sort pour l’ordre du départ.
Pour éviter toute fraude, les 50 kilomètres de route étaient surveillés par des contrôleurs sous la direction de délégués sportifs de l’U. V. F. et des autos ayant à bord des délégués de l’U. V. F..
Sur les 12 qualifiés, 8 prirent le départ.
1er Martin, du Vélo Club Nazairien, les 100 kilomètres en 3 h 8’ 25′ 2/5 ; 2e Volant (Vélo Sport Nantais), en 3 h 13’ 12’’ 3/5 : 3e Thomelet (Vélo Sport Nantais) en 3 h 21’ 58’’ 1/5 : 4e Poulnais (Vélo Club Nazairien), en 3 h 24’ 4’’ 1/5 : 5e Vaslin (Vélo Club Nazairien), en 3 h 49′ 12″ 2/5 : 6e Sachan (Pédale Paimbœuf).

Mises à jour : 09/12/2017, ajouts de courses et cartes ; 14/12/2017, ajouts de courses et cartes

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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes

Rappel : CONFÉRENCE-DÉBAT à Penhoët
« L’histoire de l’École d’apprentissage des Chantiers de l’Atlantique. »
Mardi 21 novembre, à 18 h 30, à La Compagnie des 5 Mondes, 8 rue de Trignac à Saint-Nazaire.
Nous serons accueillis par Géraldine et Stanislas, dans leur monde, à Penhoët, le quartier de mon enfance, voilà un endroit des plus sympa pour parler de l’école et du quartier.
La place est limitée 20 personnes maxi.
Réservation obligatoire par tél. :  02 40 45 11 37 ou  06 99 84 77 28 ; par mail : michelc.mahe@free.fr
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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – La soirée des ministres à La Baule

Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes

Saint-Nazaire – A) Monument américain ; B) Boulevard de l’Océan ; C) Rue de Méan ; D) Prison ; (E) Tribunal
Dessin Michel-C Mahé.

Le samedi 26 juin 1926, trois hommes furent surpris par les agents du service de nuit au moment où ils collaient des tracts anarchistes sur les arbres du boulevard de l’Océan. Ils furent arrêtés avec difficultés.
Il s’agissait de :
Charles Chauvin*, 31 ans, polisseur sur métaux, 62, rue de la Procession, à Paris. Il était armé d’un revolver et de cartouches. Il n’avait pas de domicile fixe car l’adresse indiquée était celle d’un restaurant où il venait parfois déjeuner ou dîner et où il se faisait adresser son courrier.

Charles Chauvin, en 1923, était le gérant du Libertaire, journal anarchiste, et il fut condamné pour apologie de crime en défendant Mlle Germaine Berton ***, anarchiste qui avait tué, le 22 janvier 1923, M. Marius Plateau**, le secrétaire général de la Ligue d’Action française. À cette époque il était recherché.
Selon les chroniqueurs c’était un jeune homme « tiré à quatre épingles », doué d’une intelligence remarquable et parlant fort bien.
Il changeait souvent d’identité en se procurant de vrais documents. À son arrestation, il était en possession du casier judiciaire d’un M. Gesber, de Saint-Brieuc, et voyageait avec la carte de circulation sur les chemins de fer, avec laquelle il est venu à Saint-Nazaire sans bourse délier, d’un certain M. Elionet de Morlaix. Il se faisait délivrer des casiers judiciaires vierges d’un peu partout.
On sait qu’il a travaillé à Saint-Nazaire sous le nom d’Héric, dont il possédait le livret de travail.
Son casier judiciaire, le vrai, accusait, à cette date, 203 mois de prison.

* Charles Chauvin, né en 1894  – mort à l’hôpital Tenon de Paris.
Il fit parler de lui, au temps où il était gérant du journal anarchique Le Libertaire, (du 23 février au 23 mars 1923 puis à partir du 11 mai 1923.
Dans son numéro portant les dates du 2 au 9 mars 1923, le journal avait publié un article intitulé : « Pour Germaine Berton. Faisons-la connaître et aimer ! », dans lequel le parquet avait relevé le délit d’apologie de faits qualifiés crimes par la loi.
L’auteur de l’article, M. Brutus Mercereau, employé à l’Assistance publique et auteur dramatique et Charles Chauvin furent arrêtés, placés sous mandat de dépôt et écroués à la prison de la Santé.
Le 28 mars 1923, lors de leur interrogatoire par le juge d’instruction, ils ont protesté contre l’inculpation dont ils étaient l’objet. « Ils n’ont point, disent-ils, .fait l’apologie d’un crime, mais ont exprimé le sentiment de générosité qu’ils éprouvent pour une jeune fille, qui fut leur camarade dans les milieux libertaires et qu’ils ne peuvent abandonner, sous peine d’accomplir une lâcheté ».
Ils ont été jugés, le 25 avril 1923, par la onzième chambre. Ils ont été condamnés à six semaines de prison et cinquante francs d’amende.
Charles Chauvin était gérant du Libertaire quand ce journal publia cinq articles en faveur d’Émile Cottin (anarchiste, auteur de l’attentat sur Georges Clemenceau) et de Germaine Berton, le parquet y ayant relevé le délit d’apologie de crimes et de provocation au meurtre, Charles Chauvin fut condamné à treize mois de prison et mille francs d’amende début décembre 1923.
Il figurait en septembre 1923 sur une liste d’anarchistes disparus du département de la Seine et recherchés
On le retrouve, gérant (décembre 1929 à juin 1930) de La revue Anarchiste fondée par F. Fortin.
** Marius Plateau (8 juillet 1886 – Paris 23 janvier 1923), militant royaliste et d’Action française, co-fondateur de la Fédération nationale des camelots du roi en 1908 et secrétaire de la Ligue d’Action française de 1918 à son assassinat.
Le 23 janvier 1923, il est assassiné à coup de revolver, au siège de l’Action Française par la jeune anarchiste Germaine Berton.
Crédit photo Action française

 

 

 

 

 

