Les premières courses dans l’Ouest en 1869, Rennes et Brest

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Les premières courses dans l’Ouest en 1869, Rennes et Brest


Les premières courses dans l’ouest en 1869.*
* Celles qui me sont connues à l’heure où j’écris.

À Brest


Plan de Brest en 1864 – 1) le cours Dajot – Crédit phot BNF – Gallica.

Ce fut sous le patronage du comité des courses hippiques que furent organisées les courses de Brest, le samedi 26 Juin 1869, à 16 heures, sur le cours Dajot* aussitôt après le retour de l’hippodrome**.

* Orthographié d’Ajot par le chroniqueur. Le cours Dajot a été établi et planté en 1769 par M. Dajot, officier du génie. Très belle promenade, d’où l’on a une vue magnifique de toute la rade.
** Je n’ai, pour l’instant, retrouvé nulle trace de son implantation. Il devait probablement se trouver non loin du cours Dajot.

Dispositions générales.
« Les engagements des vélocemen seront reçus jusqu’au samedi 26 juin, à 8 heures du matin, rue de la Mairie, 21, à Brest, au secrétariat des courses de chevaux, et pendant la même journée, jusqu’à 4 heures du soir, sur l’hippodrome.
Dans la course de lenteur, les vélocemen ne devront pas s’écarter de la ligne droite, sous peine d’exclusion. Le gagnant du prix des souscripteurs ne sera pas admis à courir le prix du Cours Dajot.
Les décisions des commissaires seront sans appel. »

Disposition intéressante, elles étaient uniquement réservées aux bicycles simplifiant grandement l’organisation des épreuves.

Résultats
Première course, vitesse, « Prix des souscripteurs », pour véloces-bicycles de 1 m et au-dessous. .
Huit concurrents.
Entrée : 3 fr., distance, 1 500 m environ.
1er prix, 150 fr. ; M. Ribault, de Lannilis * ;
2e prix, 3fr.** ; M. Lagoyer, de Morlaix.

* Il a distancé les autres concurrents de plus de cent mètres.
** Le montant de l’entrée.

Deuxième course, lenteur, « Prix de la tortue », pour véloces-bicycles de 76 cm minimum
Entrée : 1 fr., distance, 60 m environ.
1er prix, 50 fr. ; M. Ribault, de Lannilis ;
2e prix, 1 fr., M. Balarat, de Brest.

Troisième course, vitesse, « Prix du Cours d’Ajot », pour les véloces-bicycles de toute grandeur.
Entrée : 2 fr, distance, 1 500 m environ.
1er prix 100 fr. ; M. Duplessis, de Saint-Frégant ;
2e prix, 2fr. ; M. Lagoyer, de Morlaix.

À Rennes


Plan de Rennes en 1864 – 1) Le Mail ; 2) Les levées de la Santé – Crédit phot BNF – Gallica.

En cette année 1869, Rennes n’a pas échappé à la mode des vélocipèdes ; ils faisaient fureur et leur nombre augmentait chaque jour. Les vélocipédistes avaient leur lieu de rendez-vous sur les levées de la Santé. On y vit même une jeune fille portant blouse serrée à la taille, bottes et petit chapeau se mêlant aux luttes acharnées et n’aimant guère se faire devancer par la gent masculine.

La toute nouvelle société le Vélocipède-Club de Rennes * organisa des courses sur la promenade du Mail, le dimanche 1er août 1869 à 14 heures.
Elles étaient spécialement réservées aux départements de la Bretagne, ainsi qu’à ceux de la Mayenne, de la Sarthe et de Maine-et-Loire.

* Créée le 11 mars 1869.

La pluie tomba toute la matinée jusqu’à 14 heures, détrempant la chaussée du Mail et les contre-allées où se tenaient les spectateurs vivement intéressés. Ils s’étaient rendus en foule et à diverses reprises ont chaleureusement applaudi les vainqueurs.

Les courses terminées, la quarantaine de vélocipédistes, sur quatre files, les vainqueurs en tête, a monté et descendu l’avenue du Mail et est entrée ainsi en ville, saluée par les applaudissements de la foule.

Résultats
Première course, vitesse (2e série), pour vélocipèdes de 0 m 91 et au-dessous.
Entrée, 2 fr. – Distance, 1 600 mètres environ.
Dix concurrents.
1er prix, 75 fr. ; M. Bodin*, de Laval ;
2e prix, 25 fr. ; M. Galland, de Ploërmel ;
3e, M. Delalande, de Rennes.

Deuxième course, lenteur, pour vélocipèdes de toutes tailles.
Entrée, 2 fr. – Distance, 100 mètres.
Dix-sept concurrents en trois séries.
1er Prix, 50 fr. ; M. Simon de Rennes ;
2e prix, une médaille de bronze (offerte par M. le Maire de Rennes) ; M. Sorro de Vannes.

Troisième course, vitesse (1re série), pour vélocipèdes de plus de 0 m 91.
Entrée, 2 fr. – Distance, 1 600 mètres environ.
Cinq concurrents.
1er Prix, 75 fr. ; M. Outin de Laval ;
2e prix, 25 fr. ; M. Gendron, de Saint-Malo.

