Mademoiselle L.

Dans la classe on n’entendait une mouche voler. Si un  adulte rentrait, les élèves se levaient d’un même élan et attendaient qu’on  leur dise de s’asseoir.

Les instituteurs étaient tout-puissants !  Les parents avaient confiance aux maîtres.
Toute sanction était, par principe, méritée. Se plaindre à nos parents ?  C’était l’assurance d’être doublement puni.

Du fait de la disposition des classes avec ce long  couloir, point besoin d’être conduit au directeur. Immanquablement toute mise à  la porte était sanctionnée par celui-ci qui donnait de temps en temps un petit  coup d’œil.

Je n’ai pas souffert, en vérité, de cette sévérité.  Nous suivions un ensemble de règles ce qui nous empêchait pas de faire des  bêtises.

Mademoiselle L.

Cette année là nous avions une nouvelle institutrice  Mademoiselle L. toute fraîche émoulue de l’école normale. Elle avait peut être  vingt ans et je la trouvais très belle.

Je me trouvais à côté de Gérard J. et nos coups d’œil  complices montraient que lui aussi n’était pas insensible à son charme.

Je me penchai vers lui et lui dit quelque chose à l’oreille.  Nous nous regardâmes et une moue de contentement illumina notre visage. Nous  étions tout les deux d’accord.

Notre manège ne passa pas inaperçu

<Mahé ! Viens ici !> me dit-elle

Je montai vers le bureau avec un peu de crainte mais ses  méthodes étaient plus douces que Madame G. et  je savais que je ne risquais pas de châtiment corporel.

<Alors, qu’as-tu dit à J.>

Je ne répondis pas et elle réitéra la question. Je pense  qu’elle était une fine psychologue et compris tout de suite que je ne souhaitai  pas répéter mes propos devant toute la classe.

<Tu viendras à mon bureau à la récréation !>

Vint l’heure de la récréation et je me présentai à son  bureau.

<Alors qu’as-tu dit ?>

Je fis non de la tête

<Alors écrit le !>

Et de mon écriture malhabile j’écrivis : « Vous  avez de beaux nichons »

Elle posa sa tête sur ses mains jointes poussa un soupir et  me dit :

<File en récréation !>

J’étais très heureux de m’en tirer à si bon compte et je rejoignis J.  qui m’attendait avec un peu d’inquiétude…

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