*** Germaine Berton, née à Puteaux, le 7 juin 1902, décédée le 5 juillet 1942), était la fille d’un constructeur mécanicien et d’une institutrice libre.
C’est dès l’adolescence qu’elle commença de fréquenter les milieux anarchistes. Elle se fixa à Paris en octobre 1921.et continua à militer. Elle a assassiné M. Marius Plateau, le secrétaire général de la Ligue d’Action française.
Au cours d’un interrogatoire, elle a déclaré, partisane de l’action individuelle, que son idée première était de tuer Léon Daudet (monarchiste) qu’elle considérait comme le pire ennemi du prolétariat et des organisations ouvrières. Elle essaya de le rencontrer en vain.
Le 22 janvier 1923, elle se rendit dans les bureaux de la Ligue Action française ; elle fut reçue par M. Plateau.
La discussion dégénéra. L’idée lui vint alors de tuer M. Plateau lorsqu’elle le vit, ricaner et railler les milieux prolétaires. Elle l’abattit de trois balles puis se tira une balle dans la poitrine ; elle ne fut que légèrement blessée.
Elle déclara : « Je n’ai pas de complice ; j’ai voulu venger la mort de Jaurès et de mon camarade Almereyda, dont M. Léon Daudet était responsable. »
Les débats commencèrent le 18 décembre 1923 devant la Cours d’assises de la Seine. Elle était assistée de Me Henry Torrès. C’était un procès pour meurtre avec préméditation mais dans son réquisitoire l’avocat général demanda de lui d’accorder les circonstances atténuantes. Le jury l’a acquittée le 24 décembre 1923.
Elle se suicide, le 5 juillet 1942 à Paris, en absorbant une forte dose de verdonal.
Photo identité judiciaire.

 

Georges Peye, 30 ans, cordonnier, vivait « dans ses meubles », 48, rue de la Fédération, à Paris. Il était connu comme militant anarchiste bien qu’on lui prêtât, selon un chroniqueur, un caractère très doux. On trouva sur lui un couteau poignard.

Arthur Baulu, 29 ans, garçon coiffeur, demeurait. 5, rue de l’Avre, à Paris, en hôtel.

Ils avaient quitté la capitale trois semaines avant. Ils avaient annoncé à leurs amis qu’ils se rendaient en villégiature sur les plages bretonnes de l’Atlantique.
Ils avaient loué un appartement rue de Méan. Le commissaire Salzmann* y a saisi une importante correspondance et 43 cartouches de revolver.

* Commissaire Salzmann, venant de Dinan, promut 2e classe, celui-ci prit ses fonctions à Saint-Nazaire, au 1er canton, le vendredi 16 septembre 1921.

Georges Peye et Arthur Baulu ont comparu devant le tribunal correctionnel.

Chauvin ne « mangera pas le morceau », les raisons du voyage ne furent jamais connues. Il semblait étrange aux magistrats et enquêteurs qu’un individu comme Chauvin avec un casier judiciaire accusant 203 mois de prison vint à Saint-Nazaire, en même temps que deux ministres français, un ambassadeur américain* et le général Pershing, seulement pour coller des affichettes sur des troncs d’arbres.

* Entre le 24 et et le 26 juin 1926, l’Ambassadeur des États-Unis Herrick avait reçu deux lettres de menaces de mort. La première l’informait qu’il serait tué juste avant l’exécution de Nicolo Sacco et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes d’origine italienne. La seconde qu’il serait tué immédiatement après. Il était alors, ainsi que l’ambassade, sous la protection de la police.

À l’audience du 13 août 1926, après un réquisitoire sévère de M. le procureur Billiard et une plaidoirie chaleureuse en faveur de son client de Me Russacq, Charles Chauvin fut condamné par le tribunal correctionnel, présidé par M. Vincent, après dix minutes de délibération, à 6 mois d’emprisonnement pour usurpation d’état civil. Ce qui lui fera 209 mois au total.

 

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

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Deux modes de lecture possible :
– pressé : Je lis seulement les paragraphes ; ils me donnent l’essentiel des informations ;
– curieux : Les paragraphes et les notes pour des informations plus complètes ;
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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin – Voyage des personnalités vers Saint-Nazaire
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les protagonistes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce

Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

Ce fut en automobile, à 18 heures, que les ministres se rendirent à La Baule à l’invitation de la municipalité * pour un dîner intime au Casino (100 couverts). C’est seulement le vendredi à midi, qu’ils firent savoir qu’ils l’acceptaient. **

* Nous avons vu dans les articles précédents l’insistance de La Baule pour s’intégrer aux fêtes. Dès mi-février 1926, les dirigeants de La Baule se proposaient d’inviter toutes les personnalités qui assisteront à l’inauguration du monument américain. Ils avaient élaboré tout un programme : excursion sur la Côte d’Amour et à Guérande, fête des fleurs à La Baule et banquet au Casino. Mi-juin, ils prévoyaient, le soir de l’inauguration, d’inviter les ministres et les personnalités américaines à un grand banquet à La Baule. L’invitation fut acceptée au tout dernier moment. Pour les américains, seuls, le Brigadier-général Rockenbach, premier commandant de la base de Saint-Nazaire, le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, et quelques lieutenants s’y rendirent.
** Les invités : MM. Leygues ministre de la Marine et Daniel-Vincent, ministre des Travaux Publics ; M. le comte de Lapeyrouse, maire ; M. Mathivet, préfet de la Loire-Inférieure ; Mme Mathivet; Mme la comtesse de Lapeyrouse ; MM. Le contre-amiral Gleaves, le général Spire, le Brigadier-général Rockenbach, commandant la base américaine pendant la guerre, l’amiral d’Adhémar de Gransac, le contre-amiral Chauvin, avec leurs états-majors ; le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, les lieutenants Esler, Talbott, Gaines, Riggs, Cady, Forsyth, Madeira ; M. Droz, président du Comité des fêtes de La Baule ; MM. Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant députés ; Mmes Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant ; Mmes Sulzbach, (illisible) ;   secrétaire général de la Préfecture ; Hubert des Ouches, chef de cabinet du préfet ; Vaultier, président du Conseil de Préfecture ; Butterlin, sous-préfet de Saint-Nazaire ; Mme Butterlin ; M. Serre, sous-préfet de Paimbœuf ; M. Fisher, consul des États-Unis à Nantes ; Mme Fisher ; M. Valdès Roig, consul de la Havane à Saint-Nazaire ; Mme Valdès Roig ; MM. Touchard et Bertoye, maires du Pouliguen et de Pornichet ; M. Vincent, membre de la Chambre de Commerce ; M. et Mme Richardson, M. et Mme de Bon, MM. Giroire., Boutroux, de Moulins le Rochefort, Leriche, Minot. Legouic, Jambu, Gommy, Terrien, conseillers municipaux ; M. Vincent, président du tribunal de Saint-Nazaire, etc

Dans ce très court laps de temps, la Société des fêtes organisa la mise en place d’une décoration « sobre et élégante », deux arcs de triomphe furent élevés, l’un près de la Poste, l’autre sur le Remblai, non loin du casino et on décora d’oriflammes l’avenue de la Gare.