Quatrième course, vitesse, pour vélocipèdes de toutes tailles (1re et 2e séries).
Réservée aux vélocipédistes faisant partie du Vélocipède-Club de Rennes.
Treize concurrents.
Entrée, 2 fr. – Distance, 1 600 mètres environ.
1er prix, une médaille d’argent (offerte par M. le Maire de Rennes) ; M. de Pontbriand, de Rennes ;
2e prix, un porte-cigare et une boite de cigares (offerts par un membre du club) ; M. Boucherot.

Cinquième course, vitesse de vélocipèdes de toutes tailles.
Grand prix du Vélocipède-Club rennais.
Entrée, 5 fr – Distance, 5 000 mètres environ.
1er Prix, 200 fr. ; M. Bodin*, de Laval ;
2e prix, 50 fr. ; M. Jouaust, de Rennes ;
3e M. Simon, de Rennes.

Sixième course, prix de consolation, pour tous vélocipèdes ayant couru au moins une course de vitesse et n’ayant gagné ni le 1er ni le 2e prix.
Entré, 2 fr.
Prix unique, 50 fr ; M. Delalande.

* Une contestation fut élevée, paraît-il, au sujet de M. Bodin, de Laval. Des personnes prétendaient qu’il était professeur, qui en vertu, du règlement, le mettait hors concours.
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Les premières courses dans l’Ouest en 1869, Angers et laval

Les premières courses dans l’ouest en 1869.*
* Celles qui me sont connues à l’heure où j’écris.

À Angers

Nota : Un grand merci aux archives départementales de Maine-et-Loire pour l’aide apporter à la recherche des renseignements nécessaires à la rédaction de cette partie de l’article.


Angers en 1869. 1) Rond-point des Magnolias, situé au-dessus de la ligne de chemin de fer ; 2) Route des Ponts-de-Cé ; 3) Rue Basse-du-Mail – Crédit phot BNF – Gallica.

Elles se sont déroulées le jeudi 22 avril 1869, à 14 heures, au rond-point des Magnolias, au profit des pauvres . Des tribunes furent élevées sur un secteur de la place ainsi que sur la route des Ponts-de-Cé. Cette dernière était trop étroite aussi vit-on quelques accidents, des chutes de coureurs et quelques vélocipèdes cassés, mais les vélocipédistes continuèrent leur route.

Un chroniqueur écrivait « Une foule énorme est venue de tous les points de la ville pour assister à ce spectacle tout nouveau pour le public angevin. »
Un autre, « Les courses de Vélocipèdes ont eu un succès qui a dépassé tout ce que pouvait espérer la commission d’organisation. ».
« Dès une heure et demie, la foule se pressait, compacte, aux entrées. À deux heures, c’était une véritable cohue et l’enceinte réservée devenait trop petite. MM. les commissaires suaient sang et eau pour maintenir l’affluence dans les limites exigées, et ce n’est qu’après des peines infinies qu’ils sont parvenus à former l’espace nécessaire aux coureurs. ».

Quatre courses étaient au programme. Les engagements furent reçus, 51, rue Basse-du-Mail.
M. Baillergeau présidait au tirage au sort des coureurs. M. Jacques de Vezins * donnait le signal des départs. M. Paul de Chemellier jugeait l’arrivée.

* Est-ce le même M. de Vésin, qualifié de « roi des vélocipédistes », qui avait entrepris de faire le trajet d’Angers à Paris en vélocipède ? Il alla jusqu’à Tours — 86 kilomètres – où son véhicule se brisa.

Résultats :
1re course, vitesse, pour vélocipèdes ayant moins de 95 centimètres de diamètre
Entrée : 2 fr. – Distance, 1 400 mètres.
Neuf coureurs ont pris part à cette course et sont arrivés :
1er Prix , un objet d’art ; M. Armand Pérol *,
2e prix, les entrées, M. Truffeau, de Tours.

* Un des fils Pérol, il gagna très facilement.
Le père Pérol et son fils aîné étaient fabricants de petites voitures, 10, rue Jean-Jacques-Rousseau à Nantes; la maison fut fondée en 1858.
Pressentant le développement du vélocipède la maison Pérol devint fabricant de vélocipèdes en faisant venir quelques ouvriers spécialisés de Paris. Bientôt elle fit une concurrence sérieuse aux Michaux. Les ateliers étaient situés au 16, rue de Gigant.

Deuxième course, vitesse, pour vélocipèdes ayant 95 centimètres et au-dessus.
Entrée : 3 fr. – Distance, 2 100 mètres.
Six coureurs sont partis.
1er prix : un objet d’art ; M. Hippolyte Pérol, de Nantes,
2e prix, les entrées ; M. Vétault, d’Angers.

Troisième course, vitesse, prix Omnium, pour tous vélocipèdes
Entrée, 10 fr. – Distance, 4000 mètres environ ;
9 coureurs ;
1er prix, 500 francs, M. Moret*, Véloce-Club de Paris ;
2e prix, les entrées, M. Laumaillé, de Chåteau-Gontier ;
3e, M. Bollée, du Mans.

