Les Goélands Nazairiens – La naissance de la société

Info : Vous savez toute l’importance que je donne aux rencontres avec mes lecteurs.
Nous avons la possibilité de nous rencontrer et de discuter lors de la conférence que j’anime le jeudi 12 avril à 14 h 00, « Voyage de Rozé à Nantes à bord de la Jeune Félicité en 1855 » ; salle des Dunes à Saint-Brevin-les-Pins, proposée par l’Association Brévinoise de Généalogie

Les Goélands Nazairiens

La naissance de la société

La société « Les Goélands Nazairiens » a tenu sa première assemblée générale le dimanche 23 mars 1924 à son siège social, dans le local de la Ligue contre l’Alcoolisme*, 10, rue du Prieuré à Saint-Nazaire.
Le pilote major Unsworth** a été à l’initiative de cette nouvelle société qui se présentait comme une société d’entraînement à la natation, water-polo, canotage et autres sports nautiques et maritimes. Ses couleurs étaient un goéland sur bleu et noir, et elle était affiliée aux Fédérations de Natation, de Sauvetage et d’Aviron de France.
Elle a été déclarée le 8 octobre 1924 au Journal Officiel avec parution le 16 octobre 1924.
Bureau constitué lors de l’Assemblée générale de mars 1924 : M. Unsworth, président, M. Ploquin***, secrétaire général, M. Jean Secté, trésorier****.

* Le siège de la Ligue contre l’Alcoolisme, l’Étoile bleue. Président M. Campredon.
** M. Unsworth, capitaine au long cours, pilote major, chevalier de la Légion d’Honneur.
*** M. Ploquin habitait 14, avenue de l’Église à Méan.
**** Un Comité directeur de dix membres actifs seniors et de cinq titulaires était élu en assemblée générale, pour trois ans, renouvelable par tiers chaque année. Il élisait son président, trois vice-présidents, un secrétaire général, un trésorier et les chefs d’équipes sportives.
Les adhésions se faisaient suivant trois catégories :
– les actifs avec les seniors, âgés de plus de 18 ans, qui payaient un droit d’entrée de 2 francs une cotisation de 3 francs par mois ; les juniors, droit d’entrée de 1 franc, cotisation 1 franc.
– les membres fondateurs avec une cotisation de 20 francs l’an au minimum ;
– les membres bienfaiteurs : 50 francs l’an au minimum.
Ses ressources étaient : les cotisations payées d’avance ; les subventions du gouvernement, du département et de la ville ; les dons particuliers ; les fêtes et galas organisés par la société.
Les insignes et costumes étaient payés par ceux qui les portaient.

Dans un premier temps, ils se bornèrent à pratiquer la natation et le water-polo, avec dans l’esprit, la prochaine saison, d’aborder l’aviron et le yachting. Pour ce faire, il faudra trouver les investissements pour acquérir les bertons, skiffs et yoles de mer.

A) Angle quai Wattier et Commerce ; B) Sas de la Nouvelle Entrée. Collection Michel-C. Mahé.

 

Sas de la Nouvelle Entrée. Collection Michel-C. Mahé

Les premières prestations

Les premiers matches de water-polo

Elle organisa son premier match de water-polo le dimanche 8 juin 1924, à 10 heures, dans le bassin de Saint-Nazaire, à l’angle des quais Wattier et du Commerce.
Puis le deuxième, le dimanche 22 juin 1924 qui déplaça près d’un millier de spectateurs. Ce sport était nouveau pour les Nazairiens et l’engouement fut immédiat. Ce qui faisait dire à un chroniqueur qu’il était en passe d’éclipser les autres exercices athlétiques estivaux.
Les deux premières équipes du club s’affrontèrent, une menée par Beltz* et l’autre par Barbier**. Cette dernière gagna par 2 buts à 1.

* Beltz. – Des Enfants de Neptune, club de Tourcoing, plongeur émérite et joueur de water-polo.
** Barbier. – Ex-champion de la marine, 2e du championnat de Bretagne, joueur de water-polo.

Championnats du club –Natation et plongeons

Le dimanche 29-06-1924, championnats du club*, dans le sas de la Nouvelle Entrée des bassins de Saint-Nazaire**

* Résultats des épreuves :
Natation :
50 mètres juniors : 1. Le Dreff, en 51″ 3/5 ; 2. Bersihand, à 2 longueurs ; 3. Durand ; 4. Potiron ; 6. Poilbout ; 6. Olliveri.
100 mètres seniors : 1. Barbier, en 1′ 46″ 3/5 ; 2. Degré, à 8 mètres ; 3. Garré ; 4. Boulet ; 5. David.
400 mètres juniors : 1. Bersihand, en 9′ 42″ ; 2. Potiron, à 10 mètres ; 3. Douaud ; 4. Le Dreff.
400 mètres seniors : 1. Barbier, en 8′ 30″ 3/5 ; 2. Cariou ; 3. Garré ; 4. Vallée.
Concours de plongeons :
Juniors : 1. Poilbout. 2. Potiron, 3. Eon, 4. Bersihand ;
Seniors : 1. Beltz (hors-concours), 2. Bonlé, 3. Barbier, 4. Degré, 5. Cariou. Ouest-Eclair 1924-07-04 (Numéro 8298)
** Mis gracieusement à leur disposition par M. Tixador, commandant du port.

Gala Marine nationale – Goélands Nazairiens

Dimanche 13 et lundi 14 juillet 1924, gala Marine nationale – Goélands Nazairiens organisé par le Comité des Fêtes du Vieux-Quartier* dont la fête coïncidait avec les réjouissances de la Grande semaine maritime de la Basse-Loire.**
Les épreuves*** étaient dotées par la Ligue maritime et coloniale ainsi que par le Comité des Fêtes du Vieux-Quartier.

* Le Vieux-Quartier que l’on appelle maintenant le Vieux Saint-Nazaire ou surnommé le Petit Maroc.
** Ces fêtes étaient organisées par la Ligue maritime.
Cette société, fondée en 1890 et reconnue d’utilité publique en 1906, avait pour dessein de montrer aux Français la nécessité d’une marine militaire puissante et d’une marine commerciale prospère. Elle employait son activité à l’étude des améliorations et réformes nécessaires.
En 1908 elle regroupait 11 000 adhérents.
Vers 1890, la Ligue coloniale fut créée pour appuyer les efforts des coloniaux.
Après 1918, les deux ligues fusionnèrent et devinrent la « Ligue maritime et coloniale ».
Parmi les moyens de propagande que la Ligue employait, figurait la Grande semaine maritime, une fête annuelle de la mer, qui se déroulait chaque année sur un point différent du littoral.
Pendant huit jours, dans les villes adhérentes, des manifestations maritimes les plus diverses étaient organisées telles que régates, promenades en mer, congrès etc. L’escadre était présente.
*** Les épreuves.
Water-polo
Marine. – enseigne de vaisseau Le Coz (cap) ; matelot Myard et quartier-maître Leport, avants ; enseigne de vaisseau Jouin, demi ; matelots Boitard et Ascouët, arrières ; matelot Darras, but.
Goélands Nazairiens. –
Barbier, Leymau et Boulay, avants ; Betz (cap), demi ; Poisson et Le Dreff, arrières ; Garré, but.
Score 4 à 1 pour les Goélands.
L’enseigne de vaisseau Le Coz, était avant-centre de l’équipe première de football du stade Quimpérois.
Le quartier-maître Leport, champion de Bretagne et de France, des 100 mètres et 1500 mètres, vainqueur de la traversée de Rennes à la nage etc.
Natation
100 mètres (finale) : 1. Le Port (Marine) ; 2. Barbier (G. N.) ; 3. Boulay (G. N.) ; 4. Bersihand (G. N.) ; 6. Porquerey (marine)
400 mètres : 1. Le Port (Marine) ; 2. Potiron (G. N.) ; 3. Garré (G. N.) ; 4. Gourichon (Marine) ; 5. Vallée (G. N.) ; 6. Boitard (Marine) ; 7. Droneau (G. N.) ; 8. Nagès (Marine).
Concours de plongeons
1. Loubatié (Marine) ; 2. Beltz (G. N.) ; 3. Myard (Marine) ; 4. Poilbout (G. N.) ; 5. Jolon (Marine) ; 6. Maréchal (G. N.) ; 7. ex æquo Porquerey (Marine) et Droneau (G. N.).
Loubatié était champion de France militaire des plongeons et détenait plusieurs championnats d’athlétisme.

Matches de promotion du water-polo

Dimanche 17 août 1924, match de promotion du water-polo, esplanade de l’exposition à Nantes.
Une équipe de jeunes renforcée de joueurs parisiens en villégiature sur la côte contre les Goélands Nazairiens.

Dimanche 31 août 1924, match de promotion du water-polo*, dans le sas de la nouvelle entrée

* Équipe Barbier : Potiron, Droneau, Leymane, avants ; Barbier (cap.), demi ; David, Poisson, arrières ; Garré , but ; Maréchal, Eon, remplaçants.
Équipe Beltz : Poilbout, Boulay, Vallée, avants ; Betz (cap.), demi ; Le Dreff, Boucheton, arrières ; Seité, but ; Bersiband, Le Goueff, remplaçants.

