Jean Cadayé, des talents d’organisateur

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Jean Cadayé, des talents d’organisateur

Fêtes Américaines – 26 et 27 juin 1926

Très rapidement M. Cadayé était devenu une personnalité de premier plan et on lui reconnu des talents d’organisateur.
En mars 1924, à New-York, « The St. Nazaire Association* », forte d’environ 300 membres ayant stationné à Saint-Nazaire et ses environs pendant la première guerre mondiale, forma le projet d’élever à Saint-Nazaire un monument commémorant l’arrivée des premières troupes américaines, en France, à Saint-Nazaire le 26 juin 1917. Elle chargea Mme Gertrude Whitney** de concevoir ce monument.
Les fonds nécessaires pour son érection ont été fournis par les membres de « The St. Nazaire Association », mais aussi par une souscription publique dans tous les états de l’Union.

* La collecte des fonds (100 000 dollars) a été faite sous les auspices de l’association  « The Saint-Nazaire Memorial Fund ».
* Gertrude Vanderbilt est née à New York le 9 janvier 1875. Elle était la seconde fille de Cornelius Vanderbilt II (1843–1899) et Alice Claypoole Gwynne (1852–1934). Elle fut éduquée par des professeurs particuliers puis dans une école privée de New-york, Brearley School .
À 21 ans, le 25 août 1896, Gertrude se marie avec Harry Payne Whitney (1872–1930), un banquier et investisseur qui hérita d’une fortune considérable. Ils ont eu trois enfants Flora (1897-1986), Cornelius (1899-1992), et Barbara (1903-1983).
Tandis qu’elle visitait l’Europe, vers 1900, Gertrude découvrit la vie artistique foisonnante de Montmartre et Montparnasse. Cela l’a encouragée dans sa créativité et elle devint sculptrice.
Elle a étudié à New York à « The Art Students League » avec Hendrik Christian Andersen et James Earle Fraser, à Paris avec Andrew O’Connor . Un temps elle fut l’élève de Rodin.
Son oeuvre inclus beaucoup de petites sculptures mais elle est plus connue aujourd’hui pour ses œuvres monumentales.
On lui doit notamment : La Fontaine de l’El Dorado à San Francisco (désormais à Lima au Pérou) ; La Fontaine aztèque à Washington ; Le mémorial des Femmes du Titanic, Washington ; La statue de Buffalo Bill, Wyoming ; L’Arc de la Victoire – Madison Square, New York ; Un monument aux morts de la Première Guerre mondiale – Mitchell Square Park.

Gertrude_Vanderbilt_Whitney_(1920)

Gertrude Vanderbilt Whitney dans son atelier – 1920 – Photo Wikipedia

 

CPBleueMonimentAméricain

Le Monument américain – Une des premières cartes postales, imprimées en bleu par M. Landas*. Hauteur totale : 21 m ; hauteur socle en béton armé : 16 m ; envergure aigle de bronze : 10 m 80 ;hauteur soldat : 6 m.
* Librairie Saint-Joseph ; Maison Louis Landas ; 29, place Marceau.

Pour l’inauguration de ce monument la municipalité décida d’organiser des fêtes, que l’on voulait grandioses.
Un comité d’organisation fut mise en place et M Cadayé en fut nommé président. Il fit avec M. Blancho* les démarches et invitations officielles somme toute très protocolaires.
Toute une organisation fut mise en place. Le Comité d’organisation a élaboré un Comité d’Honneur qui constitua, avec les différentes Commissions, le Comité générale des Fêtes. Les Comités de fêtes des différents quartiers étaient reliés au Comité Général.

* François Blancho (1893-1972), maire de Saint-Nazaire de 1925 à 1941, puis de 1947 à 1968.
Député socialiste de la Loire-Atlantique de 1928 à 1942 et de 1962 à 1967. Il fut sous-secrétaire d’État dans divers gouvernements entre 1936 et 1940. Il fut élu au Parlement européen de 1962 à 1964.

Que s’est-il passé ? Quelque temps avant l’inauguration, tous les journalistes furent réunis au café Nézet* et on leur demanda de supprimer le nom de Cadayé de tous les communiqués concernant les fêtes franco-américaines. Son nom ne figura plus dans aucun article sur ce sujet, le dernier où on y fait référence est du 1er juin 1926.

* 14, Rue du Bois-Savary, près des halles.

Lors de la cérémonie d’inauguration c’est M. Henri Ploquin*, compositeur qui dirigea l’Harmonie Marceau, la Schola Cantorum ( toutes deux direction Cadayé !) et les jeunes filles de l’École primaire supérieure avec une cantate : « Ils sont venus portés sur les ailes des aigles… » de Pierre Armor**.