Vélocipède Michaux

* M. Edmond Moret était employé dans un grand magasin de soieries du boulevard des Italiens et membre du Véloce-Club de Paris, il s’entraînait chaque dimanche en faisant un aller-retour de 140 km pour embrasser sa mère à Provins. Il avait gagné la course internationale de Londres du lundi 5 avril 1869 dans le Palais de Cristal de Sydenham. Il montait un vélocipède de la maison Michaux et Cie ; M. Michaux fils était arrivé second.

Quatrième course, course de Gentlemen , pour tous les vélocipèdes
Entrée : 25 fr. – Distance : 4 000 mètres environ *.
3 coureurs sont partis et sont arrivés :
1er prix, 300 fr. et les entrées ; M. Moret de Paris ;
2e prix, une médaille d’honneur, M. Laumaillé, de Châteaugontier.

* 2 000 mètres selon Le Journal de Vannes ; M. Bollée avait formulé le vœu que la distance soit portée à 4 000 m ou plus. Autres sources : L’Ouest et L’union Bretonne indiquent 4 000 mètres.

À Laval


Plan de Laval en 1874 – 1) place de Hercé – Crédit phot BNF – Gallica.

Le dimanche 12 septembre 1869, à 14 heures, place de Hercé, sur le champ de Foire *, des courses de vélocipèdes ont été organisées par le Véloce-Club de Laval ** sous le patronage de l’administration municipale, au profit des pauvres.

* Annoncées en premier lieu sur le quai de l’Impératrice, elles auront lieu finalement place de Hercé, sur le champ de Foire. Situation engendrée par l’inexpérience des organisateurs des formalités administratives des ponts et chaussées.
** Président, M. Alexandre Hoyau, il habitait place de la Préfecture ; secrétaire, Adrien Dubois.

Un avis parut dans la presse le 10 septembre 1869, dûment signé par le maire, M. Ch. Toutain, précise les dispositions générales de ces toutes premières courses lavalloises :
« Une commission* sera nommée par le Véloce-Club, chargée de donner le signal du départ et de constater l’arrivée des coureurs. Ses décisions seront sans appel.
La cloche d’appel sera sonnée cinq minutes avant chaque course, et il sera procédé au tirage au sort des places. À l’heure fixée, si tous les concurrents ne sont pas prêts, le signal du départ n’en sera pas moins donné sans attendre les retardataires. Au départ, les coureurs marcheront d’abord lentement, en tâchant de se maintenir à la même hauteur: quand ils seront suffisamment en ligne, le signal sera donné par l’un des Commissaires **, – Celui qui, par une manoeuvre jugée déloyale, en pousse un autre, le croise ou l’empêche d’avancer est mis hors concours.
On recommande une tenue convenable et on engage les coureurs à se munir, autant que possible, d’une écharpe de couleur. »

Les velocemen se déplaçaient d’une ville à une autre et la nécessité de codifier ce nouveau sport s’est faite tout de suite sentir. Ces dispositions générales sont identiques pour des courses de Vannes le 12 septembre 1869.

* Les membres de la Commission : président, M. Toussaint ; secrétaire, M. A. Dubois ; trésorier, M. Louveau.
** Les commissaires : MM. Maillard, Salles, Fatus, Rousseau.

Prix d’entrée des courses : 25 centimes ; places réservées, 1 francs ; secondes, 50 centimes.
La musique municipale se fit entendre pendant la durée de la fête.

À propos de leur déroulement, un chroniqueur écrivait : « Rien n’a été plus gracieux que ce charmant carrousel que nous ont donné les vélocipédistes de Laval ; tout a été pour le mieux, la température, la disposition du terrain, la multitude des curieux, le bon goût des toilettes, la distinction des jeunes membres du véloce-club, la recherche de leur costume, la musique municipale si harmonieuse et si correcte, comme toujours; enfin c’est une des plus aimables distractions que la jeunesse aisée d’une ville puisse donner à la population ; la bonne idée est venue aussi à tous les vélocipédistes de faire un grand tour dans la ville après le combat, et les acclamations les plus chaleureuses les ont accueillis au passage. »

Résultats :
Première course, vitesse, pour véloces de 90 cm et au-dessous.
Entrée 3 fr.- Distance 2 000 m.
1er prix, médaille de vermeil, M. Lenain, de Laval.
2e prix, les entrées, M. Apert, de Château-Gontier.

Deuxième course, vitesse, pour tous véloces.
Entrée 3 fr. – Distance 2 000 m.
1er prix, médaille d’or, M. Laumaillé, de Château-Gontier ;
2e prix, les entrées, M. Pasquier,

Troisième course, lenteur, pour tous véloces.
Entrée 2 fr. – Distance 100 m.
1er prix, médaille d’argent, M. Laumaillé, de Château-Gontier ;
2e prix, les entrées, M. Rossignol, de Laval.