Les championnats de Saint-Nazaire

Le dimanche 07 septembre 1924, les Goélands Nazairiens ont organisé les championnats de Saint-Nazaire*, auxquels ont pris part les nageurs de la Nazairienne**.
Les séries de natation se sont déroulées, le matin, à l’angle des quais du Commerce et Wattier. Les finales, le 1500 m nage libre et les concours de plongeons, l’après-midi, dans le sas de la nouvelle entrée.
Une petite phrase d’un chroniqueur montre que la montée en puissance de cette jeune société a créé des tensions au sein des sociétés sportives : « Ceux-ci (les Goélands Nazairiens) espèrent que leurs détracteurs se feront un devoir d’assister ou de prendre part à cette clôture de saison. »

* Résultats techniques :
50 mètres nage libre, juniors. — 1. Olivier, en 52″ 2/5 ; 2. Le Dreff ; 3. Poilbout ; 4. Reneaudineau ; 5. Toussaint ; 6. Olivry.
400 mètres nage libre, seniors et juniors. — 1. Droneau ; 2. Bersihand, en 8′ 9 ».
100 mètres nage libre, seniors. – 1. Droneau en 1′ 49″ ; 2. Boulay ; 3. Guého.
100 mètres nage dos, seniors. — 1. Barbier en 2′ 21 » ; 2. Potiron ; Le Dreff et Boulay abandonnent.
1500 mètres nage libre, – 1. Barbier ; 2. Potiron ; 3. Busson. Bersihand et Beltz abandonnent.
Concours de plongeons. – Seniors 1. Ex æquo, Beltz ef Barbier ; 3. Boulay ; 4. Droneau. – Juniors. – 1. Poilbout ; 2. Eon.
Après les diverses épreuves, Trial René, de la Libellule de Paris, champion de France militaire 1920, recordman de France du 250 mètres relais, champion d’Espagne de 100 mètres nage libre et sélectionné olympique, a fait une splendide exhibition. Il intégrera à partir de 1925 les Goélands Nazairiens et son épouse à partir de 1926.
Photo : René Trial – Crédit BNF – Gallica
** La Nazairienne, (ne pas confondre avec l’harmonie Nazairienne) président M. Legendre. La plus ancienne société de tir, de gymnastique et de préparation militaire créée le 15 mars 1885. Noms des fondateurs et présidents : MM. de kerviler, Elie Creston, Fronteau, Fonteneau, Guillouët, Francis Fouché, Adrien Guillet, Evain, Louis Joubert, Victor Loyer, Sorel, Joseph Creston.

La création de nouvelles sections

À l’assemblée du mardi 21 octobre 1924*, au siège social, maison du ligueur, rue du Prieuré, il fut décidé de la constitution d’une section d’aviron ainsi qu’une section féminine  » administrée avec la plus grande régularité, afin qu’il n’y ait prise à aucune critique au pont de vue de moralité ». La direction technique sera assurée par Mme Trial**, capitaine de water-polo du Sporting Club Universitaire de France (S.C.U.F.) de Paris, femme de M. Trial, international, du S.C.U.F. de Paris.

* Le bureau : M. Unsworth, président, MM. Campredon et Robard, vice-présidents ; M. Ploquin, secrétaire général ; M. Jean Secté, trésorier ; MM. David, trésorier adjoint et Bonnier, secrétaire adjoint.
** Cette petite phrase, qui sera répétée dans chaque annonce de la création de cette section dans la presse, montre les difficultés rencontrées par les femmes pour exercer ce sport. En 1925, lors de la Coupe du Sporting Club Ouest, la course de dames, un 100 mètres, ne réunissait que deux concurrentes. L’épreuve était hors challenge, mais selon le chroniqueur « le style a été plaisant et gracieux ».
*** M. Trial et Mme Trial, à cette époque, résidaient à Pornichet.
La salle de la Jeunesse

Soirée dansante

Le 13 décembre la société a organisé une soirée dansante à la salle de la Jeunesse. Au programme : un buffet bien garni ; l’orchestre Doucet*, un intermède pendant l’entracte où les comiques Gaët, Trame et Hersoche (Hervoche ?) goélèrent la « Goélante » « dont le refrain fut repris en chœur » et aussi «la prise de Goélambourg », de Gaët, et chanté par l’auteur qui restera, selon un chroniqueur, dans les archives de la société.
Pour éviter à certains de faire tapisserie, des poules « à la vache » et « à la « manille » ont été organisées et dotées de prix. Une quête fut faite au profit de l’oeuvre antituberculeuse.

* L’orchestre Doucet, très prisé par les Nazairiens, animait bon nombre des soirées dansantes des sociétés entre 1921 et 1933.
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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – La course cycliste internationale

Le monument américain – La genèse
Le monument américain – Premières critiques
Le monument américain – L’accomplissement
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’organisation
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les Nazairiens se mobilisent
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – En marge des fêtes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Veille de fêtes – Autour des escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin – Voyage des personnalités vers Saint-Nazaire
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les protagonistes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – La soirée des ministres à La Baule
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes
Le Vélo-Club Nazairien en 1926
Le quartier de Prézégat autour de 1926
Le Vélo-Sport Prézégat en 1926

Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – La course cycliste internationale

Dimanche 27 juin *, la journée au fil des heures

3 heures du matin : place Carnot, départ de la course cycliste internationale (260 km) à courir sur un circuit de 20 km : challenge du Comité des Fêtes franco-américaines.
8 heures : salves d’artillerie.
9 heures : concours de chiens policiers, de travail et de luxe.
9 heures : courses de natation, organisée par la Société Goélands Nazairiens, dans le bassin de Saint-Nazaire
9 heures 30, départ des fusiliers-marins de leur cantonnement pour se rendre à la gare pour Lorient.
10 heures : grand concert place Carnot, avec le concours de la Musique municipale de Nantes (114 exécutants).
11 heures : arrivée de la course cycliste, boulevard de Lesseps.
14 h 00 : grand cortège des Reines de Saint-Nazaire, avec la participation de tous les Comités de quartier, du Club des Treize, etc., des reines de la Presqu’île Guérandaise, le concours de nombreuses sociétés musicales de Nantes, de la région et de la Ville de Saint-Nazaire.
16 h 30 : concert au jardin public avec le concours de la Musique des équipages de la flotte.
17 h 00 : départ du croiseur américain Memphis.
21 h 00 : grand veglione, bataille de fleurs et de confettis sur le boulevard Président Wilson.
10 h 30 : immense feu : d’artifice.
— Grand bal sur invitation dans les salons du Grand Hôtel, avec le concours du Club des Treize.
— Grand bal populaire dans la salle des fêtes de la Chambre de commerce, quai Demange.
— Illuminations générales de la Ville.

* Durant le municipe de M. Vivant Lacour, en 1924, lors de l’inauguration monument aux Morts pour la patrie, des services religieux en musique ont été célébrés dans les diverses églises et au temple protestant. Pour les fêtes franco-américaines on assiste à une rupture avec cette pratique. Aucune cérémonie religieuse n’est prévue.
Course cycliste internationale 27 juin 1926 – circuit de 21 km 5

Le cyclisme étant un des sports les plus populaires en France, le Comité des Fêtes franco-américaines avait pensé insérer une course cycliste internationale dans son programme pour séduire les nombreux visiteurs, touristes et étrangers, qu’il espérait voir envahir Saint-Nazaire à cette occasion.
Contrairement à une course routière ordinaire qui va d’un point A, vers un point B et retour, elle se fit sur un circuit assez court, de 21 km 500, à couvrir 12 fois, soit une distance totale de 258 km, permettant aux spectateurs de suivre toutes les péripéties de la course et les efforts déployés par les participants.

Les meilleurs coureurs régionaux ont répondu à leur appel ainsi que des Parisiens de grande classe malgré le Tour de France* qui se courait au même moment.
Les engagements avaient été pris par les organisateurs par :
– les Parisiens, Pélissier**, Chiorda**, Beffarat**, Blanc-Garin**, Raffaitin, Mullon, Frémont et José Pelletier ;
– les Rennais, Archambault et Boisselle ;
– le Tourangeau, Robineau ;
– les Vendéens, Philippe, Perly, Dugué, Nicot ;
– les ex-Nantais, Bly frères ;
– les Brestois, Kerboul et Bourrigan ;
– les Nantais et autres « Peugeot », Piveteau, Guéquandeau, Halgand, Moisau, Mainguy, Chauvet, Latour et Chaurois ;
– les Nazairiens, Pouluais, Guiéneuf, Broussard, Chiaberge, Troffigué, Martin etc.

* Il s’est tenu du 20 juin au 18 juillet 1926 sur 17 étapes pour 5 745 km.
** Ne se sont pas présentés au départ.

Le départ eut lieu place Carnot à 3 heures du matin.
Les contrôles avaient été établis à la croix de Saint-Sébastien et au café des Tilleuls, à l’angle de la route de Saint-André et du boulevard Gambetta.

Elle a été mise sur pied par la sous-commission cycliste du Comité des Fêtes franco-américaines présidé par M. Marcel Hauton*, président du Vélo-Club Nazairien. Les deux clubs le Vélo-Club Nazairien et Vélo-Sport Prézégat ont collaboré ensemble pour son succès.

* M. Marcel Hauton, industriel, et président entre autres du V.C.N., possédait une manufacture de produits d’entretien, cires à parquets, fondée en 1873 par M. Arsène Hauton, son père. Elle se trouvait 9, 10, 11, rue Ville-Étable à Saint-Nazaire. Un des produits-phares de cette entreprise s’appelait le Brillant Oriental. M. Arsène Hauton avait mis dix ans de 1872 à 1882, pour le mettre au point.

