Rencontre

Rencontre

En ce mois de septembre 1972, j’étais à Toulon et je m’apprêtais  à effectuer un tour du monde à bord de l’aviso Escorteur « Commandant Rivière ». Le périple durerait
10 mois et les weekends précédents j’avais fait le voyage vers Saint-Nazaire en
train couchette pour passer un peu de temps avec Marlyse et mes parents.

J’avais décidé de passer ce dernier weekend à Monaco. Après les permissionnaires, je pris le train, meilleur moyen pour admirer les magnifiques paysages de la côte d’Azur. A  Monaco,  un petit hôtel bon marché fut rapidement trouvé et je commençai immédiatement ma visite de ce lieu mythique.

J’ai passé tout l’après-midi du samedi au musée océanographique et j’étais très intéressé par toutes les pièces exposées provenant des nombreuses expéditions du prince Albert 1er. A cette époque mes lectures étaient très orientées vers les expéditions telles que celle du Kon Tiki de Thor Heyerdahl,  l’Orénoque Amazone de  Gheerbrant Alain ou des
expériences de spéléologie hors du temps comme celle de Michel Siffre.

Je me rendis ensuite à la cathédrale. Là, je déambulai dans les nefs latérales admirant les vitraux.  Avisant une petite chapelle je m’arrêtai et m’assieds.

Une femme avec un fichu sur la tête était assise non loin. De temps en temps elle se retournait ; elle semblait attendre quelque chose. Je fermais les yeux, goûtant à la sérénité du lieu. Il y régnait un silence bienfaisant, ponctué  de temps en temps par le jacassement de quelques touristes trop bavards, quelques cris enfants, de portes qui se ferment lourdement. Je me disais qu’un navire n’est jamais silencieux, le ronronnement des machines, des groupes électrogènes, les vibrations produites par l’hélice créaient un univers sonore permanent. J’avais oublié ce qu’était le silence.

Le cliquetis de l’ouverture d’une petite porte dérobée, sur la gauche de la chapelle, me fit tourner la tête. Je vis entrer un couple et trois enfants.  Un prêtre vint à leur rencontre en tenue de cérémonie. La femme  au fichu se leva, je fis de même. Quelle fut ma surprise de me trouver alors à quelques mètres de la famille princière. Le prince Régnier, Grace Kelly, Caroline, Albert et Stéphanie.

La princesse Grace nous sourit avec un léger hochement de tête ; nous fîmes de même. Quelle grâce, quelle classe, quelle élégance, je ne pouvais pas détourner mon regard de cette femme tant elle était belle.

La cérémonie ne dura que quelques minutes, il  s’agissait je pense d’une simple bénédiction, et  ils sortirent comme ils étaient venus.

Je restais là, debout, un peu effaré de cette apparition soudaine et la première pensée fut pour ma mère qui suivait toutes les péripéties des familles princières sur Paris Match et à la télévision et avait une admiration particulière pour celle de Monaco.

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