Quatrième course, vitesse, réservée au Véloce-Club de Laval.
Distance 2 000 m.
1er prix, médaille d’argent, M. Baudry, de Layal ;
2e prix, médaille de bronze, M. Jules Outin.

Cinquième course, vitesse, pour tous véloces.
Entrée 5 fr. – Distance 4 000 m
Prix offerts par l’Administration municipale.
1er prix, 150 fr., en argent, M. Laumaillé, de Château-Gontier ;
2e prix, 100 fr., en argent, M. Pasquier, de Château-Gontier ;
3e prix, 50 fr., en argent, M. Bodin, de Laval.

Courses d’obstacles.
Tremplin et anneaux. – Prix, M. Bodin, de Laval.
Quilles. – M. Pivert, de Laval.

Une somme de 500 francs, « destinée à soulager quelques infortunes » fut remise au Maire.

Mises à Jour : 12/02/2019  – Courses d’Angers – Compléments d’informations journal L’Ouest ; 03/03/2019 – Courses d’Angers – 2000 à 4000 mètres,  course des Gentlemen.

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Nantes peu avant 1880 – A) Cours Napoléon (Actuel cours Cambronne) ; B) Rue Jean-Jacques-Rousseau ; C) Rue de Gigant ; D) Route de Rennes – Dessin Michel-C Mahé.

Les débuts du cyclisme à Nantes

Le dragon

Le vélocipède fut précédé par le célérifère, simple poutre montée sur deux roues. La propulsion était assurée par la poussée alternative des pieds du cavalier sur le sol. On y adjoindra bientôt un gouvernail.

Un chroniqueur, narrant quelques souvenirs, nous apprend qu’à Paris, ces machines s’appelaient des célérifères *, mais à Nantes c’étaient des dragons ; appellation issue, sans doute, de la tête fantastique et grimaçante qui était sculptée à l’avant.
Leur vitesse moyenne était de 10 kilomètres à l’heure, mais dans les bonnes descentes elle pouvait atteindre 12 à 13 kilomètres.

* Mais aussi draisiennes et… vélocipèdes.

Vers 1835, un certain nombre d’amateurs Nantais se livraient avec ardeur à l’exercice du dragon, parmi lesquels MM. Léon Fleury et Camille Bouchaud. *

* Ces Messieurs firent le voyage de Nantes à Paris en moins de quatre jours, par étape journalière de 100 à 120 kilomètres. De Paris, ils passèrent par la Normandie et regagnèrent Nantes.

Le vélocipède

Le même chroniqueur nous dit que c’est en 1866 que le premier vélocipède apparut à Nantes*, et qu’il fut amené par le jeune des fils Pérol* qui avait travaillé comme ouvrier à l’atelier Michaux**. Il ajoute aussi qu’il fit sensation avec son vélocipède Michaux qu’il maniait avec dextérité sur la route de Vannes, le boulevard Lelasseur et la route de Rennes et qu’il fut bientôt entouré de toute la jeunesse dorée nantaise.

*Par expérience, je reste toujours un peu sur l’expectative sur la véracité d’écrits basés sur des souvenirs (dans notre cas trente ans après). La plupart du temps ils sont entachés d’erreurs, surtout les dates. Des brides d’informations me font penser qu’ils sont apparus plus tôt, vers 1862.
** Son père et son frère aîné étaient fabricants de petites voitures, 10, rue Jean-Jacques-Rousseau ; la maison fut fondée en 1858. Pressentant le développement du vélocipède la maison Pérol devint fabricant en faisant venir quelques ouvriers spécialisés de Paris. Bientôt elle fit une concurrence sérieuse aux Michaux. Les ateliers étaient situés au 16, rue de Gigant.
*** Voir l’article « La mode du vélocipède vers 1869 »

À partir de 1867, le cours Napoléon* devint le lieu de rendez-vous des velocemen et « de tout ce qu’il y avait de select à Nantes ».

* Actuel cours Cambronne

En 1869, on se plaint par journal interposé sous la rubrique réservée aux lecteurs.
L’un regrette que les vélocipédistes jettent l’effroi sur le cours Napoléon parmi les nourrices, les enfants et les vieux habitués, les promenades devenant impossibles. Il ajoute « la traversée de la grande avenue du cours est parfois plus difficile que celle des Champs-Élysées un jour de retour de course ». À son point de vue l’exercice du vélocipède est digne d’encouragement mais qu’il se fasse ailleurs, sur les boulevards et routes environnantes.
L’autre, un vélocipédiste, rétorque que les bonnes, nourrices et enfants sont en parfaite sécurité dans les deux coins de la promenade qui leur sont réservés, que le danger n’existe que pour les curieux qui viennent s’y exposer et tant pis pour eux, « Fallait pas qu’y aillent » leur répondrait le premier gavroche venu.

Mises à jour : 25/03/2019 – Modifications sur le plan de Nantes.

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Toulouse

Toulouse vers 1863 – 1) Prairie des Filtres – Crédit photo : ville de Toulouse.