 

Le Grand café et place Carnot (Photo antérieure à 1921)

Dès minuit, les salles du Grand Café se sont remplies et furent bientôt pleines. Au grand dam des serveurs qui ont déjà eu une journée très chargée.
Vers trois heures, la circulation était impossible place Carnot et rue Villès-Martin. À 3 h 22, M de la Villeboisnet*, président du Comité de l’Union vélocipédique de France**, donna le départ. Les tours se succédèrent. Des groupes de spectateurs avaient pris place dans les côtes et aux carrefours les plus importants.

* Il avait accepté la présidence de cette grande manifestation sportive.
Arthur Emmanuel Joseph Espivent de La Villesboisnet – Né le 17 ou 7 ( ?) mai 1872 à Leudeville (Essonne), fils d’Arthur Alexandre Espivent de La Villesboisnet et de Marie de Hennequin. Il était fils unique.
Il appartenait à une famille bretonne de vieille noblesse, apparentée aux d’Harcourt, de Goulaine, des Courtils, de Pozzo di’ Borgo, de Lesparre, etc.
Il fit ses études secondaires au Petit Séminaire Saint-Gaultier, prépara Polytechnique et accomplit son service militaire comme officier.
En 1900, il épousa Marguerite de Lanjuinais, née en 1875, qui lui donna quatre enfants, un garçon et trois filles : Arthur, Elisabeth, Nolwey et Brigitte. Le ménage vint s’installer à Sainte-Reine-de-Bretagne où aussitôt M. de La Villesboisnet en devint le maire.
Au début de la guerre, il commanda, en qualité de lieutenant de réserve, une compagnie de fantassins bretons et reçut son troisième galon. Puis il reprit sa place au Palais-Bourbon.
En 1918, il perdit son épouse, elle avait 43 ans.
Il fut maire de Sainte-Reine de 1900 ( ?) à 1931 ; conseiller général du canton de Pontchâteau 1900 ( ?) au 25 janvier 1931 ; député de ln 1re circonscription de Pontivy, Morbihan du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919.
Le 30 novembre 1930, il se présenta à l’Hôtellerie de Notre-dame d’Aiguebelle et fit sa demande au R.P. Abbé pour être Trappiste. Il est admis dans la communauté le 30 juin 1931 comme oblat de chœur puis comme novice. Il prononça ses vœux temporaires puis solennels. Il fit ses études de théologie et reçut l’onction sacerdotale le 18 septembre 1937. Le lendemain, il célébrait sa première messe à Lourdes. Il faut noter que le tissu lustré de sa chasuble provenait de la robe de mariée de sa défunte épouse.
Il était en religion Révérend Père Marie-Emmanuel de l’Ordre des Cisterciens de la stricte observance. Il mourut le 12 mars 1939.
** L’Union Vélocipédique de France fut fondée le 6 février 1881 à Paris. Elle devint la Fédération française de cyclisme le 20 décembre 1940.

Ce fut une très belle course où les régionaux ont battu les Parisiens. Louis Martin*, du V.C.N., fut l’égal des meilleurs et considéré comme le grand vainqueur moral de cette épreuve.
À l’arrivée, la foule brisa toutes les barrières, elle acclama Boisselle mais devint frénétique quand elle vit que Martin avait pris deux minutes à ses adversaires.
MM. Villeboisnet et Blancho** ont remis des gerbes et l’accolade aux deux vainqueurs.

Résultats : 1. Boisselle*** (Rennes) (sur Peugeot), arrivée à 11 h 25, moyenne : 32 km/h ; 2. Martin Louis (Saint-Nazaire), à 2 minutes ; 3. Mainguy (Nantes) : à 3 longueurs ; 4. Archambault (Rennes), à 3 longueurs ; 5. Frémont (Paris) ; 6. Pelletier (Paris) ; 7. Kerboul (Brest) ; 8. Chauvet (Nantes) ; 9. Mullon (Paris), etc.

* Martin Louis (V.C.N), champion départemental sur route 1925 et 1926.
1er à la Régionale de 90 km du Comité des fêtes du quartier de la route de Guérande.
4e Nantes-Saint-Nazaire-Nantes 1926.
2e au Grand prix Loizeau 1926 organisé par le Sporting Club Nantais.
** François Blancho (1893-1972), maire de Saint-Nazaire de 1925 à 1941, puis de 1947 à 1968.
Député socialiste de la Loire-Atlantique de 1928 à 1942 et de 1962 à 1967. Il fut sous-secrétaire d’État dans divers gouvernements entre 1936 et 1940. Il fut élu au Parlement européen de 1962 à 1964.
*** Léopold Boisselle, coureur cycliste, né le 14-06-1903 à Rennes, décédé le 15-03-1964 à Rennes. Professionnel de 1926-1932, a couru le tour de France en 1928/1929/1930.
Mme Boisselle, née Bellet est décédée, à 21 ans, le 13 octobre 1924. Ils habitaient rue Saint-Melaine à Rennes.

 


1926 – Rue Amiral-Courbet – A) Place Marceau ; B) Rue Henri Gautier (rue de Nantes, rue du président Wilson) ; C) Quai Chevreau, bassin de Saint-Nazaire ; D) Café du Ralliement. Collection Michel-C. Mahé.

Les membres du Vélo-Sport Prézégat et du Vélo-Club Nazairien se sont retrouvés, pour la distribution des prix de la course franco-américaine, le 2 septembre 1926, au café du Ralliement*, place Marceau.

* Café du Ralliement. Place Marceau. Tenu en 1923 par : M. Chenard Joseph ; 1934 : M. Boisseau . Ce dernier était un ancien élève de l’institution Livet et dans la salle des réunions trônait un portrait d’Eugène Livet, le père des Écoles Nationales Professionnelles. Ce café était le siège social de beaucoup de sociétés et maintes réunions y étaient tenues.

De tout le programme sportif mis sur pied par le Comité, seule, la course internationale fut pleinement une réussite.

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Le Vélo-Sport Prézégat en 1926

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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les Nazairiens se mobilisent
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – En marge des fêtes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Veille de fêtes – Autour des escadres
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Vendredi 25 juin – Voyage des personnalités vers Saint-Nazaire
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Les protagonistes
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – Le banquet
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – La soirée des ministres à La Baule
Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes
Le Vélo-Club Nazairien en 1926
Le quartier de Prézégat autour de 1926

Le Vélo-Sport Prézégat en 1926

La société Vélo-Sport Prézégat a été fondée le 15 novembre 1921 (parution Journal officiel) ; son siège était alors café Talourd, Prézégat, St-Nazaire (Loire-Inférieure). Son But : développer les forces physiques de la jeunesse.
Bureau en mars 1922 : M. Basseau, président d’honneur ; MM. Talourd, président actif ; Morand, vice-président ; Quintard, secrétaire et Couédic, trésorier.

Elle organisa sa première course, de 28 km et réservée à ses membres, le 19 mars 1922, sur le parcours : Saint-Nazaire, Escoublac, La Baule, Pornichet, Saint-Nazaire. Dès sa fondation le Vélo-Sport Prézégat a collaboré avec le Vélo-Club Nazairien pour organiser, ensemble, des courses.

Bureau du 30 décembre 1923 : MM. Lemouël*, président ; Talourd et Soupaud fils, vice-présidents ; Quintard, secrétaire-trésorier ; A. David, secrétaire adjoint ; Kergal père, capitaine de route.
Bureau du xx décembre 1924 : M. Jean Lemouël, président ; conseiller municipal ; MM. Talourd, docteur Loupault et Loisel, vice-présidents ; M. Quintard, secrétaire ; M. Haspot, secrétaire-adjoint ; M. David, trésorier ; M. Braine F., trésorier-adjoint ; M. Kergal père, capitaine de route ; M. Lemarié, commissaire général ; MM. Leray, Anézot et Allain, commissaires ; MM. Cadayé** et Haspot, sous-délégué sportif de l’Union Vélocipédique de France.***
Bureau avril 1926 : M. Michel, président****; 1er vice-président, M. Loisel ; 2e vice-président, M. Chevalier ; secrétaire, M. Quintard ; secrétaire-adjoint, M. Haspot ; trésorier, M. Lemarié ; secrétaire-adjoint, M. Bonneau.

* M. Jean Lemouël, était typographe, conseiller municipal socialiste, rédacteur au journal Le Travailleur de l’Ouest. Il se présenta sur la liste Parti Socialiste (S.F.I.O.), avec comme tête de liste M. Blancho, aux élections municipales du 10 mai 1925. Il fut élu et devint 2e adjoint.
** M. et Mme Cadayé sont arrivés à Saint-Nazaire en mars 1922. Ils étaient les propriétaires de la Chapellerie La Fayette, 42, rue du Palais à Saint-Nazaire.
Il avait abandonné une carrière artistique prometteuse à l’Opéra-Comique à Paris. Il devint, jusqu’à son retour à Toulouse comme co-directeur du Capitole en 1933, une personnalité importante dans la sphère musicale de Saint-Nazaire. Voir article  » Jean Cadayé – À la conquête de Saint-Nazaire » et les suivants.
*** Union Vélocipédique de France fondée le 6 février 1881 à Paris qui devint la Fédération française de cyclisme le 20 décembre 1940.
**** M. Lemouël a cédé la présidence après son élection aux municipales de 1925.