À la mairie, M. le Comte de Lapeyrouse *, maire, leur souhaita la bienvenue. **
M. Leygues remercia le maire et aussitôt les ministres, députés, officiers de marine américains et français, montèrent dans les autos pour se rendre au Casino ***. La façade de ce dernier, sur toute sa longueur, était décorée de guirlandes tressées de feuillage et de fleurs naturelles. Au dessus de l’entrée principale était disposée une énorme cocarde bleu blanc rouge et les colonnes, de chaque côté, étaient drapées de « stars and stripes » ****

* Le comte MAURY de LAPEYROUSE-VAUCRESSON est né le 11 février 1880 à Bône (Algérie). Très fortuné, il était intéressé à d’importantes affaires industrielles et faisait partie de plusieurs conseils d’administration. Il fut Maire de La Baule de 1925 à 1935. Il était le propriétaire de la villa Les Tottes, esplanade Benoit.où il donnait très souvent des réceptions.  Il possédait avec son beau-frère M. Sulzbach  un yacht,  le Fair Lady II , lancé le 8 mai 1925 au chantier Dubigeon.
Dimensions : longueur : 19 m 50 ; largeur : 5 m ; creux : 2 m 50 ; vitesse : 9 nœuds ; jauge : 65 tonneaux ; 2 moteurs de 65 chevaux chacun, à 2 hélices. Port d’attache : Le Pouliguen.  Il meurt d’un accident de voiture en décembre 1953.

 

Le Fair Lady sortant du port du Pouliguen – Collection Michel-C Mahé.
** Allocution de M. de Lapeyrouse ;
« Messieurs,
Le conseil municipal d’Escoublac- La Baule (illisible) faire à la station balnéaire si connue de la Côte d’Amour qui commence à prendre dans le monde la place qui lui convient, le grand honneur de votre visite. Il se réjouit de vous recevoir aujourd’hui à la Mairie, et il vous remercie d’avoir répondu avec empressement à son invitation, faite avec simplicité sans doute, mais avec aussi la préoccupation de la retenir comme une chose qui restera un souvenir dans la vie ordinaire de notre cité.
Voisins de Saint-Nazaire, qui a eu le privilège de voir les troupes américaines débarquées sur notre territoire, alors que la grande République des États-Unis s’est mise aux côtés de la France pendant la période encore indécise de 1916, pour vivre avec elle les heures d’angoisse, mais aussi d’héroïsme, et de sacrifices qu’elle a connues, nous aurions manqué à notre devoir en ne nous associant pas aux fêtes données par le grand port de l’Océan, en témoignage de l’immense effort qu’elles ont accompli jusqu’à la conclusion de la Paix de 1918. On peut dire que l’intervention de l’Amérique a été décisive dans la solution précipitée du vaste conflit européen de 1914.
Nous sommes fiers, en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue, de vous accueillir à Baule, parce que nous sommes sûrs que vous emporterez de votre trop court séjour parmi nous un souvenir durable qui ne vous fera pas regretter la visite que vous nous accordez aujourd’hui, si bienveillamment.
Au nom du conseil municipal unanime, je vous en remercie, au nom de la population toute entière, je m’en félicite. »
*** La première pierre du nouveau casino municipal de La Baule fut posée le 14 janvier 1926, il a été inauguré le mercredi 1er juillet 1925. Propriétaire : M. André ; directeur : M. Mattei ; Architecte : Ferdinand Ménard ; réalisation des travaux Entreprise générale de la Baule-les-Pins.
**** Cette décoration impromptue fut l’œuvre de M. Graves, architecte, chargé de la décoration extérieure, aidé par Mmes Minot, Vallée, et de Mlle Jaouen.
Le Casino – Collection Michel-C Mahé.

 

Le restaurant-dancing du casino de La Baule – Collection Michel-C Mahé.

Le dancing avait été transformé en une magnifique salle à manger. Un orchestre le Jazz Sticklen’s orchestrera *, sous la direction de M. Hervé animait le banquet.

* Un certain engouement est apparu dans les dancings des hôtels et les bals pour les danses américaines et les jazz-bands. La Baule ne fait pas exception.

Après que les hymnes nationaux furent écoutés debout, les convives se mirent à table.* Point de discours, ils avaient été résolument supprimés.

* Le menu : Consommé Riche, en tasse, au fumet de tomate ; Demoiselle de l’Océan à la Washington ; Mignonnette de Charolais Lafayette ; Poularde de Bresse froide à la Bauloise ; Salade Mimosa ; Asperges d’Argenteuil sauce Mousseline ; Biscuit glacé aux fraises des Bois ; Friandise du Casino ; Fruits.

Les ministres quittèrent La Baule en automobile à 20 heures pour prendre le train pour Paris à 23 h 28.

Vers dix heures la ballerine Maria Ley fit son entrée et tourbillonna autour des tables *. « Sa jota tantôt langoureuse tantôt gaillarde fut particulièrement appréciée ». Qui alla rapporter à l’artiste l’écharpe multicolore qu’elle laissa choir sur une table durant sa prestation ? le chroniqueur ne le dit pas. Puis, l’américain chanteur et danseur Harland Dixon, exécuta une série de danses acrobatiques très appréciées par les Américains présents à ce banquet.

* Un chroniqueur de Ouest-éclair se demandait ironiquement « …où étaient passés nos deux ministres de la Marine et des Travaux publics, le soir de l’inauguration du monument américain de Saint-Nazaire. » il donnait la réponse « Nos Excellences, au Casino de La Baule, oubliant les soucis du pouvoir, applaudissaient chaleureusement l’affolante ballerine Maria Ley qui tourbillonnait autour des tables d’un festin de Balthazar exécutant une « jota » tour à tour langoureuse et… osée. », jolie bourde… Ils étaient partis.
Mlle Maria Ley, danseuse classique, d’origine tchécoslovaque, Opéra de Vienne (août 1922) ; Paris, Olympia (janvier 1923) ; Vienne (mai 1925), revue « Frauentraume um Mitternacht » (De quoi les femmes rêvent à minuit) de MM. Karl Farkas et Dr Robert Katscher ; Cannes, Casino municipal (février 1926), pour le gala franco-russe ; Paris, Théâtre de l’Avenue (mai 1926), « Revue de l’Avenue », 2 actes et 25 tableaux de MM. Max-Eddy et Henry Hallais, où elle exécute une série de danses classiques et de caractère ; Paris, aux Capucines, (octobre 1926), « Divin mensonge », opérette en trois actes et six tableaux de MM. Madis et Pierre Veber ; New-york, Cito’s Club (novembre 1926), « Pavlova », elle exécute en smoking de brillants noirs une danse « 1930 » sur une musique de jazz puis « la Valse blanche » avec un orchestre Hawaïens ; Paris, à l’Empire (février 1926), un ballet, « Masques », de M. Pierre Sandrini et V. Telly ; Biarritz (mai 1927).
Recueil de poèmes et de proses rythmées « Pourquoi je danse » (1924).