Le dimanche 26 juillet, malgré la chaleur, la foule avait envahi les quais, la prairie aux Filtres où des estrades avaient été dressées, les ponts et les écoles de natation pour assister à des courses, tout à fait nouvelles, de vélocipèdes sur les quais.
Elles étaient ouvertes à tous les amateurs, sans distinction, avec un vélocipède à 2 roues de tout diamètre *.

* On fait référence à la roue avant, actionnée par les pédales. Elle avait un diamètre ordinairement compris entre 0,80 et 1,00 mètre.

La présence du préfet*, du procureur adjoint, du maire** et de M. Goyon, duc de Feltre***, aux places réservées, était très remarquée. La fanfare du 5e bataillon, prêtait son concours.

* Henry François Pougeard du Limbert (1817-1898) – Préfet de Haute-Garonne du 20 février 1866 au 31 janvier 1870.
** Jean Pierre Édouard Bernard Filhol (1814 – 1883) – Maire de Toulouse du 29 août 1867 au 5 septembre 1870 – Anthropologue, chimiste, homme politique.
*** Charles-Marie-Michel, comte de Goyon (1844 – 1930), 3e duc de Feltre – Diplomate et homme politique.

Les amateurs de vélocipèdes ayant répondu à l’appel de la Société étaient très nombreux certains ne purent finir leur course, leurs véhicules ayant rencontré quelques soucis.

Le 1er prix, médaille de vermeil (grand modèle), a été remporté par M. Carcanade* de Castres,
Le 2e prix, médaille de vermeil, a été décerné à M. T. Fort, de Toulouse.
Le 3e a été réservé.

* M. Carcanade, le 6 juillet 1868, a parcouru, en 6 heures 30, les 72 kilomètres de Castres à Toulouse. Voir article : « Le vélocipède maîtrisé – Les premiers paris – 1868 »
Course de dames à Bordeaux le 1er novembre 1868 – Dessin M. A. Sainte-Marie Pricot.
Collection Michel-C Mahé

Bordeaux

La journée de dimanche 8 novembre 1868, fut superbe et 3000 personnes avaient envahi le Parc bordelais pour assister aux courses de vélocipèdes. Au programme quatre courses de gentlemen et, c’était une première, une course de femmes *.

* Seule cette course est commentée dans la presse parisienne démontrant l’étonnement qu’elle suscita. L’Hippodrome à Paris reprit l’idée pour sa saison de 1869 et elle attira une foule considérable. (Voir article « Les premières courses en 1868 et 1869 à l’Hippodrome ».)

Quatre dames ou demoiselles ont pris part à la lutte. Deux vêtues en pages des Huguenots, une en mousquetaire fantaisiste, et une autre, la vainqueresse, en corsage et jupe rouge très gênante pour ce genre d’exercice, la tête ornée d’une calotte à gland d’or retombant sur les épaules.

La course des dames, vitesse,
Trois prix : 1re, une montre en or ; 2e, une médaille d’or ; 3e, une médaille d’argent.
Quatre engagées Mlles Louise, Julie, Louisa, Amélie.
M. A. Sainte-Marie Pricot, vélocipédiste, la décrit ainsi :
« Au signal du départ, toutes s’élancèrent avec agilité, mais Mlle Louise prit, presque tout de suite, une avance qu’elle garda longtemps. Elle fut rejointe à cinquante mètres du but par Mlle Julie, qui courut alors de conserve avec elle et gagna, par un effort surhumain, la course de… 1/2 longueur de pédale.
Troisième, Mlle Louisa ; quatrième, Mlle Amélie. »

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Les premières courses en 1868 et 1869 – À l’Hippodrome

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Les premières courses en 1868 et 1869 – À l’Hippodrome


Paris 1869 – L’Hippodrome.
Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869 –  Gallica BNF
L’hippodrome – Gallica BNF

L’hippodrome, ce théâtre parisien en plein air, avait pour vocation de présenter des spectacles très différents : des courses de chars antiques ; des ascensions en ballons captifs ; des reconstitutions de scènes de guerre ; des luttes diverses, des exhibitions de toutes sortes, à cheval, sur un fil, etc.
La mode du vélocipède* battant son plein et il fut bien naturel à la direction de l’établissement, toujours à la recherche de nouveautés, de mettre au programme des courses de vélocipèdes.

* On disait alors aussi « la manie »

En 1868

La première course*, à l’Hippodrome se déroula le dimanche 27 septembre 1868.
Le prix de l’administration était de 300 francs.
30 concurrents s’étaient inscrits, 12 se sont présentés.
Les courses de vitesse ont été divisées en trois séries de quatre coureurs.
Les vainqueurs de chaque série, MM. Castéra**, Colvin et Naquet, ont ensuite concouru entre eux pour la finale. C’est M. Castéra qui l’a emportée.
Après la course de vitesse, la course de lenteur fut gagnée par M. Michaux.

* Les chroniqueurs, en ce qui concerne l’Hippodrome, utilisaient parfois le terme « concours ».
**André Castéra, sera second lors de la fameuse course Paris-Rouen en 1869, derrière James Moore.