Les promenades

Le Vélo-sport organisait des promenades pour faire découvrir le cyclisme, telle celle du dimanche 14 mai 1922, dont le but était Pontchâteau.
Départ à 8 heures, « au Soleil »* rue Amiral-Courbet; arrivée à Pontchâteau, 11 heures, déjeuner**, visite du Calvaire ; retour à Saint-Nazaire, arrivée 7 heures « au Soleil ».
35 sociétaires prirent le départ.

* Le système heure d’été/heure d’hiver, existait déjà à cette époque. Il a été mis en place pour la première fois, pour l’heure d’été, dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 juin 1916, à onze heures du soir. Toutes les horloges publiques furent avancées d’une heure jusqu’à la nuit du samedi 30 septembre au dimanche 1er octobre 1916 où la procédure inverse donna l’heure d’hiver.
« Le but principal de cette mesure était d’économiser chaque jour une heure de lumière artificielle et, par conséquent, de réserver à la défense nationale une quantité considérable de charbon et de pétrole actuellement dissipée en éclairage inutile. »
Le système fut abandonné, le 14 août 1945, par le Gouvernement provisoire mais un décalage d’une heure est maintenu.
** Le déjeuner fut servi au Terminus Hôtel à 8 francs par tête et comportait le menu suivant :
Hors d’œuvres variés ; Merlu sauce hollandaise ; Tournedos madère ; Gigot rôti ; Flageolets maître-d’hôtel ; Salade saison ; Dessert ; Fromage – Fruits – Gâteaux secs ; Vins : blanc et rouge et cidre à discrétion ; Café, Fine.

Quelques courses organisées par le Vélo-Sport Prézégat en 1926

Dimanche 18 avril : Prix d’ouverture (club) * ;
Dimanche 23 mai : Grand prix J. L. Louvet ** ;
Dimanche 19 septembre : championnat sur route de 100 km pour la première catégorie et 60 km pour la seconde.

* Le Prix d’ouverture. Organisation de l’épreuve : Vélo-Sport Prézégat.
Circuit de 21.5 km : boulevard Gambetta ; boulevard de Lesseps ; route de Pornichet ; Saint-Sébastien ; les Quatre-Vents ; route de Saint-André ; boulevard Gambetta.
2e catégorie (les jeunes), couvert une fois (21,5 km). Départ et arrivée au parc des Sports du Plessis. 6 coureurs prirent le départ.
Résultats : 1er Bouillard, les 21 km 500, en 39’ 30″, sur bicyclette Alcyon ;
2e Leray Paul, à 20 mètres ; 3e Trigodet A., à 50 mètres; 4e Trigodet Henri, en 41’ : 5e Robert Ernest en 42’; 6e Crusson ; 7e Perrault ; 8e Bolani ; 9e Brihier : 10e Lubert.
1re catégorie (les as), couvert deux fois (43 km). Départ au café des Tilleuls, arrivée au Plessis.
10 coureurs prirent le départ.
Résultats : 1er Aoustin Joseph, les 43 km en 1 h 22, sur bicyclette Alcyon. 2e Anézo en 1 h 22’ 30’’ ; 3e Aoustin Edmond, en 1 h 27 ; 4e Leray Marcel ; 5e Riailland.
La gerbe fut remise à Aoustin Joseph par M. Blancho, Maire de Saint-Nazaire.
Prix d’ouverture 18 avril 1926 – Dessin Michel-C Mahé.
** Grand prix J. L. Louvet. Organisation de l’épreuve : maison de cycles, Peiny-Abraham avec le concours du Vélo-Sport Prézégat.
Engagements reçus chez M. et Mme Peiny , marchand de cycles, 28, rue Amiral-Courbet.
Course ouverte aux coureurs, aspirants, indépendants et débutants de la Loire-Inférieure et des départements limitrophes.
Circuit de 21,5 km : boulevard Gambetta ; boulevard de Lesseps ; route de Pornichet ; Saint-Sébastien ; les Quatre-Vents ; route de Saint-André ; boulevard Gambetta ; couvert six fois, ce qui fait une distance de 129 kilomètres mais parcouru en sens inverse.
Départ, boulevard Gambetta face au café des Tilleuls ; arrivée, boulevard de l’Océan, face au Café des Chênes. 14 coureurs prirent le départ.
1er Piveteau (U.C.N.), les 129 km en 3 h 52’ 30’’, (moyenne 33,36 km/h), sur bicyclette « Peugeot » ;
2e Halgand (V.S.N.), à une longueur, sur bicyclette « Peugeot » ; 3e Poulnais, à deux longueurs, sur bicyclette « Griffon » ; 4e Poulain, en 4 h. 06′ ; 5e Chiaberge; 6e Arnoult.

 

Grand prix J. L. Louvet – Dessin Michel-C Mahé.

 

Courses interclubs Vélo-Club Nazairien /Vélo-Sport Prézégat en 1926.

Les deux sociétés cyclistes nazairiennes, le Vélo-Club Nazairien /Vélo-Sport Prézégat, faisaient disputer des courses interclubs réservées à leurs coureurs.
Dimanche 6 juin : course de 90 kilomètres (Inter-club)* ;
Dimanche 20 juin : course de 90 kilomètres (Régionale)**.

* Course interclubs 6 juin.
Circuit de 90 km
35 coureurs prirent le départ.
1er Martin Louis (VCN), sur bicyclette Automoto ; 2e Poulnais (VCN), sur bicyclette Griffon ; 3e Aoustin (VSP), à la roue ; 4e Guiésneuf (VCN) ; 5e Bercegeay (VCN) ; 6e Anézo (VSP) ; 7e Bourrigan (VCN) ; 8e Savinat (VCN) ; 9e Louet (VCN), 1 crevaison ; 10e Troffigué (VSP) ; 11e Ravelli (VCN) ; 12e Poulain (VCN) ; 13e Leray (VSP) : 14e Bouillard (VSP).
** Régionale de 90 km du Comité des fêtes du quartier de la route de Guérande. Organisation de l’épreuve : Vélo-Club Nazairien /Vélo-Sport Prézégat.
Engagements reçus
Circuit de 90 km.
xx coureurs prirent le départ.
Résultats techniques :
1er Martin Louis, du (VCN), sur bicyclette Automoto, les 90 kilomètres ont été couverts par lui en 3 h (moyenne horaire, 30 kilomètres) ; 2e Guiésneuf, (VCN), sur bicyclette Automoto, à 100 mètres environ ; 3e Bourrigan, (VCN), à 1/2 roue ; 4e Anézo (VSP), Vélo-Sport Prézégat ; 5e Poulain (VCN).
Publié dans Histoire de Saint-Nazaire, Le cyclisme 1905-1938, Les quartiers, Saint-Nazaire entre 1920-1938 | 8 commentaires

Le quartier de Prézégat autour de 1926

À vos agendas :La conférence annuelle aura lieu le 17 février 2018 à la Médiathèque de Montoir. Elle est consacrée à M. Jean Cadayé, éminent chanteur de l’Opéra-Comique de Paris qui est venu à Saint-Nazaire, en 1922, pour exercer des talents de commerçant, de chef de musique, d’organisateur de festivités etc. Nous en profiterons pour écouter quelques extraits de tubes de l’époque.
Gratuit – réservation conseillée
Contact : mediatheque@montoirdebretagne.fr – tél : 02 40 70 11 51

Le quartier de Prézégat autour de 1926

Prézégat – Dessin Michel-C Mahé.

Prézégat était un hameau dépendant de Saint-Nazaire, à la limite de Trignac*, sur le chemin vicinal n° 20. On y parvenait par un mauvais chemin bordé de haies. Là, les maisons au toit de chaume sont nombreuses mais aussi quelques cabanes de bois**. Plus loin sur la butte, dominant le marais, un moulin ***.

* Trignac dépendit de Montoir-de-Bretagne, jusqu’au 1er janvier 1914, date où elle se constitua en commune.
** La crise du logement était endémique avant la Grande Guerre s’était considérablement aggravée après celle-ci. Beaucoup d’ouvriers ont résolu le problème. Avec leurs maigres économies, ils ont acheté un bout de terrain, des matériaux à la liquidation des stocks américains et construit eux-mêmes leurs maisons. On pouvait voir alors un peu partout mais principalement à la périphérie (rue de Pornichet, voisinage du Grand-Marais, routes de Guérande et de Saint-André, Prézégat, etc.) une quantité de maisonnettes en bois, de formes et dimensions variées. Quelques-unes étaient très coquettes et soignées.
*** En 1902, on connaît un M. David Auguste, meunier à Prézégat.
Prézégat de 1926 sur une vue actuelle – Photo Google Maps – Dessin Michel-C Mahé

Les habitants

Le hameau se composait alors de 137 personnes réparties dans 37 foyers comme suit :
Kergal (5) ; Mahé (1) ; Josse (1) ; Handebanle * (3) ; Morice (4) ; Dréan (7) ; Gourhand (2) ; Pilliani * (6) ; Huiban (4) ; Mignon (2) ; Noblet (4) ; Pierre (6) ; Dagorn (3) ; Colin (3) ; Chevalier (7) ; Rio (3) ; Berthe (1) ; Thoméré (2) ; Pierre (4) ; Heichette (7) ; Narvor (4) ; Rousseau (7) ; Couëdic (2) ; Briand (4) ; Le Coz (3) ; Layec (8) ; Rio (3) ; Couffin (2) ; Tassé (5) ; Pinczon (4) ; Morice (2) ; Briand (1) ; Cras (2) ; Moinard (2) ; Biveau (5) ; Lemarié (5) ; Texier (3).