Les convives, après que l’on ferma les fenêtres, et la foule massée sur l’esplanade purent assister à un feu d’artifice. Toute l’aile gauche fut convertie, selon le chroniqueur, « en une cascade de pierres précieuses aux plus variées, aux plus chatoyantes couleurs, puis en une chute d’eau où mille soleils flamboyants seraient venus se refléter.»

Modifications : 06/10/2017 – Ajout des étiquettes.

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce

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– curieux : Les paragraphes et les notes pour des informations plus complètes.
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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet

Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce


Saint-Nazaire – A) Place de la Vieille-Ville ; B) Pont roulant ; C) Place du Bassin ; D) Place carnot ; E) La gare ;
F) Place Marceau ; G) Sous-préfecture ; H) Hôtel de ville ; I) Collège de jeunes filles ; K) Navires américains ;
L) Navires français ; M) Restaurant coopératif ; N) Salle des fêtes du Chantier de Penhoët ;
O) Paquebot Île-de-France ; P) Chambre de commerce. – Dessin Michel-C Mahé.

Visite des chantiers – Séance solennelle à la Chambre de Commerce

Le banquet terminé, le cortège officiel visita quelques ateliers des chantiers de Penhoët.
Puis les ministres et leur suite prirent place à bord du Paul Leferme*, petit vapeur des Ponts et Chaussées et parcoururent le port sous la conduite de M. Henri Bonnisseau**, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de Saint-Nazaire. Ils accostèrent quai Henri Chevreau et se rendirent à la Chambre de commerce où ils furent reçus par M. Louis Joubert, président.

* Le « Paul Leferme », petit vapeur des Ponts et Chaussées, a été construit aux chantiers de Penhoët et mis en service en juillet 1909. En 1914, le capitaine Garnier prenait le commandement du navire.
** M. Henri Bonnisseau est nommé ingénieur en chef du port en 1920 à Saint-Nazaire, il prit sa retraite comme ingénieur en chef et directeur du port en 1934.

 

Le baliseur Paul-Leferme en 1912 – Crédit Photo Patrick Pauvert
La chambre de commerce

Après leur avoir souhaité la bienvenue, M. Louis Joubert exposa ce qu’il manquait au port dans la situation présente et ce qui lui fera défaut dans l’avenir, donna quelques statistiques sur le rôle de Saint-Nazaire pendant la guerre et évoqua l’importation de charbon qui n’était pas brillante et les tarifs si élevés des chemins de fer.*

* Saint-Nazaire était un port d’importation. À l’entrée, l’élément essentiel est le charbon. Il représente 80% des importations totales. Viennent ensuite les céréales, les marchandises diverses, amenées surtout par les lignes régulières, et les bois.
 Trafic du port de Saint-Nazaire – Source BNF – Gallica
Le charbon représente environ 80% des entrées.

 

Les docks au charbon – Collection Michel-C. Mahé.

 

Cours de la livre sterling – Source BNF – Gallica
En 1924, le tonnage d’ensemble s’élevait à 1 565 607 tonnes, comprenant 1 035 316 tonnes de charbons importés (66%), alors qu’en 1928 ce tonnage ne comportait plus que 900 000 tonnes, pour 460 000 tonnes de charbons. Cette diminution de plus de 500 000 tonnes provient presque exclusivement du fléchissement dans l’importation des charbons.
Quelles en étaient les causes ?
1° Le cours très élevé de la livre qui freinait les transactions commerciales avec l’Angleterre ;
2° L’augmentation considérable des tarifs de transport par fer qui, calculés d’après un barème kilométrique, mettaient tous les ports maritimes en état d’infériorité par rapport aux ports fluviaux ;
3° Les houillères du Nord et de l’Est de la France qui ont retrouvé leur activité et augmenté leur production.
Source BNF – Gallica
 Avant la guerre la consommation totale dépassait 60 millions de tonnes ; les mines françaises produisaient 33 millions de tonnes ; la France devait donc importer, en majorité d’Angleterre, environ 27 millions de tonnes.
En 1926, la consommation totale dépassait 80 millions de tonnes ; les mines françaises produisaient environ 50 millions de tonnes ; la Sarre fournissait 12 millions ; l’Allemagne 6 millions au titre des réparations (Traité de Versailles) ; il restait donc à importer environ 12 millions de tonnes, seulement, à partager avec tous les ports charbonniers français.
De plus, les houillères ont obtenu auprès de l’État des tarifs de transport par fer de 35% au-dessous de ceux pratiqués pour les autres marchandises. Celles du Nord pouvaient donc expédier dans la région des charbons à des prix inférieurs à ceux venant d’Angleterre. Un exemple : elles expédiaient au Havre et à Rouen au prix de 9 et 7 francs la tonne alors qu’il en coûtait 14 francs de Saint-Nazaire à Nantes. Des villes comme Cholet pouvaient donc recevoir des mines du Nord des charbons à bien meilleur compte que de Saint-Nazaire. Conséquences Saint-Nazaire, avant la guerre, desservait 137 gares, il n’en desservait plus que 32 en 1926.
Le Paris-Orléans et la compagnie des chemins de fer de l’État qui étaient des gros clients du port de Saint-Nazaire, puisqu’ils se fournissaient en charbon anglais, ont eu tout intérêt à s’approvisionner en France.

Il sollicita l’appui des ministres pour que le contrat de la ligne des Antilles* fut renouvelé dans des conditions favorables, celui-ci arrivant bientôt à expiration.

