Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

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Le monument américain – Les Fêtes Franco-américaines – Samedi 26 juin 1926 –  La soirée des ministres à La Baule

Ce fut en automobile, à 18 heures, que les ministres se rendirent à La Baule à l’invitation de la municipalité * pour un dîner intime au Casino (100 couverts). C’est seulement le vendredi à midi, qu’ils firent savoir qu’ils l’acceptaient. **

* Nous avons vu dans les articles précédents l’insistance de La Baule pour s’intégrer aux fêtes. Dès mi-février 1926, les dirigeants de La Baule se proposaient d’inviter toutes les personnalités qui assisteront à l’inauguration du monument américain. Ils avaient élaboré tout un programme : excursion sur la Côte d’Amour et à Guérande, fête des fleurs à La Baule et banquet au Casino. Mi-juin, ils prévoyaient, le soir de l’inauguration, d’inviter les ministres et les personnalités américaines à un grand banquet à La Baule. L’invitation fut acceptée au tout dernier moment. Pour les américains, seuls, le Brigadier-général Rockenbach, premier commandant de la base de Saint-Nazaire, le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, et quelques lieutenants s’y rendirent.
** Les invités : MM. Leygues ministre de la Marine et Daniel-Vincent, ministre des Travaux Publics ; M. le comte de Lapeyrouse, maire ; M. Mathivet, préfet de la Loire-Inférieure ; Mme Mathivet; Mme la comtesse de Lapeyrouse ; MM. Le contre-amiral Gleaves, le général Spire, le Brigadier-général Rockenbach, commandant la base américaine pendant la guerre, l’amiral d’Adhémar de Gransac, le contre-amiral Chauvin, avec leurs états-majors ; le capitaine Lackey, commandant Le Memphis, les lieutenants Esler, Talbott, Gaines, Riggs, Cady, Forsyth, Madeira ; M. Droz, président du Comité des fêtes de La Baule ; MM. Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant députés ; Mmes Delaroche-Vernet, MM. Bellamy et Merlant ; Mmes Sulzbach, (illisible) ;   secrétaire général de la Préfecture ; Hubert des Ouches, chef de cabinet du préfet ; Vaultier, président du Conseil de Préfecture ; Butterlin, sous-préfet de Saint-Nazaire ; Mme Butterlin ; M. Serre, sous-préfet de Paimbœuf ; M. Fisher, consul des États-Unis à Nantes ; Mme Fisher ; M. Valdès Roig, consul de la Havane à Saint-Nazaire ; Mme Valdès Roig ; MM. Touchard et Bertoye, maires du Pouliguen et de Pornichet ; M. Vincent, membre de la Chambre de Commerce ; M. et Mme Richardson, M. et Mme de Bon, MM. Giroire., Boutroux, de Moulins le Rochefort, Leriche, Minot. Legouic, Jambu, Gommy, Terrien, conseillers municipaux ; M. Vincent, président du tribunal de Saint-Nazaire, etc

Dans ce très court laps de temps, la Société des fêtes organisa la mise en place d’une décoration « sobre et élégante », deux arcs de triomphe furent élevés, l’un près de la Poste, l’autre sur le Remblai, non loin du casino et on décora d’oriflammes l’avenue de la Gare.

À la mairie, M. le Comte de Lapeyrouse *, maire, leur souhaita la bienvenue. **
M. Leygues remercia le maire et aussitôt les ministres, députés, officiers de marine américains et français, montèrent dans les autos pour se rendre au Casino ***. La façade de ce dernier, sur toute sa longueur, était décorée de guirlandes tressées de feuillage et de fleurs naturelles. Au dessus de l’entrée principale était disposée une énorme cocarde bleu blanc rouge et les colonnes, de chaque côté, étaient drapées de « stars and stripes » ****

* Le comte MAURY de LAPEYROUSE-VAUCRESSON est né le 11 février 1880 à Bône (Algérie). Très fortuné, il était intéressé à d’importantes affaires industrielles et faisait partie de plusieurs conseils d’administration. Il fut Maire de La Baule de 1925 à 1935. Il était le propriétaire de la villa Les Tottes, esplanade Benoit.où il donnait très souvent des réceptions.  Il possédait avec son beau-frère M. Sulzbach  un yacht,  le Fair Lady II , lancé le 8 mai 1925 au chantier Dubigeon.
Dimensions : longueur : 19 m 50 ; largeur : 5 m ; creux : 2 m 50 ; vitesse : 9 nœuds ; jauge : 65 tonneaux ; 2 moteurs de 65 chevaux chacun, à 2 hélices. Port d’attache : Le Pouliguen.  Il meurt d’un accident de voiture en décembre 1953.