* Orthographe à vérifier

Le commerce

Il y avait quelques commerçants :
1923 (liste non exhaustive) :
Guéno Louis, cabaretier ;
Paul Francis (Vve), marchande de beurre ;
Merlet Marie, mercerie.

1925 – 1927 (liste non exhaustive) :
Guéno Louis, Cabaretier ;
Paul Francis (Vve), marchande de beurre ; épicière
Tallourd, mercerie.

L’industrie

À quelques centaines de mètres du hameau, en Trignac, la Briqueterie du Prézégat et des Quatre-Vents*.

* Il en est fait état de 1905 à 1922 dans diverses publications. Elle était exploitée en 1922 par M. Sulzedo, domicilié à Paris, rue de Varennes.
Elle se composait d’importants bâtiments en briques, contenant deux fours, et de hangars en bois. Elle employait, en 1922, une vingtaine d’ouvriers. Elle subit, en 1921 et 1922, des graves incendies. La maison du propriétaire, M. Léon Tuleau, jouxtant le bâtiment fut épargnée.
M. Léon Julien Tuleau est né en 1853 et décédé en décembre 1926.
En 1921, sur le même site on fabriquait des allume-feux.

Les fêtes de Prézégat

Le Comité des fêtes du quartier de Prézégat organisa des fêtes à partir de 1921 puis en 1922, 1923.

Voici le programme de celle du dimanche 9 juillet 1922 :
13 heures – Courses de bicyclettes (12 km). Départ de Prézégat, La chaumière, Marsac, Trembly, Prézégat. Prix 40, 25, 15, 10 francs, une chambre à air ; engagement 2 francs ;
14 heures, – Course à pied (1500 m). Prix 10 et 8 francs, une paire de chaussures, 5 francs ;
14 h 30 – Course de bicyclettes (2 km), Droit d’engagement 1 fr 50, Prix 30, 20 et 10 francs ;
14 h 45 – Course de bicyclettes, consolation. Prix 15, 10 et 5 francs ;
15 h 15, – Exhibition de l’Ancêtre et du Moderne ;
16 heures, – Course en sac (chaque concurrent fournira son sac) ;
16 h 30, – Jeu de pots ;
17 heures, – Jeu de la poêle * ;
17 h 30, – Jeu des petits pains ;
17 h 45 – Course à la grenouille ** ;
18 heures, – Jeu du lait caillé.
Pour terminer la fête un grand bal champêtre fut organisé.
Pour les courses, les engagements étaient reçus chez MM. Tallourd et Couëdic, à Prézégat.

* Ce jeu consiste à prendre avec les dents une pièce de monnaie collée au fond d’une poêle enduit de noir de fumée. La figure des concurrents est rapidement toute maculée pour le plus grand plaisir des spectateurs.
** Les joueurs munis d’une brouette sans ridelles se plaçaient sur la ligne de départ.
Quelques secondes avant le départ, chaque joueur déposait sur le plateau le même nombre de grenouilles (trois ou cinq) puis au coup de sifflet courait vers l’arrivée sur une distance convenue.
Lorsqu’une grenouille s’échappait de la brouette, le concurrent devait s’arrêter pour la rattraper et la replacer avec les autres.
Le vainqueur était celui qui arrivait le premier avec tous ses batraciens.

 

 

 

L’électrification

L’électrification de Prézégat se fit vers 1930.

Le Vélo-Sport Prézégat

À partir de 1922, le hameau de Prézégat était omniprésent dans la presse grâce à son club cycliste le Vélo-Sport Prézégat.

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Le Vélo-Club Nazairien en 1926

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Le Vélo-Club Nazairien en 1926

 

Saint-Nazaire – A) Rue de Nantes* ; B) Établissement Hauton ; C) Cycles Peiny-Abraham, dépositaire Peugeot ;
D) Magasin Paris-Saint-Nazaire ; E) Quartier de Prézégat. Dessin Michel-C Mahé.
*La rue de Nantes devint en 1919 la rue du président Wilson puis en 1925 la rue Henri Gautier.

 

1926 – A) Vers place Marceau ; B) rue Henri Gautier (rue de Nantes , rue du président Wilson) ; C) Quai Chevreau, bassin de Saint-Nazaire ; D) Café du Ralliement ; E) Cycles Peiny-Abraham, dépositaire Peugeot ; F) Magasin Paris-Saint-Nazaire ; G) Magasin Belle-Jardinière. Collection Michel-C Mahé.
1926 – Bicyclette Peugeot Course Type Tour de France.
Cadre brasé raccords visibles ajourés taille 52 et 57 cm. – Roues de 70 cm, émail noir, bambou ou grenat au choix. – Pattes arrière renversées, papillons de blocage. — Moyeu arrière à 2 pignons dont un à roue libre. – Jantes acier demi-nickelées. — Pneus Dunlop. – Chaîne Lion Luxe. – Multiplication courante 44 x 18 x 16. – Guidon de course. – Freins Peugeot à câbles sur jantes avant et arrière. – Poignées longues caoutchouc. – Grosse pompe de cadre. – Sacoche avec outillage. – Selle spéciale de course. – Brochure Peugeot 1926.

 

Avant de parler de la course cycliste organisée lors des Fêtes franco-américaines, voyons ce qu’était le cyclisme à Saint-Nazaire en cette année 1926.
Deux sociétés se partageaient les sportifs et amateurs de cyclisme : le Vélo-Club Nazairien et Vélo-Sport Prézégat.

Le Vélo-Club Nazairien

La société Vélo-Club Nazairien a été fondée en ? .
Un avis de constitution paraît le 24 septembre 1909 dans le Journal officiel ; son siège était alors 87, rue de Nantes * à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Son but : développement du sport cycliste.
Elle était affiliée à l’Union Vélocipédique de France**
En 1910, son président était M. Coz ; son siège : 51, rue de Nantes***.
En 1925, son siège social est au Café Maritime, 11, rue Amiral-Courbet.

* Juin, cabaretier.
** L’Union Vélocipédique de France fut fondée le 6 février 1881 à Paris. Elle devint la Fédération française de cyclisme le 20 décembre 1940.
*** Péan Celestin, cabaretier.

Bureau constitué lors de l’Assemblée générale de janvier 1926 : Président M. Hauton Marcel *; vice-présidents : MM. Ordronneau, Périot ** ; secrétaire : M. Saleix ; secrétaire-adjoint : M. Quintin ; trésorier : M. Le Lannio Léon ; trésorier-adjoint : M. Bioret Louis ; commissaires : MM. Le Lannio, Quintin, Bastiste ; délégués des coureurs : MM. Poulain, Savina, Le Doucen.

 * M. Marcel Hauton, industriel, et président entre autres du V.C.N., possédait une manufacture de produits d’entretien, cires à parquets, fondée en 1873 par M. Arsène Hauton, son père. Elle se trouvait 9, 10, 11, rue Ville-Étable à Saint-Nazaire. Un des produits-phares de cette entreprise s’appelait le Brillant Oriental. M. Arsène Hauton avait mis dix ans de 1872 à 1882, pour le mettre au point.
** M. Pério tenait le café du Midi, avenue de Penhoët.

Quelques courses organisées par le Vélo-Club Nazairien en 1926 :

Dimanche 10 janvier : Cross cyclo-pédestre (club) * ;
Dimanche 14 février : Cross cyclo-pédestre (classement championnat départemental) ** ;
Lundi 7 mars : Course de 30 kilomètres (club) ;
Dimanche 4 avril : Prix « La Rafale » (Interrégionale) ***;
Lundi 5 avril : Brevet Militaire 50 kilomètres**** ;
Dimanche 11 avril : Le prix « Peiny-Abraham » ; *****
Vendredi 23 avril : Prix Peugeot (Nationale) ****** ;
Dimanche 16 mai : Brevet Militaire des 100 kilomètres **** ;
25 juillet 1926 : Grand prix « la Rafale » des jeunes. *******