* Le contrat expirait en avril 1927. En février 1927, M. Joubert apprend par hasard que la compagnie a demandé par lettre confidentielle au ministre du Travail d’abandonner le port de Saint-Nazaire. Si la proposition était acceptée, elle abandonnerait au gouvernement 4 500 000 francs sur sa subvention. En cas de refus, elle a demandé de faire escale au Havre avant le retour à Saint-Nazaire.
C’est le début d’un bras de fer où tous les rouages parlementaires, commerciaux, municipaux seront mis en jeu. Saint-Nazaire va se lever. L’Union des Syndicats confédérés appellera les ouvriers à cesser le travail à 16 h 00 le mardi 15 mars, invitera les commerçants à fermer les devantures de leurs magasins et à se rendre à 16 h 30 dans la cour de la gare point de départ d’une manifestation monstre. Le 7 avril 1927, M. Joubert recevait les journalistes pour leur faire part des termes du nouveau contrat entre l’État et la Compagnie Générale Transatlantique. Il aura une durée de 20 ans. Pendant cette période, le port de Saint-Nazaire restera tête de ligne sur l’Amérique Centrale et au retour les paquebots feront une courte escale au Havre. La compagnie abandonnera 2 millions sur sa subvention et serviront à financer, jusqu’à concurrence de 40 millions, les travaux de la forme entrée.
Saint-Nazaire – A) Vieille entrée ; B) Nouvelle entrée ; C) Quai de Penhoët ; D) Quai de Méan ; E) Forme radoub n°1 ;
F) Future forme-entrée. – Dessin Michel-C Mahé.

Il vanta la haute capacité de production des chantiers et dit que c’est tout le prestige industriel français qui en souffrirait si l’aide gouvernementale leur faisait défaut au moment où ils en ont tant besoin ; il en va aussi de l’intérêt de la défense nationale que les capacités industrielles du port soient maintenues.
La taille des paquebots étant toujours grandissante, un ensemble de travaux dans le port étaient en projet pour permettre aux deux chantiers de rester dans la course.* M. Joubert sollicita l’appui financier du gouvernement.

* Du fait de l’accroissement de la taille des navires, on prévoyait dans un avenir proche des navires de 300 m de long, 30 m de largeur, 9 m 50 voire 10 m 50 de tirant d’eau, les installations du port étaient obsolètes. Il manquait de la profondeur dans les bassins et la largeur de la vieille (25 m) et de la nouvelle entrée (30 m) étaient insuffisantes. Cette dernière condamnait les chantiers à ne construire que des navires de 29 m de large. De plus ils ne disposaient pas d’une cale de radoub capable d’accueillir les navires du futur pour la pose des hélices, le nettoyage de la coque et la peinture.
Dans un premier temps la forme de radoub n°1 fut allongée de 7 m soit 235 m de longueur. Début des travaux 1er août 1925 (durée 6 mois).
Les conclusions d’un rapport au dernier trimestre de 1925, à la suite d’une étude faite en commun par la Chambre de commerce, les directeurs des chantiers, les dirigeants de la Compagnie générale transatlantique, préconisaient les travaux suivants : creusement de souilles au pied des quais d’armements des Chantiers de Penhoët (quai de Penhoët ) et du Chantier de la Loire (quai de Méan) ; élargissement de l’écluse de l’ancienne entrée, 25 m, portée à 35 m minimum, 45 m maximum ; creusement d’une souille dans le bassin de Saint-Nazaire ; creusement d’un chenal conduisant de l’ancienne entrée au quai de Penhoët et de Méan ; mener une étude à pour élargir la forme n°1 à 35 m.
Plus tard, le projet évolua vers la construction d’une forme-entrée reliant le traict au bassin de Penhoët. Les travaux commencèrent en février 1929. La réception définitive eut lieu en 1933. L’ouvrage prit le nom de Louis Joubert, décédé en 1930.

Il a dit aussi l’émotion causée par l’annonce que deux paquebots 18 000 tonnes * seraient commandés en Allemagne pour la Compagnie Sud-Atlantique. Il a parlé de la crise de l’industrie navale française et le sombre avenir menaçant la Basse-Loire.

* Dans la cadre du plan Dawes signé le 24 juillet 1924. C’est un arrangement des réparations dues par l’Allemagne à la suite du traité de Versailles. Il avait pour objectif de lutter contre l’hyperinflation qui mettait à mal la survie de la République de Weimar.

M. Daniel-Vincent * répondit à cet exposé, je reprends là les propos d’un chroniqueur : «… qu’il n’a pas étudié le problème ; il est venu ; il ne s’engage en rien. Cependant il donne l’assurance que les intérêts français seront protégés et que les chambres de commerce seront consultées.
Pour le port on verra, on comprend l’intérêt national de toute la question. »

* Ce ministère était formé seulement depuis le 23 juin 1926. Il ne durera que 31 jours (du 23 juin au 19 juillet 1926). Voir article : « Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – En marge des fêtes. »

Un télégramme de l’amiral Gilly

Un télégramme de l’amiral Gilly, chef du port de St-Nazaire pendant la guerre, adressé à M. Joubert, président de la Chambre de commerce :
« Au moment où vous inaugurez monument commémorant arrivée des troupes américaines, vous envoie mon plus cordial souvenir, en vous priant de le transmettre aux autorités du port, aux autorités américaines et spécialement à l’amiral Gleaves. »
Amiral Gilly.

 

Modifications : 08/08/2017 – Ajout image docks au charbon ; 16/09/2017 – Refonte du paragraphe sur les paquebots commandés en Allemagne.

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet

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Le monument américain – Premières critiques
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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – En marge des fêtes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Veille de fêtes – Autour des escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin – Voyage des personnalités vers Saint-Nazaire
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les protagonistes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926

Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet


Saint-Nazaire – A) Place de la Vieille-Ville ; B) Pont roulant ; C) Place du Bassin ; D) Place Carnot ; E) La gare ; F) Place Marceau ; G) Sous-préfecture ; H) Hôtel de ville ; I) Collège de jeunes filles ; K) Navires américains ; L) Navires français ; M) Restaurant coopératif ; N) Salle des fêtes du Chantier de Penhoët ; O) Paquebot Île-de-France ; P) Chambre de commerce. – Dessin Michel-C Mahé.

Le banquet

Reprenons les écrits de Mrs. Louise Du Bois, épouse du Captain Arthur M. Du Bois, trésorier de “The St. Nazaire Memorial Fund” sur l’inauguration du monument américain.

«Un banquet nous a été offert au Chantier de Penhoët par la Chambre de commerce, où l’on comptait plus de 400 invités, y compris les invités d’honneur, les Américains et les membres du Comité français. Le Chantier est situé sur l’un des docks et, sur notre chemin, nous avons passé le Memphis à quai*, le navire amiral français**, et le nouveau paquebot français Île de France ***, qui vient juste d’être lancé. »

* Le Memphis navire amiral américain est amarré quai du Commerce.
** Mrs Du Bois passe devant la flotte française amarrée quai Demange, mais le navire amiral français le Voltaire est resté sur rade.
*** Le paquebot Île de France a été mis sur cale, au Chantier de Penhoët à Saint-Nazaire, le samedi 25 octobre 1924 ; lancé le dimanche 14 mars 1926 ; livré le 29 mai 1927. Il entama son voyage inaugural, entre Le Havre et New York, le 22 juin 1927.
Longueur : 241 m ; largeur : 28 m ; tirant d’eau : 9 m 75 ; puissance : 52 000 chevaux ; vitesse : 23 noeuds ; 800 hommes d’équipage ; 1200 passagers de 1re et 2e classes ; 600 passagers de 3e classe.