* M. Henri (Prosper) Ploquin, né à Nantes le 19 septembre 1862. Compositeur nantais, professeur au Conservatoire de musique de Nantes 1888 à 1898, classe de piano élémentaire, garçons. Il fonda à Nantes, le 2 juin 1889, la société de tir, de gymnastique et d’instruction militaire « La Bretonne ». Il en restera président jusqu’en 1895.
Il quitte Nantes pour installer l’éclairage électrique à la Roche-Bernard. Il y reste jusqu’en 1919. Il a été attaché pendant toute la durée de la guerre au petit hôpital militaire de la Roche-Bernard pour soigner les blessés par les massages et bains électriques. Il revient alors à Nantes et reprend un poste de professeur de solfège au Conservatoire.
Auteur d’un grand nombre de pièces pour chant, piano et orchestre parmi lesquelles :
– « Triomphe d’Étoiles », marche dédiée au président Wilson ;
– « Plage d’amour » jouée sur les plages et au Casino de Pornichet l’été 1923 ;
– musique de « Pour Avoir la fille », vaudeville-opérette de Pierre Armor ; présenté pour la première fois au Théâtre de l’Athénée, à Saint-Nazaire, le samedi 13 janvier 1923 ;
– musique de « Jusqu’au bout », drame en un acte de Pierre Armor, présenté au Théâtre Trianon le dimanche 14 décembre 1924 ;
– « Ils sont venus portés sur les ailes des aigles… », cantate, paroles de Pierre Armor , interprétée lors de la cérémonie d’inauguration du monument américain ;
– « Hymne à l’Aurore », symphonie et chœur, exécuté pour la première fois par les élèves de l’école de Musique de M. Léone au Théâtre Trianon le 4 mai 1925 ;
– musique de « L’Amour imprévu » opérette en un acte de A. Yvandré (pseudonyme d’une personnalité nantaise), donnée pour la première fois à Nantes dans la salle des Fêtes de l’École de la Madeleine le 10 janvier 1937 ;
– une messe, dont il dirigea l’exécution en l’église de la Madeleine à Nantes ;
– musique de « Le Trésor enchanté » , une féerie en trois actes, paroles de A. Yvandré ; donnée au patronage de l’Étoile du marais à Chalans le dimanche 26 septembre 1937 ;
– « Le Mannequin Sauveur », opérette – 1937.
Il habitait, 27, rue de la ville-en Bois, à Nantes. Il était membre de la Société des Auteurs et Compositeurs de Musique et de la Société des Auteurs Dramatiques.
Distinctions :
Officier d’Académie le 10 mars 1911.
Officier de l’Instruction publique le jour d’inauguration du monument américain à Saint-Nazaire le 26 juin 1926.
Médaille d’argent pour de nouveaux procédés de fabrication du sulfate de Nickel à l’Exposition départementale de Nantes en 1882.
Une mention honorable à l’Exposition nationale de photographie de Nantes en 1886.
** M. Pierre Armor ,pseudonyme de M. Félix (Marie, René) Crespin, secrétaire général de la sous-préfecture de Saint-Nazaire à partir de 1915, auteur nazairien.
Œuvres : « Pour avoir la fille », vaudeville-opérette, musique de M. H. Ploquin présentée pour la première fois au Théâtre de l’Athénée le samedi 13 janvier 1923 .
« Jusqu’au bout », drame en un acte, musique de M. H. Ploquin présenté au Théâtre Trianon le dimanche 14 décembre 1924 .
Le 1er mai 1930, il prend sa retraite et quitte son poste de secrétaire général de la Sous-Préfecture.
Il a collaboré, avec de nombreux articles et nouvelles, dans le journal « La Démocratie de l’Ouest ». Il en deviendra le rédacteur en chef.
Auteur d’un livre « Aristide Briand, Nazairien » – 1933 – Editeur Eugène Figuière.
Le 1er janvier 1934 il devint propriétaire du fond de commerce  d’Annonces, Insertions, Publicités et d’Avis divers et du journal Démocratie de l’Ouest. Il était situé 39, rue de Paris.
Pierre Armor habitait 9, rue Villès-Martin.

Après les fêtes, une lettre d’un lecteur adressée à un journal local, signée « Lynx », félicitait le comité de son activité :
« À qui attribuer cet excellent résultat ? C’est ici que personne ne clame ; chacun avec sa part de contentement se retire au logis et y vit en égoïste.
Il faut reconnaître que des mains habiles et des cerveaux compétents ont présidé à ces succès.
Ceux-là restent dans l’ombre … Dont acte… »
On ne peut pas avec certitude attribuer ces mots à M. Cadayé mais il savait bien à-propos s’adresser à la presse et je doute fort qu’il ne fit rien contre cet outrage.

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4 commentaires pour Jean Cadayé, des talents d’organisateur

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