* Cross cyclo-pédestre (club) ;
Le départ et l’arrivée se tenaient au stade du Plessis.
Le parcours était de 16 km environ, dont 7 km à travers champs.
7 coureurs prirent le départ.
1er Vaslin, en 48’ 45”, sur bicyclette Griffon, pneus Dunlop ; 2e Poulain, en 54′ 15”, sur bicyclette Roller’s, pneus Dunlop ; 3e Legal, à une longueur ; 4e Cavaro, en 56’30″ ; 5e Pézeron, en 56’ 55 » ; 6e Arnoult, en 1 h 02′.
** Cross cyclo-pédestre (classement championnat départemental) ;
Engagements reçus chez M. Périot, café du Midi, avenue de Penhoët.
Départ, à 10 h 30, café des Tilleuls, boulevard Gambetta.
Le parcours était de 18 km, dont 8 km environ à travers champs.
8 coureurs prirent le départ.
Arrivée, café des Chênes, boulevard de l’Océan.
Résultats techniques : 1 r Vaslin, en 49’, sur bicyclette Griffon ; 2e Poulain, en 51’ 32″ ; 3e Legal, en 53’ : 4e Pézeron, en 53’ 36’’ ; 5e Troffiguet ; 6e Arnoult ; 7e Lesage.
*** « La Rafale » Cette course était organisée par les Magasins « Paris-Saint-Nazaire », avec le concours du Vélo-Club Nazairien, et sous les règlements de l’Union Vélocipédique de France., Elle est ouverte à tous les coureurs licenciés, toutes catégories (sauf pour les professionnels).
Circuit de 120 km. Le parcours : Saint-Nazaire, Montoir, Donges, Savenay, Pontchâteau, La Roche-Bernard, Férel, Assérac, Saint-Molf, Guérande, Saillé, Le Pouliguen, La Baule, Pornichet, Saint-Nazaire.
L’arrivée était au café des Chênes, boulevard de l’Océan.
19 coureurs ont pris le départ.
1er Mainguy (Cholet), en 3 h 40. Moyenne horaire : 32,7 km/h, sur bicyclette Peugeot.
Circuit 120 km. – Dessin Michel-C Mahé.
**** Les brevets militaires étaient spécialement réservés aux jeunes gens n’ayant pas fait leur service militaire.
Brevet 50 km
Tout jeune homme qui faisait le parcours des 50 km en moins de 2 h. 30, avait droit à un brevet cycliste signé du ministre de la Guerre.
Engagements reçus chez M. Robinet, café d’Orléans, 6, rue de la Paix, Saint-Nazaire
Circuit 50 km ; 1 fois (boulevard Gambetta, route de Pornichet, Saint-Sébastien, les Quatre-Vents, route de Saint-André, Boulevard Gambetta) ; plus 2 fois (route de Guérande, Lęs Quatre-Vents, route de Saint-André, boulevard Gambetta).
12 coureurs ont pris le départ.
1er Aoustin J. (Vélo-Sport Prézégat) en 1 h 46 (28,3 km /h) ; 2e Poulnais (V.C.N.) ; Rolandeau (V.C.N.) ; 4e Mahé ; 5e Bouillard (V.C.N.) ; 6e Louet ; 7e Arnoult ; 8e Guillé.
Brevet 100 km
Circuit 50 km couvert deux fois.
7 coureurs – Course contre le montre
1er Poulnais Gaston, en 3 h 14’ Ι0’’ (moyenne, 30 90 km/h), sur bicyclette « Griffon », pneus Dunlop.
2e Bourigan, en 3 h 14’ 30’’ ; 3e Delatre, en 3 h 19’ 05 » ; 4e Anézo, en 3 h 38″ ; 5e Lerock, en 3 һ 50′.
Circuit de 50 km : 1 fois le rouge plus 2 fois le bleu – Dessin Michel-C Mahé.
Ces brevets avaient été créés pour encourager les jeunes gens à travailler à leur éducation militaire avec l’assurance que l’autorité militaire en tiendrait compte. Cette dernière avait passé des accords avec l’Union Vélocipédiste de France (U.V.F.) et l’Union des Sociétés de Tir de France pour son organisation.
Ce qui suit est extrait du règlement l’Union Vélocipédiste de France de 1909. Il a suivi des évolutions par la suite.
Les représentants de l’U.V.F. de chaque département sous le contrôle sportif de l’Union devaient organiser au moins une épreuve par an pour l’obtention des brevets militaires de 50, 100, 150 kilomètres.
Le brevet de vélocipédiste était délivré « à tout unioniste ayant couvert 100 kilomètres sur route, sans entraîneurs ni soigneurs, ni suiveurs d’aucune sorte, et avec machine plombée, dans un délai maximum de 5 heures. ».
Le petit brevet devait être couru sur 50 kilomètres en moins de 2 h. dans les mêmes règlements et conditions que les épreuves du brevet de vélocipédiste de 100 kilomètres.
Le brevet routier devait être disputé sur la distance de 150 kilomètres. Ces derniers devaient être parcourus en moins de 10 heures sans entraîneurs sous les mêmes règlements et conditions que les brevets précédents.
En accord avec l’Union des Sociétés de Tir de France, l’U.V.F. organisait aussi un brevet militaire d’estafette cycliste. L’épreuve comportait un parcours cycliste de 60 kilomètres à effectuer en moins de 5 heures, avec des machines plombées, un examen de topographie et un concours de tir comprenant :
1° Un tir au fusil Lebel à 200 mètres ;
2° Un tir au revolver d’ordonnance à 20 mètres.
L’itinéraire était connu au dernier moment et n’était pas le même pour tous les concurrents.
Ils devaient passer, une petite épreuve de montage et démontage de certaines pièces de leur machine.
***** Le prix «Peiny-Abraham ». de la maison de cycles du même nom. Organisation de l’épreuve : Vélo-Club Nazairien.
Circuit de 21.5 km : boulevard Gambetta ; boulevard de Lesseps ; route de Pornichet ; Saint-Sébastien ; les Quatre-Vents ; route de Saint-André ; boulevard Gambetta ; couvert six fois, ce qui fait une distance de 129 kilomètres.
17 coureurs prirent le départ.
1er Halgand, en 3 h 51 mn (moy. 33, 5 km/h) sur bicyclette Peugeot.
****** « Prix Peugeot ». Course ouverte aux coureurs aspirants, indépendants et débutants du département de la Loire-Inférieure.
Circuit de 21 km 5, couvert six fois, ce qui fait une distance de 129 kilomètres.
Départ café Setten, à l’angle du boulevard Gambetta et rue Ville ès-Martin, boulevard de Lesseps, route de Pornichet, Saint-Sébastien, les Quatre-Vents, route de Saint-André, boulevard Gambetta.
24 coureurs prirent le départ
1er Chauvet en 3 h 55 (32,94 km/h), sur bicyclette Peugeot.
Circuit de 21,5 km – Dessin Michel-C Mahé.
******* « Le Grand prix « La Rafale des jeunes».
Cette course était organisée par les Magasins « Paris-Saint-Nazaire », avec le concours du Vélo-Club Nazairien,
Elle était ouverte qu’aux débutants et coureurs non licenciés.
Engagements reçus aux Magasins Paris-Saint-Nazaire.
Deux catégories : 1re coureurs sur bicyclettes à boyaux ; 2e coureurs sur bicyclettes à pneus démontables sur jantes acier.
Course sans entraîneurs, ni suiveurs, ni soigneurs, sans aide d’aucune sorte.
Circuit de 14 km à couvrir 4 fois, soit 56 kilomètres. Départ, café Seeten : arrivée, boulevard de Lesseps.
Parcours : Route de Guérande, Les Quatre-Vents ; La Ville-Robert ; Route de Saint-André ; boulevard Gambetta.
Résultats :
Coureurs sur pneus : 1er Delettre ; 2e Renould ; 2e Perruche ; 4e Olivier ; 5e Guénec; 6e Geffredo ; 7e Priou ; 8e Cornet. Coureurs sur boyaux : 1er Cornet ; 2e Bioret ; 3e Trigodet : 4e Corbé ; 5e Bretier ; 6e Le Guyader ; 7e Robin ; 8e Crusson ; 9e Pageot ; 10e Bernard.
Circuit de 14 km – Dessin Michel-C Mahé.

 

Championnat départemental de fond de la Loire-Inférieure

Le dimanche 18 juillet 1926, lors du championnat départemental de fond les coureurs du Vélo-Club Nazairien furent en bonne place. Louis Martin devenant le meilleur routier régional.
Circuit de 100 km, Nantes (Beauséjour) – Pontchâteau (Calvaire) et retour.
Cette épreuve, contre la montre, machines plombées, étaient réservée à 12 coureurs indépendants, débutants ou amateurs sélectionnés par les soins de la commission des courses.
Tirage au sort pour l’ordre du départ.
Pour éviter toute fraude, les 50 kilomètres de route étaient surveillés par des contrôleurs sous la direction de délégués sportifs de l’U. V. F. et des autos ayant à bord des délégués de l’U. V. F..
Sur les 12 qualifiés, 8 prirent le départ.
1er Martin, du Vélo Club Nazairien, les 100 kilomètres en 3 h 8’ 25′ 2/5 ; 2e Volant (Vélo Sport Nantais), en 3 h 13’ 12’’ 3/5 : 3e Thomelet (Vélo Sport Nantais) en 3 h 21’ 58’’ 1/5 : 4e Poulnais (Vélo Club Nazairien), en 3 h 24’ 4’’ 1/5 : 5e Vaslin (Vélo Club Nazairien), en 3 h 49′ 12″ 2/5 : 6e Sachan (Pédale Paimbœuf).

Mises à jour : 09/12/2017, ajouts de courses et cartes ; 14/12/2017, ajouts de courses et cartes

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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes

Rappel : CONFÉRENCE-DÉBAT à Penhoët
« L’histoire de l’École d’apprentissage des Chantiers de l’Atlantique. »
Mardi 21 novembre, à 18 h 30, à La Compagnie des 5 Mondes, 8 rue de Trignac à Saint-Nazaire.
Nous serons accueillis par Géraldine et Stanislas, dans leur monde, à Penhoët, le quartier de mon enfance, voilà un endroit des plus sympa pour parler de l’école et du quartier.
La place est limitée 20 personnes maxi.
Réservation obligatoire par tél. :  02 40 45 11 37 ou  06 99 84 77 28 ; par mail : michelc.mahe@free.fr
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Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – Samedi 26 juin 1926
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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – À la Chambre de Commerce
Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 – La soirée des ministres à La Baule

Le monument américain – Les Fêtes franco-américaines – L’affaire des anarchistes

Saint-Nazaire – A) Monument américain ; B) Boulevard de l’Océan ; C) Rue de Méan ; D) Prison ; (E) Tribunal
Dessin Michel-C Mahé.