Le banquet a eu lieu dans la salle des fêtes du Chantier de Penhoët. Inaugurée en février 1917, sa vocation première était une salle de lecture et de correspondance pour les ouvriers et ouvrières. Mais très vite elle fut adoptée et fréquentée par un grand nombre pendant les heures de repos. Après la guerre, elle fut équipée d’une scène de théâtre. On y organisait des concerts, des représentations théâtrales pour le personnel, les banquets à l’occasion du lancement des bateaux, les distributions des prix de l’école d’apprentissage mais aussi utilisée pour des manifestations extérieures au Chantier.
« Elle était située à l’extrémité sud du chantier, au fond d’une allée, était ornée d’une quadruple rangée d’arbres, un bâtiment coquet dont la façade était cachée sous le lierre et les plantes diverses. » Voir article : La salle des fêtes des Chantiers de Penhoët.
À l’entrée du restaurant, un piquet de gendarmes, rendant les honneurs, accueillait les invités. En premier lieu, le général Gouraud accompagné du général Pershing puis les ministres, les autorités civiles et militaires américaines et françaises.
La salle était décorée avec goût, avec des drapeaux américains et français ; les tables étaient artistiquement décorées de fleurs.

Il était 13 heures quand les invités se mirent à table.
À la table d’honneur : MM. Leygues, ministre de la Marine, qui présidait le banquet ; Daniel-Vincent, ministre des Travaux Publics : Myron Herrick, ambassadeur des États-Unis à Paris ; général Gouraud, gouverneur militaire de Paris ; général Pershing, ancien commandant en chef du corps expéditionnaire ; Mathivet, préfet de Nantes ; Mme Whitney, auteure du monument ; M. Blancho, maire de Saint-Nazaire ; Joubert, président de la Chambre de Commerce.
Mme Philouze, propriétaire de l’Hôtel des Messageries , aidée du personnel du restaurant coopératif concocta un excellent menu et bien présenté.

Cours de gymnastique en 1930 des apprentis. Dans le fond la salle des fêtes ; à droite le restaurant coopératif.
Crédit Photo Pierre Viogne.

Le paquebot Île-de-France au quai de Penhoët – Collection Michel-C. Mahé.

Les discours

Il y eut cinq discours, dans l’ordre : M. Blancho, maire de Saint-Nazaire ; M. Sibille, député de la Loire-Inférieure ; M. Myron Herrick, ambassadeur des États-Unis ; le général Pershing ; M. Leygues, ministre de la Marine.

M. Blancho, remercia les invités d’avoir répondu à l’invitation de la Chambre de Commerce et de la Ville, Mme Whitney, M. O’Connor *, et tous ceux qui ont contribué à l’érection du monument. Puis lança un appel au gouvernement français.
« Nous sommes angoissés sur la situation de la marine marchande et sur l’avenir de Saint-Nazaire qui vit par ses chantiers et par son port. »
« Il ne faut pas, dit-il qu’au lendemain des fêtes qui célébreront le départ du grand paquebot Île-de-france, le chômage fasse sa réapparition dans notre ville. Saint-Nazaire a besoin de travail. Le gouvernement se doit d’aider Saint-Nazaire. »
« Nous voulons le travail et la paix. »

* Peut-être Mr Williann T. O’Connor, membre de The St. Nazaire Association. Il n’apparaît pas dans la liste officielle des invités.

M. Sibille, député, parla au nom des parlementaires de la Loire-Inférieure. Dans un vibrant et patriotique discours rappela l’intervention américaine et fit l’éloge des généraux Pershing et Gouraud.
M. Myron Herrick, ambassadeur des États-Unis, remercia M. Leygues de son discours du matin, le pria de transmettre ses remerciements au gouvernement français, le remercia d’avoir remis la croix de la Légion d’honneur à Mme Whitney et tous ceux qui ont si bien accueilli les représentants de son pays.
Le général Pershing qui, pendant la guerre, a inspecté la base américaine de notre ville, rappela, la large hospitalité offerte alors à ses soldats.
M. Leygues, ministre de la Marine, rappela que Washington et Lafayette en se séparant se sont dit mutuellement : « Ne nous oublions pas ! « Eh bien, ne nous oublions pas aujourd’hui »*.
« La France n’oubliera jamais que le sang américain s’est mêlé au sang français, et le ministre termine en levant son verre aux deux grandes nations : les États-Unis et la France »

* Un chroniqueur, qui voyait M. Leygues, comme « un pince-sans-rire qui manie l’ironie avec maestria.», y a vu une allusion à la dette américaine qui générait alors une vive tension entre les anciens alliés.

Vers 15 heures, à l’issue du banquet, pendant les discours, un ronflement de moteurs se mêla aux applaudissements des convives. C’était l’hydravion*, construit par le Chantier de Penhoët, conçu par M. Richard**, ingénieur et piloté par M. Duhamel***, qui faisait ses essais de surface.

