La salle des fêtes des Chantiers de Penhoët (1920 – 1938)

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L’école d’apprentissage des chantiers de Penhoët (1922 à 1938) – La distribution des prix.

La salle des fêtes du Chantier de Penhoët (1920 – 1938)

 

VueChantiers1921salleReunionNumMCMLe Chantier de Penhoët en 1921 – (1) Salle de réunion ; (2) Restaurant coopératif

 

CoursDeGym1930Cours de gymnastique en 1930 avec dans le fond la salle des fêtes, à droite le restaurant coopératif.  Collection Pierre Viogne.

 

La salle

Avec cette salle, le chantier se dotait d’un outil intéressant pour le développement culturel au sein de l’entreprise et même au-delà.
Elle était située à l’extrémité sud du chantier à proximité du restaurant coopératif ouvert pour les ouvriers à cette même période.
Sa vocation première était une salle de lecture et de correspondance pour les ouvriers. Mais très vite elle fut adoptée et fréquentée par un grand nombre pendant les heures de repos, deux mille six cents et deux mille sept cents ouvriers entre le 10 février 1917, jour de son ouverture, et les premiers jours de mai de la même année, un succès pour les organisateurs.
Les uns venaient lire, d’autres écrire, se distraire avec des jeux mis à leur disposition, d’autres enfin se promener, fumer, deviser ; des ouvrières amenaient leurs ouvrages de coutures.

Elle faisait quarante mètres cinquante sur quinze mètres. Le sol était en ciment recouvert d’une fine couche de sciure de bois pour rendre la marche plus silencieuse. L’éclairage était électrique et le chauffage assuré par un calorifère. Tables, chaises et fauteuils en nombre suffisant complétaient l’équipement.
Elle était dotée d’une bibliothèque de près de quatre cents volumes à sa création : littérature, théâtre ancien et moderne, romans, histoire, sciences, arts ainsi que des revues littéraires et artistiques, journaux, modes etc. Les ouvriers belges y trouvaient leurs journaux et revues. Le tout mis gratuitement à la disposition des ouvriers.
Cet équipement perdurera car il en est fait état en 1931 dans une chronique relatant le banquet des techniciens anglais de l’aéronautique et de la marine en visite à Saint-Nazaire.

Dès sa création l’administration envisageait d’y donner des concerts, des représentations théâtrales et cinématographiques, des bals, des banquets à l’occasion du lancement des bateaux, des kermesses, des arbres de Noël… Après la guerre, elle fut équipée d’une scène de théâtre.

Appelée en 1917 salle de réunion, vers 1922 elle prit le nom de salle des fêtes. À partir de cette période les chroniqueurs en font quelques descriptions et aiment user de superlatifs :
« Elle était située à l’extrémité sud du chantier, au fond d’une allée, était ornée d’une quadruple rangées d’arbres, un bâtiment coquet dont la façade était cachée sous le lierre et les plantes diverses. »
« Dans ce local vaste et magnifique »,  « …dans l’immense salle des fêtes de notre chantier… »
Le fait qu’elle était éclairée à l’électricité marquait les chroniqueurs : « une salle ruisselante de lumières électriques », « À l’intérieur, féerie des centaines d’ampoules électriques… ».
Il faut dire que l’électricité, à cette époque, était l’innovation par excellence.

Les matinées musicales

Des matinées musicales et théâtrales étaient organisées par la Lyrique-Amateurs du chantier, le dimanche, à 14h30. Elles étaient gratuites mais réservées exclusivement au personnel, ouvriers et employés, du chantier.
Pour la sixième matinée, le 22 janvier 1922, on peut donc supposer qu’elles ont été organisées dès 1917, la salle était comble, mille cinq cents personnes s’étaient donné rendez-vous.
Pour cette occasion, La Lyrique-Amateurs s’était assuré le concours de plusieurs sociétés théâtrales et musicales. Au programme la pièce de M. Brieux, Blanchette, interprétée par les artistes amateurs du Groupe théâtral de l’Université Populaire et différents morceaux exécutés par l’Union Méan-Penhoët et l’Union Orphéonique dont un chœur à quatre voix, Les Paysans, du chœur de Saintis. Les décors avaient été fournis par le directeur de l’Athénée et du Palace Théâtre de Saint-Nazaire, M. Salmon.
C’était une tradition dans ce genre de manifestation, quelques jeunes filles et jeunes gens ont fait une quête pour les pauvres qui rapporta une somme élevée.