Le samedi 26 juin 1926, trois hommes furent surpris par les agents du service de nuit au moment où ils collaient des tracts anarchistes sur les arbres du boulevard de l’Océan. Ils furent arrêtés avec difficultés.
Il s’agissait de :
Charles Chauvin*, 31 ans, polisseur sur métaux, 62, rue de la Procession, à Paris. Il était armé d’un revolver et de cartouches. Il n’avait pas de domicile fixe car l’adresse indiquée était celle d’un restaurant où il venait parfois déjeuner ou dîner et où il se faisait adresser son courrier.

Charles Chauvin, en 1923, était le gérant du Libertaire, journal anarchiste, et il fut condamné pour apologie de crime en défendant Mlle Germaine Berton ***, anarchiste qui avait tué, le 22 janvier 1923, M. Marius Plateau**, le secrétaire général de la Ligue d’Action française. À cette époque il était recherché.
Selon les chroniqueurs c’était un jeune homme « tiré à quatre épingles », doué d’une intelligence remarquable et parlant fort bien.
Il changeait souvent d’identité en se procurant de vrais documents. À son arrestation, il était en possession du casier judiciaire d’un M. Gesber, de Saint-Brieuc, et voyageait avec la carte de circulation sur les chemins de fer, avec laquelle il est venu à Saint-Nazaire sans bourse délier, d’un certain M. Elionet de Morlaix. Il se faisait délivrer des casiers judiciaires vierges d’un peu partout.
On sait qu’il a travaillé à Saint-Nazaire sous le nom d’Héric, dont il possédait le livret de travail.
Son casier judiciaire, le vrai, accusait, à cette date, 203 mois de prison.

* Charles Chauvin, né en 1894  – mort à l’hôpital Tenon de Paris.
Il fit parler de lui, au temps où il était gérant du journal anarchique Le Libertaire, (du 23 février au 23 mars 1923 puis à partir du 11 mai 1923.
Dans son numéro portant les dates du 2 au 9 mars 1923, le journal avait publié un article intitulé : « Pour Germaine Berton. Faisons-la connaître et aimer ! », dans lequel le parquet avait relevé le délit d’apologie de faits qualifiés crimes par la loi.
L’auteur de l’article, M. Brutus Mercereau, employé à l’Assistance publique et auteur dramatique et Charles Chauvin furent arrêtés, placés sous mandat de dépôt et écroués à la prison de la Santé.
Le 28 mars 1923, lors de leur interrogatoire par le juge d’instruction, ils ont protesté contre l’inculpation dont ils étaient l’objet. « Ils n’ont point, disent-ils, .fait l’apologie d’un crime, mais ont exprimé le sentiment de générosité qu’ils éprouvent pour une jeune fille, qui fut leur camarade dans les milieux libertaires et qu’ils ne peuvent abandonner, sous peine d’accomplir une lâcheté ».
Ils ont été jugés, le 25 avril 1923, par la onzième chambre. Ils ont été condamnés à six semaines de prison et cinquante francs d’amende.
Charles Chauvin était gérant du Libertaire quand ce journal publia cinq articles en faveur d’Émile Cottin (anarchiste, auteur de l’attentat sur Georges Clemenceau) et de Germaine Berton, le parquet y ayant relevé le délit d’apologie de crimes et de provocation au meurtre, Charles Chauvin fut condamné à treize mois de prison et mille francs d’amende début décembre 1923.
Il figurait en septembre 1923 sur une liste d’anarchistes disparus du département de la Seine et recherchés
On le retrouve, gérant (décembre 1929 à juin 1930) de La revue Anarchiste fondée par F. Fortin.
** Marius Plateau (8 juillet 1886 – Paris 23 janvier 1923), militant royaliste et d’Action française, co-fondateur de la Fédération nationale des camelots du roi en 1908 et secrétaire de la Ligue d’Action française de 1918 à son assassinat.
Le 23 janvier 1923, il est assassiné à coup de revolver, au siège de l’Action Française par la jeune anarchiste Germaine Berton.
Crédit photo Action française

 

 

 

 

 

*** Germaine Berton, née à Puteaux, le 7 juin 1902, décédée le 5 juillet 1942), était la fille d’un constructeur mécanicien et d’une institutrice libre.
C’est dès l’adolescence qu’elle commença de fréquenter les milieux anarchistes. Elle se fixa à Paris en octobre 1921.et continua à militer. Elle a assassiné M. Marius Plateau, le secrétaire général de la Ligue d’Action française.
Au cours d’un interrogatoire, elle a déclaré, partisane de l’action individuelle, que son idée première était de tuer Léon Daudet (monarchiste) qu’elle considérait comme le pire ennemi du prolétariat et des organisations ouvrières. Elle essaya de le rencontrer en vain.
Le 22 janvier 1923, elle se rendit dans les bureaux de la Ligue Action française ; elle fut reçue par M. Plateau.
La discussion dégénéra. L’idée lui vint alors de tuer M. Plateau lorsqu’elle le vit, ricaner et railler les milieux prolétaires. Elle l’abattit de trois balles puis se tira une balle dans la poitrine ; elle ne fut que légèrement blessée.
Elle déclara : « Je n’ai pas de complice ; j’ai voulu venger la mort de Jaurès et de mon camarade Almereyda, dont M. Léon Daudet était responsable. »
Les débats commencèrent le 18 décembre 1923 devant la Cours d’assises de la Seine. Elle était assistée de Me Henry Torrès. C’était un procès pour meurtre avec préméditation mais dans son réquisitoire l’avocat général demanda de lui d’accorder les circonstances atténuantes. Le jury l’a acquittée le 24 décembre 1923.
Elle se suicide, le 5 juillet 1942 à Paris, en absorbant une forte dose de verdonal.
Photo identité judiciaire.

 

Georges Peye, 30 ans, cordonnier, vivait « dans ses meubles », 48, rue de la Fédération, à Paris. Il était connu comme militant anarchiste bien qu’on lui prêtât, selon un chroniqueur, un caractère très doux. On trouva sur lui un couteau poignard.

Arthur Baulu, 29 ans, garçon coiffeur, demeurait. 5, rue de l’Avre, à Paris, en hôtel.

Ils avaient quitté la capitale trois semaines avant. Ils avaient annoncé à leurs amis qu’ils se rendaient en villégiature sur les plages bretonnes de l’Atlantique.
Ils avaient loué un appartement rue de Méan. Le commissaire Salzmann* y a saisi une importante correspondance et 43 cartouches de revolver.

* Commissaire Salzmann, venant de Dinan, promut 2e classe, celui-ci prit ses fonctions à Saint-Nazaire, au 1er canton, le vendredi 16 septembre 1921.

Georges Peye et Arthur Baulu ont comparu devant le tribunal correctionnel.

Chauvin ne « mangera pas le morceau », les raisons du voyage ne furent jamais connues. Il semblait étrange aux magistrats et enquêteurs qu’un individu comme Chauvin avec un casier judiciaire accusant 203 mois de prison vint à Saint-Nazaire, en même temps que deux ministres français, un ambassadeur américain* et le général Pershing, seulement pour coller des affichettes sur des troncs d’arbres.

* Entre le 24 et et le 26 juin 1926, l’Ambassadeur des États-Unis Herrick avait reçu deux lettres de menaces de mort. La première l’informait qu’il serait tué juste avant l’exécution de Nicolo Sacco et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes d’origine italienne. La seconde qu’il serait tué immédiatement après. Il était alors, ainsi que l’ambassade, sous la protection de la police.

À l’audience du 13 août 1926, après un réquisitoire sévère de M. le procureur Billiard et une plaidoirie chaleureuse en faveur de son client de Me Russacq, Charles Chauvin fut condamné par le tribunal correctionnel, présidé par M. Vincent, après dix minutes de délibération, à 6 mois d’emprisonnement pour usurpation d’état civil. Ce qui lui fera 209 mois au total.