* Les commandes se faisant rares, le Chantier de Penhoët et le Chantier de la Loire se sont lancés dans l’industrie aéronautique. Le Chantier de Penhoët construisait un gigantesque hydravion pentamoteur d’une puissance de 2100 chevaux (5 moteurs Jupiter de 420 chevaux). ; le département aviation de la Société des Chantiers de la Loire, Loire-Gourdoux-Leseure, des avions de chasse de 420 et 450 chevaux.
La Société anonyme des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire-Penhoët a été la première en France à s’intéresser au lancement des avions à bord des navires. Cette même année, elle a réalisé une catapulte montée sur un pivot permettant des lancements sans que le navire ait à modifier sa route. Elle imprimait à un appareil de 1600 kg au repos, une vitesse de départ de 80 km à l’heure.
Administrateur-délégué de la société, M. Godard ; président, M. R. Fould ; directeur du Chantier de Penhoët, M. Lévy. La société est aussi propriétaire des Chantiers de Normandie près de Rouen.
** Paul-Aimé Richard, né à Lille, le 17 décembre 1889. Ingénieur de l’École supérieure d’aéronautique en 1910, il se consacra à cette branche nouvelle l’hydraviation.
Il occupa plus de 20 postes importants dans différentes sociétés (Astra, Lorraine-Dietrich, Franco-British Aviation Company, Lioré et Olivier).
Professeur à l’École supérieure d’Aéronautique en 1916, il publia de nombreux travaux et, en collaboration avec son frère Maurice, comme lui, diplômé de l’École supérieure d’Aéronautique, établit une étude sur les lois de similitude en aviation.
*** Alphonse Duhamel, né à Paris, le 26 février 1892. Ayant terminé ses études à l’École supérieure Arago, il fut, en 1912, incorporé à la Marine. Breveté fourrier ; le 15 mars 1914, détaché en qualité de secrétaire au cabinet et de secrétaire particulier de ministres.
Il demanda à entrer dans l’aviation. En mai 1915, il fut envoyé à Saint-Raphaël, puis à Avord, où, le 30 décembre il fut breveté militaire sur Voisin-Salmson.
En mars 1916, il fut envoyé à Bizerte où, à bord d’hydros Schreck, il fit la chasse aux sous-marins ennemis.
Muté comme moniteur à Saint-Raphaël, il forma rapidement plus de deux cents élèves.
Il demanda à entrer une seconde fois en escadrille. À Guernesey il fit la chasse aux sous-marins allemands.
En août 1918, il fut détaché chez Schreck comme pilote réceptionnaire.
L’armistice signé, pilote réceptionnaire chez Gonnet-Willocq ; un peu plus tard, chez Nieuport.
Démobilisé, il devint collaborateur de René Caudron, en mars 1920.
En juin 1920, il entra chez Latham qui délègue souvent son pilote à leurs essais de ses confrères ou à certaines épreuves qu’ils désirent tenter. À ce titre, il procédera aux essais de l’hydravion du Chantier de Penhoët à Saint-Nazaire.
Hydravion, construit par le Chantier de Penhoët, type Jupiter, 40 mètres d’envergure – 2100 chevaux – cinq moteurs. Crédit photo Gallica – Bibliothèque nationale de France

Remerciement des anciens combattants

M. Georgelin, président de l’Union Nationales des Anciens Combattants, a adressé la lettre suivante :
Monsieur l’Amiral. Messieurs les Officiers. Sous-officiers et marins de la flotte américaine.
Vous avez eu la délicate pensée de faire déposer, hier matin, au pied des monuments élevés à la mémoire de nos soldats morts au Champ d’Honneur, de magnifiques gerbes de fleurs.
Au nom de mes camarades de l’Union Nationale des Combattants, des Sociétés patriotiques et des Pupilles de la Nation de la ville de Saint-Nazaire, je vous en remercie.
Je suis heureux de profiter de cette circonstance pour vous demander d’être nos interprètes auprès de nos camarades des États-Unis pour les assurer de nos sentiments fraternels.
Vive les États-Unis.
Vive la France.

Modifications :  …(hydravion) qui faisait ses essais de surface. 14-09-2017

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – L’inauguration

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – L’inauguration

Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – L’inauguration

Nous reprenons comme base de cet article, que nous compléterons, les écrits de Mrs. Louise Du Bois, épouse du Captain Arthur M. Du Bois, trésorier de “The St. Nazaire Memorial Fund”, qui nous a laissé quelques jolies pages sur l’inauguration du monument américain.

Crédit Photo : Naval Historical Foundation Collection

 

L’inauguration du monument

« Notre cheminement à travers les rues vers le Boulevard de L’Océan était fascinant. Les gens s’entassaient tout le long du parcours et les femmes en costumes bretons avec les uniformes des marines française et américaine formaient des ensembles très colorés. Nous quittâmes notre voiture et trouvâmes bientôt notre chemin dans la foule vers la partie couverte de l’esplanade qui servait de tribune. C’est seulement lorsque nous sommes arrivés à nos places que nous avons eu un premier aperçu du monument et ce fut un moment palpitant. Même voilé, il était de toute beauté et son site approchait de la perfection. La marée était basse et la plage mais aussi chaque endroit disponible sur le boulevard étaient bondés*. »

* Deux à trois mille personnes se trouvaient sur le sable, au pied du rempart. Les tribunes, face au monument recouvert de son voile, sont bondées. La foule, plus de 25.000 personnes selon un chroniqueur, a envahi le boulevard et c’est assez difficilement que les officiels, comprenant de très nombreux américains, après avoir passé entre la double haie formée par les marins français d’un côté, les marins américains de l’autre, parvinrent à leur tribune.

« Après une courte attente nous entendîmes de la musique puis des applaudissements et des acclamations, alors nous sûmes que « le cortège officiel » arrivait. Escortés par les fusiliers marins, les Marines américains, les enfants des écoles, les anciens combattants, les organisations nazairiennes, arrivèrent : Mme Whitney, le maire, M. Leygues, ministre de la Marine, le général Gouraud (facilement repérable par sa manche vide), le général Pershing (décorations complètes !), le général Rockenback, l’amiral Gleaves, Mr. Herrick et aussi un nombre de dignitaires de moindre importance. Il y eut un moment de confusion pour trouver leurs places * et ensuite M. Herrick monta à la tribune et a offert le monument à la France au nom des États-Unis. Dès qu’il eût fini, le voile du monument fut abaissé et la musique joua la Marseillaise et le Star Spangled Banner. Ce fut un merveilleux moment et la beauté de la statue dépassait largement nos attentes. Le soldat en équilibre sur le dos de l’aigle avec l’épée des croisés dans sa main donne le sentiment de beaucoup de courage, de confiance et combien le soldat était jeune, et l’aigle en bronze avec les ailes étendues et la queue dirigée vers le bas alors qu’il atterrit sur le piton lui donnent toute la sensation de force et d’endurance.»