Elles se continuèrent tous les dimanches à 15 h 00, jusqu’à la fin d’octobre mais avec trois prix mis en jeu. Selon la même procédure, les vainqueurs de chaque série concouraient ensemble mais le premier arrivé au but gagnait le grand prix, le deuxième, le second, et le troisième, le troisième prix.

En 1869

Les représentations reprirent le 1er mai 1869 et durèrent tout l’été. Bien sûr, des courses de vélocipèdes étaient au programme mais les organisateurs devaient innover pour étonner le public. Ils abandonnèrent les courses de vitesse et de lenteur par des hommes et ils firent courir des dames faisant partie de la troupe.
Elles étaient connues par leur prénom : Mmes Eugénie, Camille, Marie, Ernestine, Louise, Aline, Jenny.
Un chroniqueur écrivait : « Les rires de la masse sont pour « la course en Vélocipèdes » par des demoiselles court-vêtues, lesquelles offrent la parodie de ce mode d’amusement, déjà si peu gracieux lorsqu’il est exécuté par des « vélocipédistes » sans vigueur, tels qu’on en rencontre tant par la ville.

Le jeudi 10 juin, après la course de dames, sous prétexte d’un défi, deux gentlemen M. le comte de M… et M. de H…, « très habiles à manœuvrer le vélocipède et vainqueurs en plusieurs concours », coururent masqués et franchirent deux rivières et une banquette irlandaise avec leurs vélocipèdes. Cela attira une foule considérable et à « la demande de la direction * », ils réitèrent le dimanche suivant 13 juin.

* Subtilité de langage à des fins publicitaires.

Le dimanche 13 juin, les courses furent ouvertes aux dames amateurs et l’on offrit une médaille d’or à la vainqueure. Neuf jolies femmes concoururent. La foule s’y pressa et dit-on, il était impossible de trouver place dans l’Hippodrome.

Le jeudi 24 juin, une course de vélocipèdes par deux dames du monde* masquées fut organisée. Une de ces dames reconnue par une de ses amies laissa échapper « Oh! Amanda! ousqu’est mon fusil ? », locution plutôt employée dans les faubourgs et le chroniqueur de conclure « M. Arnault** devrait dire à ces nobles dames de mieux garder leur incognito. C’est fouler au pied son blason. ». Elles réitèrent leur prestation le jeudi suivant *** puis on les vit se produire en juillet et début août.

* Le programme annonçait « Défi entre deux Dames masquées, montées sur leurs vélocipèdes. »
** Le directeur du vélodrome.
*** Sur le programme « Défi entre Mme G. P. et Mme B. D., masquées. »
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Les premières courses en  1868 –  Enghien, le Bois de Vincennes

Info :
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Le vélocipède maîtrisé – Les premiers paris – 1868
Les premières courses de vélocipèdes 1867 – 1868
Les premières courses en 1868 – Le Pré Catelan, Raincy, la Garenne-Saint-Denis, la Varenne-Saint-Hilaire

Les premières courses en 1868 – Enghien, le Bois de Vincennes

Enghien

Enghien-les-Bains vers 1852* – Crédit Photo Gallica – Bnf
* en attendant mieux, en recherche de plan édité en 1868.

À 12 kilomètres de Paris, Enghien était à la fois un lieu de villégiature et une station thermale très fréquentée par l’aristocratie française et étrangère.

Le jour de la fête patronale à Enghien, le dimanche 23 août 1868, outres l’ascension d’un ballon, des régates sur le lac, un concert instrumental, un grand bal et un feu d’artifice, des courses de vélocipèdes étaient au programme.
Un chroniqueur dans un article de presse relatant ces courses, nous apprend qu’il était de bon ton d’utiliser le terme « vélo » car selon lui « vélocipède est devenu extrêmement ganache ».
Elles se déroulèrent sur la route d’Enghien, en face du lac et en prix aux vainqueurs : des médailles d’argent, une médaille d’or, (offerte par M. le sénateur-surintendant des Beaux-Arts, comte de Nieuwerkerke), un vélocipède d’honneur (offert par la maison Michaux et Cie*)
Les inscriptions étaient prises chez les fabricants de vélocipèdes, à Paris ; et à Enghien, chez M. Prot, libraire, 57, Grande- Rue.

* Voir article « La mode du vélocipède vers 1869 »

Le programme
Cinq courses de vitesse disputées par une trentaine de vélos à deux ou trois roues ont concouru sur une distance de 1 500 mètres.
La dernière course était une course de lenteur pour les vélocipèdes à deux roues de toutes hauteurs. Distance à parcourir, 150 mètres.

Les résultats
Elles se sont déroulées sous la pluie, trois courses ont été courues.
Première course, une médaille d’argent a été gagnée par M. André Castéra *.
Deuxième course, une médaille d’argent grand module a été gagnée par M. Moret, sur un vélocipède de la fabrique Léger et Parmentier.**
Troisième course, une médaille en vermeil grand module a été gagnée par M. Triboust, sur un vélocipède de Léger et Parmentier.