 

Le Fair Lady sortant du port du Pouliguen – Collection Michel-C Mahé.
** Allocution de M. de Lapeyrouse ;
« Messieurs,
Le conseil municipal d’Escoublac- La Baule (illisible) faire à la station balnéaire si connue de la Côte d’Amour qui commence à prendre dans le monde la place qui lui convient, le grand honneur de votre visite. Il se réjouit de vous recevoir aujourd’hui à la Mairie, et il vous remercie d’avoir répondu avec empressement à son invitation, faite avec simplicité sans doute, mais avec aussi la préoccupation de la retenir comme une chose qui restera un souvenir dans la vie ordinaire de notre cité.
Voisins de Saint-Nazaire, qui a eu le privilège de voir les troupes américaines débarquées sur notre territoire, alors que la grande République des États-Unis s’est mise aux côtés de la France pendant la période encore indécise de 1916, pour vivre avec elle les heures d’angoisse, mais aussi d’héroïsme, et de sacrifices qu’elle a connues, nous aurions manqué à notre devoir en ne nous associant pas aux fêtes données par le grand port de l’Océan, en témoignage de l’immense effort qu’elles ont accompli jusqu’à la conclusion de la Paix de 1918. On peut dire que l’intervention de l’Amérique a été décisive dans la solution précipitée du vaste conflit européen de 1914.
Nous sommes fiers, en vous souhaitant la plus cordiale bienvenue, de vous accueillir à Baule, parce que nous sommes sûrs que vous emporterez de votre trop court séjour parmi nous un souvenir durable qui ne vous fera pas regretter la visite que vous nous accordez aujourd’hui, si bienveillamment.
Au nom du conseil municipal unanime, je vous en remercie, au nom de la population toute entière, je m’en félicite. »
*** La première pierre du nouveau casino municipal de La Baule fut posée le 14 janvier 1926, il a été inauguré le mercredi 1er juillet 1925. Propriétaire : M. André ; directeur : M. Mattei ; Architecte : Ferdinand Ménard ; réalisation des travaux Entreprise générale de la Baule-les-Pins.
**** Cette décoration impromptue fut l’œuvre de M. Graves, architecte, chargé de la décoration extérieure, aidé par Mmes Minot, Vallée, et de Mlle Jaouen.
Le Casino – Collection Michel-C Mahé.

 

Le restaurant-dancing du casino de La Baule – Collection Michel-C Mahé.

Le dancing avait été transformé en une magnifique salle à manger. Un orchestre le Jazz Sticklen’s orchestrera *, sous la direction de M. Hervé animait le banquet.

* Un certain engouement est apparu dans les dancings des hôtels et les bals pour les danses américaines et les jazz-bands. La Baule ne fait pas exception.

Après que les hymnes nationaux furent écoutés debout, les convives se mirent à table.* Point de discours, ils avaient été résolument supprimés.

* Le menu : Consommé Riche, en tasse, au fumet de tomate ; Demoiselle de l’Océan à la Washington ; Mignonnette de Charolais Lafayette ; Poularde de Bresse froide à la Bauloise ; Salade Mimosa ; Asperges d’Argenteuil sauce Mousseline ; Biscuit glacé aux fraises des Bois ; Friandise du Casino ; Fruits.

Les ministres quittèrent La Baule en automobile à 20 heures pour prendre le train pour Paris à 23 h 28.

Vers dix heures la ballerine Maria Ley fit son entrée et tourbillonna autour des tables *. « Sa jota tantôt langoureuse tantôt gaillarde fut particulièrement appréciée ». Qui alla rapporter à l’artiste l’écharpe multicolore qu’elle laissa choir sur une table durant sa prestation ? le chroniqueur ne le dit pas. Puis, l’américain chanteur et danseur Harland Dixon, exécuta une série de danses acrobatiques très appréciées par les Américains présents à ce banquet.

* Un chroniqueur de Ouest-éclair se demandait ironiquement « …où étaient passés nos deux ministres de la Marine et des Travaux publics, le soir de l’inauguration du monument américain de Saint-Nazaire. » il donnait la réponse « Nos Excellences, au Casino de La Baule, oubliant les soucis du pouvoir, applaudissaient chaleureusement l’affolante ballerine Maria Ley qui tourbillonnait autour des tables d’un festin de Balthazar exécutant une « jota » tour à tour langoureuse et… osée. », jolie bourde… Ils étaient partis.
Mlle Maria Ley, danseuse classique, d’origine tchécoslovaque, Opéra de Vienne (août 1922) ; Paris, Olympia (janvier 1923) ; Vienne (mai 1925), revue « Frauentraume um Mitternacht » (De quoi les femmes rêvent à minuit) de MM. Karl Farkas et Dr Robert Katscher ; Cannes, Casino municipal (février 1926), pour le gala franco-russe ; Paris, Théâtre de l’Avenue (mai 1926), « Revue de l’Avenue », 2 actes et 25 tableaux de MM. Max-Eddy et Henry Hallais, où elle exécute une série de danses classiques et de caractère ; Paris, aux Capucines, (octobre 1926), « Divin mensonge », opérette en trois actes et six tableaux de MM. Madis et Pierre Veber ; New-york, Cito’s Club (novembre 1926), « Pavlova », elle exécute en smoking de brillants noirs une danse « 1930 » sur une musique de jazz puis « la Valse blanche » avec un orchestre Hawaïens ; Paris, à l’Empire (février 1926), un ballet, « Masques », de M. Pierre Sandrini et V. Telly ; Biarritz (mai 1927).
Recueil de poèmes et de proses rythmées « Pourquoi je danse » (1924).

Les convives, après que l’on ferma les fenêtres, et la foule massée sur l’esplanade purent assister à un feu d’artifice. Toute l’aile gauche fut convertie, selon le chroniqueur, « en une cascade de pierres précieuses aux plus variées, aux plus chatoyantes couleurs, puis en une chute d’eau où mille soleils flamboyants seraient venus se refléter.»

Modifications : 06/10/2017 – Ajout des étiquettes.

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