* Devant les tribunes c’est le désordre, les groupes formant le cortège ne trouvaient pas leur place. Les drapeaux des différentes sociétés, celui des Fusiliers-Marins, de l’American Legion, ceux des Sociétés patriotiques se sont retrouvés très loin de l’emplacement prévu : devant les tribunes. Celle-ci avait été prise d’assaut par les photographes et opérateurs cinématographiques. M. Bodinier protesta véhémentement, il obtint gain de cause. Les glorieux étendards purent occuper la place qu’il leur revenait.
** Dans les tribunes, on réussit à se caser tant bien que mal. La créatrice du monument Mrs Whitney était placée entre les ministres, au premier rang.
Un incident est survenu dans les tribunes un communiste notoire de la région nazairienne, Laguevel, qui, voulant pénétrer dans les tribunes officielles sans carte, a frappé le commissaire de police, M. Rigoire. Il a été arrêté.
Quelques minutes de silence puis pendant que la musique des Équipages de la Flotte joua l’hymne américain le « Star Spangled Banner », le voile qui couvrait le monument tomba, le canon tonna, des bombes éclatèrent dans le ciel. De celles-ci sortirent des multitudes de drapeaux américains, français et des nations alliées. Ils furent lentement portés par le vent vers Villès-Martin. La foule applaudit.
Puis, assurée par la Société Colombophile, ce fut l’envol de pigeons voyageurs. L’un d’eux se posa sur le casque du soldat américain. Il n’en partira qu’après que M. Myron Herrick, l’ambassadeur des États-Unis aura pris place à la tribune pour prononcer son discours.
Sur l’initiative du Radio-Club de Saint-Nazaire, des hauts-parleurs ont été installés sur le boulevard de l’Océan, afin de permettre à la foule de mieux entendre les discours et concerts de la cérémonie.
Pendant l’inauguration – Collection Michel-C Mahé
La foule sur la plage – Collection Michel-C Mahé

« M. Herrick fit un discours* très élégant** qui a été reçu avec enthousiasme. Puis le Colonel Mott s’est levé et l’a relu, cette fois en français. Sa traduction n’était en aucun cas conforme à l’original ni sa prestation ***. Mais les gens l’ont reçu conformément au code des parfaites bonnes manières et tout s’est bien passé.»

* M. Myron Herrick s’exprima en anglais. La traduction sera assurée par le colonel américain Mott, la poitrine recouverte de décorations.
** Le discours de M. Myron Herrick, ambassadeur des États-Unis, fut assez virulent. Il s’attacha à montrer combien fausse est la légende qui représente l’Amérique comme dénuée d’idéalisme. Nous aborderons ce sujet dans le prochain article.
*** Un chroniqueur a noté, lui aussi, ce fait : « La traduction ne fut qu’une pâle image de l’original ».

« Alors M. Leygues fit un très pertinent discours d’acceptation pour la France, suivi du maire qui fit de même pour Saint-Nazaire. Un représentant d’une association d’anciens combattants a dit quelques mots et les discours étaient terminés.*»

* Il y eu cinq discours : M. Herrick, ambassadeur des États-Unis, M. Leygues, ministre de la Marine, M. Blancho, maire de Saint-Nazaire, M. Delaroche-Vernet, député de la Loire-Inférieure, M. Georgelin, président des Anciens Combattants.
Philippe Delaroche-Vernet est un homme politique français né le 10 novembre 1878 à Paris et mort le 12 septembre 1935 au Pecq (Seine-et-Oise).
Chef adjoint du cabinet du ministre de la Justice, il devient maire du Pouliguen et conseiller général. Il est député de la Loire-Inférieure de 1910 à 1919 et de 1924 à 1928, siégeant au groupe radical-socialiste.

« Les enfants des écoles entonnèrent une chanson composée pour l’occasion, appelée « Ils sont venus portés sur les ailes des aigles.» *, signe que la cérémonie prenait fin. À ce moment quatre clairons prirent place devant Mme Whitney, clairons levés. Monsieur Leygues fit un pas en avant et au nom de la France la fit Chevalier de la Légion d’honneur. Les clairons sonnèrent et les gens applaudirent, acclamèrent. Mme Whitney a été totalement surprise et sous le charme mais, comme toujours, gracieuse et charmante. M. Leygues lui fit un baisemain, les musiques ont de nouveau joué les deux hymnes nationaux et la foule commença à se retirer.
Pendant que nous étions sous le vélum attendant le départ des invités d’honneur, M. Herrick se fit pressant auprès de M. Leygues et lui demanda pourquoi il n’avait pas donné l’accolade avec la décoration. « Parce que, répondit le Français, je ne suis pas membre de la Légion d’honneur; et en plus, les clairons étaient trop près ! » « Eh bien, répondit M. Herrick, ils sont partis. » Alors M. Leygues a achevé sa tâche en embrassant Mme Whitney chaleureusement sur les deux joues**. Les Marines et les fusiliers défilèrent avec leur corps de fifres et de tambours et nous retournâmes à l’hôtel pour un bref répit avant le déjeuner.»

* C’est M. Henri Ploquin qui dirigea l’Harmonie Marceau, la Schola Cantorum (toutes deux direction Cadayé ) et les jeunes filles de l’École primaire supérieure. Ils exécutèrent la cantate : « Ils sont venus portés sur les ailes des aigles… », de M. Pierre Armor, musique de M. Henri Ploquin.
M. Pierre Armor , auteur nazairien, pseudonyme de M. Félix (Marie, René) Crespin, était secrétaire général de la sous-préfecture de Saint-Nazaire.
M. Henri (Prosper) Ploquin, né à Nantes le 19 septembre 1862, compositeur nantais, était professeur de solfège au Conservatoire de musique de Nantes. M. Ploquin fut nommé Officier de l’Instruction publique le jour même de l’inauguration.
Cette cantate mêle harmonieusement les motifs de la Marseillaise et de l’hymne américain.
I
Ils sont venus portés sur les ailes des aigles,
Pour combattre ceux qui, méprisant toutes règles,
Avaient, foulant aux pieds honneur et dignité,
Déclaré, sans merci, guerre à l’Humanité…
………………………………………………………..
Ils sont venus portés sur les ailes des aigles,
II
Ils sont venus, marchant en héros à la mort,
France, pour soutenir ton gigantesque effort,
Et jeter, pour toujours, loin hors de la frontière,
Le Hun qui rêvait d’asservir la terre entière.
………………………………………………………..
Ils sont venus, marchant en héros à la mort,
III
Paix à vos cendres mortelles !
Gloire à vos âmes éternelles,
O fils de Washington !
Qui, vous souvenant de Lafayette,
Vous levèrent tous sous la baguette
Du Président Wilson.
IV
Dormez en paix, ô fils de la Libre Amérique !
Car votre souvenir dans nos cœurs est gravé,
Monte dans la lumière, ô phalange héroïque,
Par qui le Monde fut sauvé !
V
Et nous, filles de ces petits soldats de France,
Dont le sang s’est mêlé dans de rudes combats,
Au sang de tes enfants, ô terre de vaillance !
Devant ce monument, inclinons-nous très bas.
VI
Souhaitons, en nos coeurs, que la guerre périsse,
Que sur le monde entier, une éternelle paix,
Naissant, pour l’avenir, du sanglant sacrifice,
Répande sur nos fils le fruit de ses bienfaits.
………………………………………………………..
Ils sont venus portés sur les ailes des aigles.
** Ce petit incident fit le tour des rédactions en France et aux États-Unis.
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