*André Castera sera second lors de la fameuse course Paris-Rouen en 1869, derrière James Moore.
** Léger et Parmentier, fabrique de chevaux mécaniques et voitures d’enfants, voitures pour malades et vélocipèdes, 17 rue Bichat, Paris.

Les deux courses avec comme prix la médaille d’or, et le superbe vélocipède d’honneur, ont été reportées au dimanche 30 août.

Au bois de Vincennes

La ville de Charenton, le dimanche 6 septembre 1868, a organisé des courses dans les allées du bois de Vincennes.

Le programme
Deux courses de vitesse, une course de lenteur, une course d’adresse, sans le gouvernail *, et une course de longueur.

* Annoncée « en amazone » par le journal Le Temps. Sans gouvernail… que n’invente-t-on pas pour amuser le public ! Nous verrons dans les articles suivants que d’autres organisateurs iront plus loin encore.

Résultats
Soixante-cinq vélocipédistes s’étaient engagés.

Première course, vitesse, pour vélocipèdes de 90 cm.
Prix : une médaille d’or,
Distance à parcourir : 1800 m,
Meilleur temps : 5 min ; vitesse : 21,6 km/h.

Deuxième course, vitesse, pour vélocipèdes ne dépassant pas 1 m.
Prix : un objet d’art,
Distance : 1800 m,
Meilleur temps : 5 m 45 s ; vitesse : 18,8 km/h.

Troisième course, lenteur, pour vélocipèdes de toute hauteur.
Prix : un objet d’art,
Distance : 150 m,
Six vélocipédistes ont prix le départ, un seul à l’arrivée.

Quatrième course, adresse, sans le gouvernail, pour vélocipèdes de toute hauteur
Prix : coupe artistique,
Distance : 150 m,
Sept au départ, deux à l’arrivée.

5e course, longueur, pour vélocipèdes de 90 cm.
Inscription : 20 francs,
Grand prix de la poule : 300 francs,
Distance : 3600 m,
Meilleur temps : 9 m 10 s ; vitesse : 23,6 km/h

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Les premières courses en 1868 – Le Pré Catelan, Raincy, la Garenne-Saint-Denis, la Varenne-Saint-Hilaire

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Les premières courses en 1868 – Le Pré Catelan, Raincy, la Garenne-Saint-Denis, la Varenne-Saint-Hilaire

Paris 1869 – 1) Bois de Boulogne ; 2) Pré Catalan
Nouveau plan de Paris en 20 arrondissements – Migeon, éditeur – 1869

L’engouement du public pour ces premières courses créa une émulation parmi les organisateurs de festivités à la recherche de nouveautés. Faisons un rapide état chronologique des manifestations qui suivirent les courses de Saint-Cloud en 1868.

Le Pré Catelan

Le Pré Catalan en 1860 – 1) Théâtre des Fleurs ; 2) Buffet ; 3) Brasserie ; 4) Photographie ; 5) Théâtre de Magie ; 6) Orchestre ; 7) Jeux divers ; 8) Aquarium ; 9) Cabinets d’aisances ; 10) Vacherie ; 11) Bureau de Tabac ;
12) Croix Catelan – Crédit Gallica BNF

Pour réaliser l’empierrement des routes du bois de Boulogne, une vaste carrière fut ouverte dans les terrains boisés, non loin d’un ancien carrefour du bois où s’élevait une petite pyramide connue sous le nom de Croix Catelan.
Lors de la transformation du bois, la municipalité avait projet de la combler, la niveler et de replanter l’endroit mais des investisseurs proposèrent de créer, à leurs frais, un jardin incluant des cafés-restaurants, des salles de concert, des théâtres, une laiterie, une brasserie pour y donner des fêtes de jour et de nuit, digne de l’élégant public qui fréquentait alors le bois de Boulogne. L’établissement du Pré Catelan ouvrit le 9 juin 1956. Son activité prit fin avec la guerre de 1970.

Une course fut annoncée dans la presse pour le dimanche 24 mai 1868 avec plusieurs prix offerts par l’administration du Pré Catelan et par M. Eugène Paz, président des courses hippiques. Les dates et heures d’inscription furent annoncées, mais je ne dispose, à ce jour, d’aucune information sur son bon déroulement.
C’est à cette époque que fut fondé le Veloce-Club*. Son siège était au Pré Catelan et ses soixante membres, faisant partie bien entendu de la meilleure société , se mesuraient dans des courses très disputées.