Cette même pièce Blanchette avait été présentée une semaine avant pour les nazairiens, soit le dimanche 15 janvier, à la matinée artistique de l’Union Méan-Penhoët par le Groupe théâtral de l’Université Populaire en présence de beaucoup de personnalités nazairiennes.

Les banquets

Elle était mise à disposition pour des manifestations extérieures au chantier, quelques exemples :
Pour le dîner des gymnastes, des notables et de la presse à l’occasion du seizième concours et championnat des sociétés de gymnastique de l’Ouest, en août 1922. Le Restaurant Coopératif du chantier attenant à la salle a assuré le repas de près de six cents convives.
Et aussi pour des banquets notamment celui de l’inauguration du monument aux morts de Saint-Nazaire en novembre 1924 et qui réunissait environ trois cents convives. La salle fut mise à disposition à titre gracieux
En 1926, pour le banquet du congrès de l’Union départementale des Sociétés de Secours-Mutuels de la Loire-inférieure Le Restaurant Coopératif a confectionné un menu pour quatre cents convives.
En 1931, lors de la visite des techniciens de l’aéronautique et de la marine en visite à Saint-Nazaire, le banquet réunissaient trois cent quatre-vingts couverts.
En 1932, pour le banquet du congrès de l’Union départementale des Sociétés de Secours-Mutuels. Pour la petite histoire notons que le prix de celui-ci, toujours servi par le Restaurant Coopératif, était de dix-huit francs. Au menu : quatre hors-d’œuvre, poisson, deux plats de viande, un légume, salade, dessert, café, fine champagne.

Les banquets officiels avaient lieu au Grand Hôtel, 36, rue Ville-ès-Martin, mais pour le lancement du croiseur-école Jeanne-d’Arc, le 14 février 1930, un banquet de deux cent trente couverts a été servi dans la salle des fêtes, par les soins de M. Meng, propriétaire du Grand Hôtel.

Les remises de prix de l’école d’apprentissage

Elle était aussi utilisée chaque année pour la remise de prix de l’École d’apprentissage. Une invitation était alors faite par voie de presse à toute la population nazairienne.

Le cérémonial était immuable :
1) – Le discours d’ouverture, d’une bonne tenue littéraire selon les chroniqueurs de l’époque, généralement fait par le directeur du chantier, moment très attendu par les nazairiens car le directeur faisait un point sur les questions du moment, sur la situation du chantier et parlait d’économie locale, nationale et internationale.
2)- La lecture du palmarès, faite par une personnalité, était entrecoupée de pièces musicales.
3)- Faisait suite un spectacle donné par les artistes locaux de l’Université Populaire avec des chants lyriques généralement accompagnés au piano, des soli de violon, des spirituelles fantaisies, des chansonnettes et monologues etc…
4)- A l’issue de la cérémonie un vin d’honneur était offert par la direction aux officiels.

La décoration de la salle

La décoration de la salle pour ces manifestations était, selon les chroniqueurs de l’époque, sobre et de bon goût, le plus souvent avec des drapeaux multicolores, tricolores et des oriflammes.

Pour le banquet, en 1931, des techniciens anglais de l’aéronautique et de la marine en visite à Saint-Nazaire on mit les petits plats dans les grands :
« La salle des fêtes du chantier de Penhoët est magnifiquement décorée de drapeaux et de pavillons maritimes. Des plantes vertes mettent une note de fraîcheur dans cette floraison d’étendards multicolores. L’argenterie et les cristaux se mêlent aux fleurs. Sur les tables blanches il y a trois cent quatre-vingts couverts. On a déposé au fond du local près de la bibliothèque, des chaises pour les musiciens de l’Harmonie du chantier. »

Ou lors du lancement du croiseur-école Jeanne-d’Arc en 1930 :
« Une statue équestre de Jeanne-d’Arc figurait à la place d’honneur, derrière un amoncellement de plantes vertes et de draperies aux couleurs de l’héroïne.»

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