Centre d’apprentissage des Chantiers – Le préapprentissage

Le préapprentissage

Apprentissage

Photo C – Le centre d’apprentissage – (1) Entrée, (2) atelier de chaudronnerie,

(3) A l’étage : atelier de préapprentissage, (4) garage à vélos,

(5) salle de dessin, (6) toilettes,

(7) au rez-de-chaussée : réfectoire, à l’étage : administration et salles de classe,

(8) au rez-de-chaussée : atelier d’ajustage et de tournage, à l’étage : atelier de traçage coques, (9) salle des maquettes, vestiaires, douches, (10) marronnier,

(11) terrain de sport, (12) atelier de mécanique.

Les trois premier mois étaient consacrés au préapprentissage. On nous donnait les bases communes à tous les métiers.

L’atelier (C-3) était situé au premier étage de l’atelier de mécanique (C-12). Nous y accédions par un escalier métallique le long de l’atelier de chaudronnerie (C-2).

De chaque côte de l’allée centrale, des rangées d’établis, chacun muni, sur le dessus, d’un petit bac d’huile pour l’entretien de nos outils ; d’un gros étau à pied et d’un grand tiroir pour ramasser nos outils ; dans le fond, le bureau des moniteurs et les fraiseuses ; sur la droite, côté Loire, des tours, il me semble actionnés par un système de courroies ; à droite de l’entrée, la perceuse à colonne.

La période de préapprentissage terminée les ajusteurs de première année investissaient le lieu.

Nous avions des moniteurs et aides moniteurs pour s’occuper de nous. Ces derniers étaient de jeunes ouvriers sortis depuis quelques années et qui avaient été remarqués pour leur sérieux et leurs compétences.

Apprendre à frapper est certainement l’un des apprentissages qui nous a marqué le plus. Lorsque j’interroge mes camarades, c’est la première chose qui leur vient à l’esprit.  Nous placions une tige soudée sur une plaque dans le gros étau à pied et nous frappions sur son extrémité au marteau. Le premier exercice se faisait yeux grands ouverts puis dans un second temps, au signal, nous regardions en l’air enfin lorsque nous avions atteint une certaine dextérité nous le faisions les yeux bandés. Par les coups répétés la tige finissait par faire un champignon.

Nous avons appris à tracer, au compas et au réglet, différentes figures géométriques sur des plaques de tôles, préalablement recouvertes de sanguine et séchées à l’air.

Il me semble que l’un des premiers exercices que nous faisions à la lime c’est la réalisation de tourillons. Après avoir tracé le diamètre désiré sur le bout d’un fer carré pris verticalement dans l’étau et éliminions le surplus de matière, la lime perpendiculaire au fer plat, une main aux extrémités en faisant des mouvements circulaires pour venir tangenter le tracé.

J’ai quelques souvenirs de moments difficiles lorsqu’il fallait dresser à la lime des surfaces que nous passions au bleu sur un marbre pour localiser les zones à travailler. Puis les choses se sont compliquées, deux faces dressées perpendiculaires entre-elles  pour terminer par la réalisation de cubes dont chaque face devait être parfaitement dressée et toutes perpendiculaires les unes aux autres.

C’est alors qu’un problème est apparu. Je souffre d’un excès de sudation sur la paume des mains et pour mon malheur avec une sueur très acide. Conséquence : mes pièces d’acier étaient couvertes d’une très fine couche de rouille, au bout de quelques jours, si je passais la paume dessus et l’empreinte de mes doigts apparaissait là où je les tenais. Il semblait difficile à mes moniteurs que je fisse le métier d’ajusteur.

Autres outils dont nous apprenions le maniement : le burin avec lequel nous cassions l’arête d’un fer plat, tracée à la sanguine, le plus droit possible ; le bédane en réalisant des mortaises régulières sur un morceau d’acier, exercice qui demande de la dextérité car une plongée dans le métal est vite arrivée ; la scie à métaux, ah ! Dieu que c’était difficile dans les premiers temps de suivre parfaitement le trait… avec une surface bien plane et perpendiculaire à la face d’attaque, le mouvement de la scie et du bras devait être constamment dans le plan de coupe.

J’ai souvenir de l’odeur caractéristique de  l’huile de coupe utilisée lors de nos exercices de perçage à la perceuse sensitive d’abord puis à colonne.

Ensuite ont suivi les exercices de filetage, de taraudage et les premiers rudiments d’affutage des outils.

A la fin de la semaine nous nettoyions et huilions proprement nos outils.

Les exercices au  préapprentissage étaient très complets et ils avaient deux fonctions : apprendre les gestes élémentaires nécessaires pour la pratique d’un métier et évaluer nos capacités manuelles pour nous orienter efficacement. Nous pouvions choisir entre : chaudronnier, tourneur, fraiseur, ajusteur ou traceur de coque. C’est vers ce dernier que j’avais mon choix et il fut exaucé.

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