* À titre de documentaire sur la constitution des sociétés, vous trouverez l’intégralité d’un article publié dans le Manuel du vélocipède / publié par le Grand Jacques – 1869 (Bnf.- Gallica), relatant la création d’une autre société, « La Société pratique du vélocipède » à Paris en 1868. Il est composé de deux parties un extrait de l’arrêté du préfet de police et un extrait des statuts de la société. On remarquera que les réunions étaient particulièrement encadrées par la préfecture.
Extrait de l’arrêté de M. le Préfet de Police, du 22 décembre 1868 :
Article premier. L’Association dite : Société pratique du Vélocipède, est autorisée.
Art. 2. Sont approuvés les statuts de cette Société tels qu’ils sont annexés au présent acte.
Art. 3. Les membres de l’Association devront se conformer strictement aux conditions ci-après, à savoir :
1° N’apporter, sans notre approbation préalable, aucune modification aux statuts, tels qu’ils sont ci-annexés ;
2° N’admettre aucun étranger dans les réunions partielles ou générales, et ne s’occuper dans ces mêmes réunions d’aucune matière étrangère à l’objet rigoureusement indiqué par le but de l’Association ;
3° Fournir, chaque année, une liste nominative des personnes faisant partie de la Société ;
4° Se conformer à toutes les autres conditions que l’administration croirait ultérieurement devoir prescrire, notamment dans l’intérêt de la sécurité publique;
5° Faire connaître à la préfecture de police, au moins cinq jours à l’avance, le local, le jour et l’heure des réunions.
Art. 4. Cette autorisation pourra être retirée immédiatement, en cas d’infraction aux dispositions qui précèdent et qui devront être insérées dans les statuts.
Le reste de l’arrêter contient des formules administratives.
Extrait des statuts de la Société pratique du Vélocipède
Article premier.
La Société a pour but :
§ 1er. D’établir des relations entre tous ceux qui s’occupent de Vélocipèdes.
§ 2. De rechercher quels sont les meilleurs systèmes inventés jusqu’à ce jour.
§ 3. De favoriser la construction de nouveaux modèles.
§ 4. De créer des courses et des expositions à l’occasion desquelles elle décernera des récompenses.
§ 5. De propager le goût du vélocipède et d’en faire ressortir l’utilité et l’agrément par tous les moyens en son pouvoir
§ 6. D’acheter pour le compte des sociétaires des vélocipèdes qu’elle leur revendra suivant les conditions arrêtées par le conseil d’administration.
§ 7. De louer des remises pour les vélocipèdes appartenant aux sociétaires,
Art. 2.
§ 1er. La Société se compose de membres titulaires, payant une cotisation annuelle de douze francs, et de membres à vie qui paieront en une seule fois une somme de cent cinquante francs.
§ 2. Les membres titulaires et les membres à vie auront droit d’entrée à toutes les courses et expositions, mais ce droit sera tout à fait personnel.
(L’art. 3. a rapport à l’organisation hiérarchique de la Société, aux mesures d’ordre et à son administration.)
Art. 4.
§ 1. La Société tient ses séances tous les quinze jours, mais les membres peuvent se réunir pour faire des essais et des comparaisons entre les divers systèmes ; néanmoins, il ne sera décerné des récompenses que quand ces réunions auront été constituées en commission par un vote de la Société.
§ 2. Les séances sont présidées par le président, en son absence par le vice-président, et en leur absence par le membre du conseil qui a eu le plus grand nombre de voix.
§ 3. Les membres des commissions chargées d’expérimenter les vélocipèdes devront inscrire, chacun séparément leur avis sur des cartes, et le secrétaire de la commission sera chargé de faire connaître le contenu de ces cartes dans la plus prochaine séance, sans nommer les membres.
La Société pratique du Vélocipède est dirigée par M. Émile Royer, rue de Buci, 40, à Paris.
Une course de vélocipèdes au Pré Catelan en 1868 – Collection Michel-C Mahé
Course de vélocipèdes au bois de Boulogne en 1868 – Dessin de Henri de Montaut
Collection Michel-C Mahé.

Au Raincy

Le dimanche 14 juin 1868, au Raincy, vingt vélocipédistes ont couru. Petit problème : « Le programme annonçait des courses d’amateurs, et on s’est aperçu qu’il y avait dix-sept marchands ou ouvriers de la partie. Naturellement ce sont ces experts qui ont gagné presque tous les prix. »

La Garenne-Saint-Denis

Lors de la fête de la Garenne-Saint-Denis, le dimanche 12 juillet 1868, le programme comportait une course de vélocipèdes. Quarante concurrents ont pris le départ pour se disputer les médailles d’or, d’argent et de bronze. La présence du maire et les pompiers fut remarquée et consacra ce nouveau sport.
Trois concurrents chutèrent et se blessèrent « plus ou moins grièvement » selon le chroniqueur. Deux furent transportés à leur domicile, un autre le regagna, clopin-clopant, par ses propres moyens.

La Varenne-Saint-Hilaire

Le dimanche 2 août c’était à La Varenne-Saint-Hilaire.
Trois médailles pour les vainqueurs : deux en argent grand module, et une en or, valeur 50 fr.
Résultats :
1er prix : médaille d’argent ; vélocipède grandeur 0,90 m ; vainqueur M. Jules Janin (?).
2e prix : médaille d’or ; vélocipède de toutes grandeurs ; vainqueur, M. James Moore *.
3e prix : médaille d’argent ; course de lenteur ; cinq concurrents ; Vainqueur, M. James Colvin.

* Vainqueur de la deuxième course de Saint-Cloud, voir article « Les premières courses ».
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