 

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

Ce fut en automobile, à 18 heures, que les ministres se rendirent à La Baule à l’invitation de la municipalité * pour un dîner intime au Casino (100 couverts). C’est seulement le vendredi à midi, qu’ils firent savoir qu’ils l’acceptaient. **

* Nous avons vu dans les articles précédents l’insistance de La Baule pour s’intégrer aux fêtes. Dès mi-février 1926, les dirigeants de La Baule se proposaient d’inviter toutes les personnalités qui assisteront à l’inauguration du monument américain. Ils avaient élaboré tout un programme : excursion sur la Côte d’Amour et à Guérande, fête des fleurs à La Baule et banquet au Casino. Mi-juin, ils prévoyaient, le soir de l’inauguration, d’inviter les ministres et les personnalités américaines à un grand banquet à La Baule. L’invitation fut acceptée au tout dernier moment. Pour les américains, seuls, le Brigadier-général Rockenbach, premier commandant de la base de Saint-Nazaire, le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, et quelques lieutenants s’y rendirent.
** Les invités : MM. Leygues ministre de la Marine et Daniel-Vincent, ministre des Travaux Publics ; M. le comte de Lapeyrouse, maire ; M. Mathivet, préfet de la Loire-Inférieure ; Mme Mathivet; Mme la comtesse de Lapeyrouse ; MM. Le contre-amiral Gleaves, le général Spire, le Brigadier-général Rockenbach, commandant la base américaine pendant la guerre, l’amiral d’Adhémar de Gransac, le contre-amiral Chauvin, avec leurs états-majors ; le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, les lieutenants Esler, Talbott, Gaines, Riggs, Cady, Forsyth, Madeira ; M. Droz, président du Comité des fêtes de La Baule ; MM. Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant députés ; Mmes Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant ; Mmes Sulzbach, (illisible) ;   secrétaire général de la Préfecture ; Hubert des Ouches, chef de cabinet du préfet ; Vaultier, président du Conseil de Préfecture ; Butterlin, sous-préfet de Saint-Nazaire ; Mme Butterlin ; M. Serre, sous-préfet de Paimbœuf ; M. Fisher, consul des États-Unis à Nantes ; Mme Fisher ; M. Valdès Roig, consul de la Havane à Saint-Nazaire ; Mme Valdès Roig ; MM. Touchard et Bertoye, maires du Pouliguen et de Pornichet ; M. Vincent, membre de la Chambre de Commerce ; M. et Mme Richardson, M. et Mme de Bon, MM. Giroire., Boutroux, de Moulins le Rochefort, Leriche, Minot. Legouic, Jambu, Gommy, Terrien, conseillers municipaux ; M. Vincent, président du tribunal de Saint-Nazaire, etc

Dans ce très court laps de temps, la Société des fêtes organisa la mise en place d’une décoration « sobre et élégante », deux arcs de triomphe furent élevés, l’un près de la Poste, l’autre sur le Remblai, non loin du casino et on décora d’oriflammes l’avenue de la Gare.

À la mairie, M. le Comte de Lapeyrouse *, maire, leur souhaita la bienvenue. **
M. Leygues remercia le maire et aussitôt les ministres, députés, officiers de marine américains et français, montèrent dans les autos pour se rendre au Casino ***. La façade de ce dernier, sur toute sa longueur, était décorée de guirlandes tressées de feuillage et de fleurs naturelles. Au dessus de l’entrée principale était disposée une énorme cocarde bleu blanc rouge et les colonnes, de chaque côté, étaient drapées de « stars and stripes » ****

* Le comte MAURY de LAPEYROUSE-VAUCRESSON est né le 11 février 1880 à Bône (Algérie). Très fortuné, il était intéressé à d’importantes affaires industrielles et faisait partie de plusieurs conseils d’administration. Il fut Maire de La Baule de 1925 à 1935. Il était le propriétaire de la villa Les Tottes, esplanade Benoit.où il donnait très souvent des réceptions.  Il possédait avec son beau-frère M. Sulzbach  un yacht,  le Fair Lady II , lancé le 8 mai 1925 au chantier Dubigeon.
Dimensions : longueur : 19 m 50 ; largeur : 5 m ; creux : 2 m 50 ; vitesse : 9 nœuds ; jauge : 65 tonneaux ; 2 moteurs de 65 chevaux chacun, à 2 hélices. Port d’attache : Le Pouliguen.  Il meurt d’un accident de voiture en décembre 1953.

 

Le Fair Lady sortant du port du Pouliguen – Collection Michel-C Mahé.
** Allocution de M. de Lapeyrouse ;
« Messieurs,
Le conseil municipal d’Escoublac- La Baule (illisible) faire à la station balnéaire si connue de la Côte d’Amour qui commence à prendre dans le monde la place qui lui convient, le grand honneur de votre visite. Il se réjouit de vous recevoir aujourd’hui à la Mairie, et il vous remercie d’avoir répondu avec empressement à son invitation, faite avec simplicité sans doute, mais avec aussi la préoccupation de la retenir comme une chose qui restera un souvenir dans la vie ordinaire de notre cité.
Voisins de Saint-Nazaire, qui a eu le privilège de voir les troupes américaines débarquées sur notre territoire, alors que la grande République des États-Unis s’est mise aux côtés de la France pendant la période encore indécise de 1916, pour vivre avec elle les heures d’angoisse, mais aussi d’héroïsme, et de sacrifices qu’elle a connues, nous aurions manqué à notre devoir en ne nous associant pas aux fêtes données par le grand port de l’Océan, en témoignage de l’immense effort qu’elles ont accompli jusqu’à la conclusion de la Paix de 1918. On peut dire que l’intervention de l’Amérique a été décisive dans la solution précipitée du vaste conflit européen de 1914.
Nous sommes fiers, en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue, de vous accueillir à Baule, parce que nous sommes sûrs que vous emporterez de votre trop court séjour parmi nous un souvenir durable qui ne vous fera pas regretter la visite que vous nous accordez aujourd’hui, si bienveillamment.
Au nom du conseil municipal unanime, je vous en remercie, au nom de la population toute entière, je m’en félicite. »
*** La première pierre du nouveau casino municipal de La Baule fut posée le 14 janvier 1926, il a été inauguré le mercredi 1er juillet 1925. Propriétaire : M. André ; directeur : M. Mattei ; Architecte : Ferdinand Ménard ; réalisation des travaux Entreprise générale de la Baule-les-Pins.
**** Cette décoration impromptue fut l’œuvre de M. Graves, architecte, chargé de la décoration extérieure, aidé par Mmes Minot, Vallée, et de Mlle Jaouen.
Le Casino – Collection Michel-C Mahé.

 

Le restaurant-dancing du casino de La Baule – Collection Michel-C Mahé.

Le dancing avait été transformé en une magnifique salle à manger. Un orchestre le Jazz Sticklen’s orchestrera *, sous la direction de M. Hervé animait le banquet.

* Un certain engouement est apparu dans les dancings des hôtels et les bals pour les danses américaines et les jazz-bands. La Baule ne fait pas exception.

Après que les hymnes nationaux furent écoutés debout, les convives se mirent à table.* Point de discours, ils avaient été résolument supprimés.

* Le menu : Consommé Riche, en tasse, au fumet de tomate ; Demoiselle de l’Océan à la Washington ; Mignonnette de Charolais Lafayette ; Poularde de Bresse froide à la Bauloise ; Salade Mimosa ; Asperges d’Argenteuil sauce Mousseline ; Biscuit glacé aux fraises des Bois ; Friandise du Casino ; Fruits.

Les ministres quittèrent La Baule en automobile à 20 heures pour prendre le train pour Paris à 23 h 28.

Vers dix heures la ballerine Maria Ley fit son entrée et tourbillonna autour des tables *. « Sa jota tantôt langoureuse tantôt gaillarde fut particulièrement appréciée ». Qui alla rapporter à l’artiste l’écharpe multicolore qu’elle laissa choir sur une table durant sa prestation ? le chroniqueur ne le dit pas. Puis, l’américain chanteur et danseur Harland Dixon, exécuta une série de danses acrobatiques très appréciées par les Américains présents à ce banquet.

* Un chroniqueur de Ouest-éclair se demandait ironiquement « …où étaient passés nos deux ministres de la Marine et des Travaux publics, le soir de l’inauguration du monument américain de Saint-Nazaire. » il donnait la réponse « Nos Excellences, au Casino de La Baule, oubliant les soucis du pouvoir, applaudissaient chaleureusement l’affolante ballerine Maria Ley qui tourbillonnait autour des tables d’un festin de Balthazar exécutant une « jota » tour à tour langoureuse et… osée. », jolie bourde… Ils étaient partis.
Mlle Maria Ley, danseuse classique, d’origine tchécoslovaque, Opéra de Vienne (août 1922) ; Paris, Olympia (janvier 1923) ; Vienne (mai 1925), revue « Frauentraume um Mitternacht » (De quoi les femmes rêvent à minuit) de MM. Karl Farkas et Dr Robert Katscher ; Cannes, Casino municipal (février 1926), pour le gala franco-russe ; Paris, Théâtre de l’Avenue (mai 1926), « Revue de l’Avenue », 2 actes et 25 tableaux de MM. Max-Eddy et Henry Hallais, où elle exécute une série de danses classiques et de caractère ; Paris, aux Capucines, (octobre 1926), « Divin mensonge », opérette en trois actes et six tableaux de MM. Madis et Pierre Veber ; New-york, Cito’s Club (novembre 1926), « Pavlova », elle exécute en smoking de brillants noirs une danse « 1930 » sur une musique de jazz puis « la Valse blanche » avec un orchestre Hawaïens ; Paris, à l’Empire (février 1926), un ballet, « Masques », de M. Pierre Sandrini et V. Telly ; Biarritz (mai 1927).
Recueil de poèmes et de proses rythmées « Pourquoi je danse » (1924).

Les convives, après que l’on ferma les fenêtres, et la foule massée sur l’esplanade purent assister à un feu d’artifice. Toute l’aile gauche fut convertie, selon le chroniqueur, « en une cascade de pierres précieuses aux plus variées, aux plus chatoyantes couleurs, puis en une chute d’eau où mille soleils flamboyants seraient venus se refléter.»

Modifications : 06/10/2017 – Ajout des étiquettes.

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